‹ Mélanges historiques (volume 3)Chapitre 48 sur 68 · LES BOUEGEOIS DE LA CIE DU XOKD-OUEST · texte numérisé non relu

LES BOUEGEOIS DE LA CIE DU XOKD-OUEST

Ross, qui luttait contre Pond dans le district d'Athabaska, était trop doux pour résister à son adversaire; Pond le tracassa tellement que les hommes s'exaspérèrent et on en vint aux voies de fait. Vers le printemps de 1787 il y eut un combat en règle où Ross fut tué.

Ce même printemps, William McGillivray et Roderic McKenzie, les deux agents rivaux du lac des Serpents, se soumirent réciproquement leurs livres de comptes, comme de bons amis, pour voir si la concurrence était aussi avantageuse qu'on le croyait à Montréal. Il y avait dans l'air un vent de coalition. Les voyageurs furent bien étonnés lorsqu'ils reçurent ordre, dans les deux camps, de partir ensemble pour Montréal, vu que les deux chefs entendaient naviguer de concert et se comporter ensemble comme des amis.

Alexander Mackenzie, qui se trouvait alors à l'île à la Crosse avec P. Small, fut tout ébahi en voyant arriver ces joyeux visiteurs, M. Masson ajoute: "Des rapports d'une aussi grande cordialité étaient cependant l'exception, et dépendaient du caractère des commis ou des Bourgeois placés en antagonisme. Dans certains départements, la concurrence amena les scènes de désordres et de violence inséparables du commerce libre et de la compétition entre compagnies puissantes, ayant à leur service nombre d'employés turbulents et querelleurs."

Au commencement de juin, voyant que les canots du district d'Athabaska retardaient, Alexander Mackenzie partit pour se rendre au Grand-Portage, laissant Roderic McKenzie à l'île à la Crosse pour le remplacer. Lorsque la nouvelle du meurtre de Ross parvint à ce dernier, il jugea l'événement si grave de conséquences qu'il partit de suite pour le Grande

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Portage, laissant un nommé Versailles (25) pour le reDréseuter à son poste. Après un mois d'une navigation précipitée et pénible, Eoderic atteignit le Grand-Portage. Toute une révolution dans les affaires du Nord-Ouest découla du meurtre de Ross (26).

Aujourd'hui, 1er mc«i 1919, après trente années, je retrouve l'article que l'on vient de lire. Il est tire du pre-

25^ Louis Versailles, qui servit de 1799 à 1805, à la rivière ans Anglais.

£6. Il avait été assassiné par Peter Pond, qui dut vendre, en 1790. ses iparts à ^NfcGillivray, pour s'épargner un procès. Après un tel événement et de tant d'ajutres qui suivirent, il devint urgent de fusionner les deux camps rivaux trafiquant dans les mêmes di&tficts et l'on aboutit, après bien des démarches de ipart et d'antres, à un résultat satisfaisant. Donc, après trois années, les deux actives compagnies s'unirent et grossirent la Compagnie du Xord-iOuest (fui. en peu de temps, prit des développements si étonnants qu'elle domina en souveraine jusque au-delà des Montagnes-Eoclieuses En 1789-90, elle se réorg-anisa isur de nouvelles bases, qui marchèrent assez bien durant neuf •ans. Vers 1798, de nouvelles difficultés a3'ant surgies parmi les Bourgeois, il se fit une division qui eut pour résultat la formation d'une société connue sous le nom de Cie X Y. Alexander ■Mackenzie, qui avait démissionné des Bourgeois en 1799, pour passer en Angleterre, revint en 1801 avec le titre de Baronnet et se mit à la tête de la nouvelle société qui utilisa le prestige de Mackenzie. Après une guerre à outrance, ces deux organisations se reconcilièrent en 1804. La Compagnie du Nord-Ouest, dès lors, n'eut plus qu'une seule rivale ^puissante : la Compagnie de la baie d'Hudson. En 1813, la Compagnie du Xord-Ouest acheta la Compagnie américaine du Pacifique qui agissait dans l'extrême nord-ouest ainéricain non encore annexé aux Etats-Unis et dans la Colombie-Anglaise. En 1815-16, un conflit sanglant entre la Compagnie de la baie d'Hudson et les Bourgeois prit des proportions si graves qu'il ne fut plus possible, pour ainsi dire, de continuer cette rivalité. Le 26 mars 1821, les deux éléphants s'iamalgamèrent ; dès loi-s, la nouvelle Compagnie de la baie d'Hudson eut seule le nionoi>ole de la ti"ai*e des pelleteries dans tout le Canada. La lutte entre ces deux sociétés, qui avait été la source de bien des crimes, état enfin finie.

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