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LES BOURCIEOTS DE LA TIE DU NORD-OUEST

comme un coup de théâtre au sein de la Compagnie de la baie d'Hudson, qui sembla s'écrier, avec une surprise stupéfiante: "J'ai donc une rivale !" Elle tenta, de suite, de se rapprocher de la Saskatchewan, mais, dit M. Masson, ''la personne qu'elle chargea de cette entreprise en était tellement incapable que rien ne fut accompli. Ce qui manquait à la baie d'Hudson c'était à la fois l'outillage nécessaire aux entreprises de ce genre et des hommes dressés de longue main à de pareils travaux. Les Northwesters avaient tout cela. L'attitude énergique prise dès l'oi igine par la nouvelle Compagnie du Xord- Ouest en imposa à sa puissante rivale et les hivers de 1785 et 1786 se passèrent, dans un grand nombre de districts, d'une manière assez paisible, malgré quelques appréhensions, de part et d'autre, et beaucoup d'irritation causée par une vigoureuse opposition."

C'était le "fougueux et intraitable" Peter Pond qui dirigeait les affaires d'une compagnie particulière dans le district d'Athabaska. D'après ses ordres, Cuthbert Grant et Laurent Leroux établirent en 1786, au Grand lac des Esclaves, à la décharge de la rivière de ce nom, le fort Résolution.

Leroux, bien que peu vanté pour son ardeur au travail, ne perdit pas de temps; aussitôt installé sur la rive orientale du lac il se rendit en exploration à la côte ouest, où fut plus tard le fort Providence, et engagea les Sauvages de ces régions à Venir traiter avec lui. La Compagnie de la baie d'Hudson était devancée encore une fois, mais les rivaux montréalais que la Compagnie du Nord-Ouest avait sans cesse à ses côté-3, la suivirent immédiatement dans ces lointains quartiers.

La Compagnie de la baie d'Hudson, voulant conserver le monopole de la traite entre son fort d'Albany et le lac Nipigon, érigea en 1786, un comptoir appelé le fort Osnaburg, sur le lac Saint-Josaph.

78 LES BOUEG-EOIS DE LA CIE DU XOED-OUEST

Au printemps de 1786, Eoderic McKenzie devint chef de poste an Grand-Portage, à la place de Pierre Lamiau. Il y reçut courtoisement Cuthbert Grant et "William McGillivray, traiteurs libres, qui avaient hiverné à la Rivière-Eouge et retournaient à Montréal.

Vers la fin de l'été 1?86, Alexander Mackenzie, passant au Grand-Portage, amena avec lui Eoderic dans la direction de la rivière aux Anglais.

Thomas Curry, traiteur indépendant, retourna, en 1786 à la Kaministiquia, mais on savait quels succès il avait remportés l'année précédente, et plusieurs commerçants lui disputèrent les pelleteries de cette contrée. Un bon nombre aussi se rendirent au Grand-Portage qui, vers cette date, était 1© rendez-vous presque général de tous les traiteurs du Nord- Ouest et de l'Ouest.

Eoderic McKenzie tenait le poste du lac des Serpente, dans le département de la rivière aux Anglais, et son adversaire, au même endroit, était William McGillivray (24) . Comme les Sauvages allaient en toute confiance là où ils savaient ne pas devoir être molestés, ils se pressaient encore davantage, auprès des forts de traite rivaux où, à tour de rôle, ils rencontraient des conditions d'affaire plus favorables, aussi a-t-on vu souvent les districts les moins turbulents fournir les "retours" les plus riches. La lutte tapageuse entre deux forts appartenant à des compagnies différentes éloignait les Sauvages. Au lac des Serpents, l'hiver de 1786, la traite fut des plus lucratives.

Une lettre d' Alexander Mackenzie à son cousin Eoderic McKenzie, écrite de l'automne de 1786, indique que la situation était excessivement tendue, même dans les districts les

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