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rendrye, ne demandaient qu'à reprendre le canot d'éeorce et à revoir leurs frères sauvages de ces contrées lointaines. On formait des équipes de toute force et de toute beauté avec ces hommes que les choses difficiles n'effrayaient jamais. Un pareil noyau savamment tenu à l'oeuvre, devait accomplir des merveilles — c'est ce qui arriva. Avant que de parvenir à mettre sur pied (1784) la compagnie dite du Nord-Ouest, on avait créé les éléments qui devaient la composer — et cela dès
Le Nord-Ouest, mieux compris de jour en jour, faisait parler de lui à Montréal, où nombre de personnes qui avaient été les associés de La Yérendrye existaient encore.
Joseph Frobisher, venant comme les autres du Canada, établit le fort Cumberland, sur la Saskatchewan, en 1773, et c-onçut le projet de se diriger de là vers le nord. Après de nombreuses difficultés, il arriva à la rivière ^Missinipi ou Churchill et y rencontra des Sauvages qui sa rendaient aux postes de la baie d'Hudson. Frobisher gagna les Sauvages à sa cause et bâtit le fort La Traite en ces endroits. Ceci alarma d'abord la Conapagnie de la baie d'Hudson, mais en 1773, ce fut bien pire lorsque Thomas, frère de Joseph Frobisher, établit un poste à l'île à la Crosse; de oe moment la compagnie comprit que ses intérêts étaient sérieusement menacés; elle envoya, en 1774, ^I. Hearne, son agent, construire un. fort près de celui de Cumberland pour essayer de nuire à ses rivaux; ce fut un premier mouvement de résistance; il fallut attendre dix ans pour voir le second.
De fait, les Frobisher, et autres déjà nommés, n'étaient que des individus isolés et par là, semblait-il, très peu redoutables. La lutte d'un cheval contre ujl éléphant, chose presque ridicule. En 1784, il se présentera un second éléphant sous le nom de Bourgeois du Nord-Ouest et alors les deux géants
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feront retentir nos immenses domaines du bruit de leura combats.
Jean-Baptiste Cadot et Alesander Henry étaient associés ; en 1T75, ils s'adjoignirent Joseph et Thomas Frobisher, puis Peter Pond, et formèrent ainsi une organisation que Toii peut regarder comme la (première origine de la famause Compagnie du Nord-Ouest.
Peter Pond alla de suite au nord, le plus loin possible. Il revit la rivière Churchill ou rivière aux Anglais, parce que Frobisher avait été le premier Anglais en exploration dans son voisinage; il traversa la hauteur des terres au portage de la Loche.
En ce moment la révolution américaine était commencée et ses troupes envahissaient le Canada, qu'elles occupèrent de septembre 1775 à juin 1776. En 1776, les marchands du Canada, dont quelques-uns étaient de futurs Bourgeois de la Compagnie du Nord-Ouest, des coureurs de bois intelligents et hardis, presque tous Canadiens-français, avaient atteint, au nord, les extrêmes limites des régions connues des Français avant 1760. L'automne de 1776, Alexander Henry, après plusieurs années d'absence, retourna à ^lontréal, où il fut reçu à bras ouverts. Il passa en France, vit la cour de Versailles, etc., et revint en Canada, où nous le retrouverons.
Peter Pond mit le pied, en 1777, dans la région d'Athabaska, le centre de la traite que les Bourgeois de la Compagnie du Nord-Ouest devaient plus tard rendre célèbre. H y bâtit en 1778 le fort Athabaska, sur la rivière à la Biche, à quarante milles de sa décharge et y créa un jardin potager qui prospéra par la suite. Pond avait du courage, de l'instruction et était douée d'une activité exceptionnelle.
Un nommé Jrrnes hiverna, en 177S, au lac des Esturgeons.
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En 1TT9, il régnait un mécontentement général parmi les Sauvages du ISTord-Ouest. Lss traiteurs, luttant les uns contre les autres, par tous les moyens, étaient tombés dans le mépris des indigènes. Ceux-ci n'ont jamais cherché le lucre, la richesse, l'acquisition de grands biens ni le confort en général; ils se trouvèrent scandalisés pour ainsi dire en présence de l'âpre et dévorante activité des blancs qui voulaient et cherchaient à se créer des fortunes par tous les moyens. L3 fort aux Trembles, sur l'Assiniboine, fut attaqué, l'automne de 1780, par les Assiniboines et les Sauvages du bas de la même rivière. Deux Canadiens, Bruce(8)et Boyer, avec vingtet-un coureurs de bois, occupaient ce poste; sur ce nombre, onze hommes se cachèrent; la défense incomba aux douze autres, qui résistèrent bravement contre plus de cent guerriers et en blessèrent une trentaine. Belleau, Facteau et Lachance périrent dans ces combats. L'endroit en question est situé près du Portage-la-Prairie, où il y avait une forêt appelée la Grande-Tremblière. Bruce et Boyer durent néanmoins abandonner le fort et descendre à l'embouchure de la rivière, emportant leurs marchandises et leurs pelleteries. D'autres postes, attaqués ou menacés par les Sauvages, furent sauvés à cause de la contagion de la petite vérole qui se répandit brusquement dans le Xord-Ouest et y exerça des ravages immenses.
Tandis que les troupes de la France gagnaient du terrain sur les Anglais dans les colonies révoltées, La Pérouse entra à la baie d'Hudson (1782) et, avec une poignée d'hommes, balava les côtes, s'empara presque sans coup férir des forts York et Princ-e de Galles, et amena des prisonniers. Les
8. Surnommé le "Grand Coutean" par les Sauvages qui le craignaient et l'estimaient à cause de sa bravoure