LES BOURGEOIS DE LA CIE DU NOKD-OUEST
de s'habiller et ceci n'était pas ime bagatelle ! Il comprenait si bien la nature -de nos relations avec les aborigènes, qu'il s'y conformait en tout. Ainsi, en 1765, il distribua aux chasseurs de ces régions pour au-delà de trois mille '"plus" de ses effets, sans paraître craindre d'être volé, tant les Français axaient habitué ces pauvres gens à rendre à César ce qui appartient à César. L'année suivante, il fut honnêtement remboursé, preuve de la moralité des Sauvages, bois-brûlés et coureurs de bois à cette époque. Le "plus", qui correspondait à la valeur d'une bonne peau de castor, servait d'étalon monétaire, à défaut d'argent monnayé, et je crois comprendre qua l'on prononçait "plus" par contraction du mot "pelu" — une peau pelue, ce qui porte du poil. En 1765, Henry obtint du commandant de ^lichillimakinac un privilège exclusif de traite autour du lac Supérieur. Cadot n'abaissa pas pavillon pour tout cela. On c-onnait son histoire (4).
Les traiteurs exploitaient uniquement le sud du lac Supérieur, mais en 1767, un M. Clause (5) poussa ses courses jusqu'au delà du lac Nipigon, voulant rencontrer les Sauvages qui se rendaient ordinairement à la baie d'Hudson pour y vendre des pelleteries. Lui et ses hommes souffrirent de la famine; néanmoins, d'autres recommencèrent ce voyage difficile et ce fut le signal d'un mouvement qui ne devait plus s'arrêter. Il y avait trente ans que La Vérendrye s'était porté jusqu'à "Winnipeg, et même il avait su aller plus loin — mais nous avions, en 1767, à recommencer tout cela.
Le saut Sainte-Marie, où réguait Cadot, et le lac Xipigon, que l'on venait de toucher, tels étaient les points extrê-