HISTOIRE DE LA PO^OIE DE TERRE
père en fOs toujours continué, ce qui leur a bien succédé (réussi), tellement qu'à présent ils en ont si grande abondance qu'ils ne mangent guère autre chose. Et cela leur est commun ainsi que le pain à nous. D'icelle racine s'en trouve deux es'pèces de même grosseur. La première en cuisant devient jaune comme un coing, l'iautre blanchâtre. Et ces deux esspèces ont la feuille semblable à la manne, et ne portent jamais graine, pourquoi les Sauvages replantent la même racine coupée par rouelles, compine l'on fait les raves par deçà que l'on met en salade, et ainsi replantées multiplient abondamment- Elle est inconnue à nos médecins et arbo- TÏstes de par deçà."
Saluons la pomme de terre ! Thevet n"a p^as pu se douter qu'un jour, longtemps après lui, les Français, ses compatriotes, la traiteraient à l'égale du pain — après l'avoir repoussée et calomniée d'importance, par exemple, durant deux siècles.
La Virginie possédait la pomme de terre, de même que le Brésil. A ce propos, je ne suis pas d'accord avec les personnes qui désignent sous le nom de "gommes de terre" la patate, par exemple, car cette dernière est bien différente de la grande espèce et doit porter un nom spécial. Je n'approuve pas non plus les Canadiens et autres de qualifier du mot "patate" ce qui n'est pas une patate, mais bel et bien la pomme de terre. Xous verrons cela un peu plus loin. Je pense que mes compatriotes ont tout simplement adopté le tonne le plus court, sans s'inquiéter si cette fenêtre est
une porte ou un guichet.
Humboldt soutient que cette plante était cultivée par les Sauvages sur toute la côte du Chili et du Pérou, en remontant jusqu'à l'isthme de Panama, mais que le Mexique er.