‹ Mélanges historiques (volume 3)Chapitre 38 sur 68 · LES BOUEGEOIS DE LA CIE DU XOED-OUEST · texte numérisé non relu

LES BOUEGEOIS DE LA CIE DU XOED-OUEST

Nous sommes arrivés à lepoque de la formation de la Compagnie des Bourgeois du Nord-Ouest, laquelle eut lieu au momeiut où la tranquillité se rétablissait en Amérique et en Europe.

Il faut lire le texte même de M. Masson et non pas ma courte analyse, pour étudier les Bourgeois à partir de 17S4, date de leur fondation, jusqu'à 1820, Continuons cependant de dresser par ordre chronologique le tableau des événements. Ce sera un guide pour les curieux qui parcoureront les deux volumes de M. Masson et qui voudront se rendre compte des diverses situations qui succèdent dans Thistoire de la traite des fourrures.

Après ]a grande maladie du Nord-Ouest et la panique qui s'en était suivie, les traiteurs étaient fort ébranlés. La signature de la paix, en traçant la frontière entre le Canada et les nouveaux Etats-Unis, augmentait encore les embarras de la situation. Une idée surgit des circonstances: celle de grouper plusieurs ressources et de former une organisation ou compagnie capable de tout recommencer ah ovo. Ce furent les traiteurs de Montréal qui créèrent ainsi la fameuse compagnie dite du Nord- Ouest.

Au printemps de 178-4, les agents nommés à cette fin se rendirent au Grand-Portage, sur le lac Supérieur, et y trouvèrent Peter Pond et Peter Pangman. Lorsque ceux-ci apprirent qu'on leur avait accordé une mince proportion dans les intérêts généraux de la nouvelle société, ils descendirent à Montréal pour faire valoir leurs droits. Les parts ou actions avaient été divisées en seize coupons, sans mise de capital, chaque actionnaire devant fournir des articles pour la traite, en guise d'argent ou valeur quelconque. L'administration des affaires était confiée à Benjamin et Joseph Frobisher, les doyens des traiteurs du Nord- Ouest, et à Simon McTavish,

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lesquels recevraient un percentage des profits pour leurs peines. Pond et Pangnan n'entendaient pas de cette oreille. Eendus à Montréal, ils firent des ouvertures à Gregory, Mc- Leod et Cie, et tous ensemble formèrent une compagnie d'opposition, mais Pond retourna promptement à ses anciens amis.

Il y avait alors, dans le bureau de M. Gregory, remarque M. Masson, "un jeune homme à l'esprit inquiet et aventureux, nature énergique, tempérament vigoureux, volonté de fer; un de ces hommes qui sont taillés pour la lutte et les grandes entreprises. Depuis plusieurs années, il avait rendu de grands services à ses patrons qui, ayant conçu pour le jeune Ecossais la plus grande estime, résolurent de récompenser son zèle et d'utiliser son acti\'ité en lui donnant une part dans la nouvelle compagnie. Son nom était Alexander ^Mackenzie, nom ignoré jusqu'alors, mais qui allait bientôt être écrit en caractères ineffaçables dans l'histoire du Nord-Ouest, comme il l'a été sur les falaises de l'océan Pacifique,"

A cause de la délimitation des frontières, le souci principal des associés du Xord-Ouest était de se procurer des voies de communication sur le seul territoire britannique. En 1784, aussitôt formés, ils décidèrent de faire explorer la route d'eau du Pays-Plat, au lac Supérieur, en aJlant au Nipigon et de là au lac Winnipeg, mais il fut reconnu, après deux mois de rudes travaux, qu'elle était impraticable — et cette difficulté pensa arrêter toute l'entreprise du Nord-Ouest.

Il y avait bien, dit lM. Mp.-^son, l'ancienne route de Kaministiquia, qui avait pendant tant d'années servi aux Français, mais cette route, abamdonnée depuis quelques années seulement, était déjà devenue une terre inconnue. La Compagnie du Nord-Ouest dût pousser ses explorations vers le lac Nipigon, et confia l'entreprise à M. Edouard Unfreville, un

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