ÉCOLES ÉLÉMENTAIRES
La loi 41, George III, année 1801, affecte une certaine portion des fonds publics au soutien des écoles. La première classe s'ouvrit aux Trois- Rivières le premier novembre 1802. C'était une école élémentaire. Alexandre Clifford en était l'instituteur, à raison d'un salaire de cinquantequatre louis sterling,'^^^ soit un peu moins de trois cents piastres, mais comme les choses de la vie se vendaient alors à moitié du prix actuel, disons que ce maître d'école recevait mille piastres de salaire par année.
Dans VHistoire des Ursulines des Trots-Rivières, on lit, page 485: « Ce n'est qu'en 1802 que les traités élémentaires de la langue anglaise furent introduits dans nos classes. »
En effet, avant la loi de 1801, les écoles n'existaient que par la charité de quelques personnes; les livres français étaient très rares; les livres anglais étaient inconnus parmi nous. La première importation de ces ouvrages date de 1802.
On lit dans la même Histoire des Ursulines des Trois-Rivières qu'à la fin du XVIIP siècle, on ne possédait qu'un seul exemplaire d'une grammaire française pour tout l'externat. Ce vo-
(14) Le Canadien, 29 oct. 1808, p. 217. Le rév. John Doty, pasteur à Sorel, arrive cette année 1802 aux Trois-Rivières où il se livre à l'enseignement. Il meurt en 1841 dans un âge avancé. Abbé Az. Couillard Després, Histoire de Sorel, p. 163; F.-J. Audet, M. S. R. C. 1900. p. 141.
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lume était placé ouvert dans un cadre. Les élèves étudiaient la page ainsi exposée, et quand il fallait tourner la feuille, une fois ou deux par semaine, la maîtresse de classe se chargeait de cette opération délicate.
Notre éloignement de la France et la cessation de tout commerce avec elle nous privaient de livres français. L'indifférence du gouvernement anglais au sujet de l'instruction des Canadiens nous privait de livres anglais.
Comme s'ouvrait l'école de M. Clifford aux Trois-Rivières, commençaient à Nicolet des classes élémentaires qui devaient bientôt se transformer en enseignement classique.
Il y a apparence que des modifications à l'école des Trois-Rivières furent proposées en 1804, car le 8 octobre de cette année, le secrétaire du gouverneur en chef écrivait au juge Foucher que peutêtre vaudrait-il mieux attendre pour décider la question.
La dernière année de sa vie, M. Clifford reçut une augmentation de salaire de six louis. Il mourut le 21 juillet 1809, laissant une veuve dont le nom de baptême était Suzanne. Qui lui succéda? Je n'en sais rien; je suis sous l'impression que l'école ne fut pas continuée. '^^'
M. Chauveau écrit dans l'Opinion Publique du 23 mars 1876, p. 140, 4e colonne, vers le bas, que le jeune Jean Holmes fut remarqué par « Bur-
(15) C'est vers cette époque que Selby Burns devint, selon nous, maître d'école de l'Institution royale. De l'aveu de l'abbé Lionel Groulx, celle-ci ne gardait plus, en 1845, de son ancienne puissance, qu'un simple droit de visite sur deux écoles de grammaire, l'une à Montréal et l'autre aux Trois-Rivières.
roughs, instituteur aux Trois-Rivières, qui l'amena chez lui, en 1817. » Ronald Macdonald et l'abbé Holmes, tous deux d'origine irlandaise, mais français de coeur, d'esprit, d'affection et de sentiment, furent parmi les plus zélés à faire naître en ce pays le réveil des lettres et le goût des arts.*^^'
Les anciens Trifluviens m'ont raconté qu'un certain Lépine, homme de très haute taille, avait été sauvé des massacres de la révolution française par le dévouement d'une mulâtresse, laquelle le suivit en Canada et continua de le servir comme esclave lorsqu'il fut établi comme maître d'école aux Trois-Rivières, rue Saint-Antoine, côté sud, à mi-distance entre les rues du fleuve et Notre- Dame. C'était vers 1804. La mention d'une mulâtresse me fit croire que Lépine s'était échappé des massacres de Saint-Domingue.
En 1820 il y avait une école aux Trois-Rivières, d'après ce que dit le Canadien du 2 février de cette année. On la trouve mentionnée dans une liste des « maîtres et maîtresses d'école à leur propre compte ou par associations, » ce qui veut dire que le gouvernement n'y était pour rien. Le même journal mentionne les écoles de la Baie-du-Febvre, Maskinongé, Rivière-du-Loup (Louiseville) et Yamachiche soutenues principalement par les fonds personnels des curés.
L'école par souscription volontaire dont parle le Canadien du 2 février 1820, avait dû être ouverte après la guerre. Les nouvelles certaines de la paix étant arrivées ici au printemps de 1816, la confiance publique se rétablit et l'on songea à di-
(16) C.-M. Darveau, Nos Hommes de lettres, p. 273.
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verses améliorations très négligées depuis 1809 ou 1810, car dès ces deux années, la population avait été autant dérangée que si l'on eut eu l'armée américaine sur les bras.
Dans le vieux presbytère qui me paraît avoir été abandonné par le curé en 1825 ou 1826, un instituteur du nom de Joseph-Amabie Maigret tenait une école élémentaire de 1825 à 1830, si je calcule bien, car il est dit aux rco-istres des délibérations de la paroisse qu'il paya en loyer une somme totale de douze cents francs, ce qui suppose soixante mois ou cinq ans, à quatre piastres par mois. Mon cousin Louis-Emery Gervais, né en 1821, qui a commencé ses classes en ce lieu, m'a dit que ce devait être en 1826. Chaque élève payait quarante sous par mois.
Maigret paraît s'être retiré de l'enseignement lorsque Hubert Lassisseraye ouvrit, dans une autre partie de la ville, l'école subventionnée par le gouvernement, en 1830.'^'' L'instruction fit dès lors un progrès marquant aux Trois-Rivières comme ailleurs.
A l'encoignure nord des rues Royale et des Champs (aujourd'hui boulevard Laviolette), dans une grande maison de bois, Selby Burns tenait une école et enseignait très bien le français dès avant 1800.^^'^
Lorsque Selby Burns, devenu âgé, alla résider chez son fils Thomas Burns, avocat, en 1846, Charles Lassisseraye, qu'il ne faut pas confondre
(17) Voir l'Appendice, note 3.
(18) Mélanges historiques, vol. 18, p. 72; Almanach ée Québec, 1799. Selby Burns fut plus tard maître d'école de l'Insîitution royale aux Trois-Rivières.
avec Hubert Lassisseraye déjà cité, ouvrit une école dans sa maison. Il enseignait en soixante leçons la langue française et donnait des cours à domicile pour les dames et demoiselles. On dit à ce propos que pour écrire des billets doux il est indispensable de savoir sa langue grammaticalement. L'amour en langage académique, très bien, j'en suis!
A l'angle sud des rues Royale et Bonaventure, en face de la cathédrale actuelle (aujourd'hui carré Champlain), M. Scannell tint une école entre 1840 et 1850, peut-être auparavant. C'était une vaste maison de bois; c'est là que j'appris mes lettres et à faire des bâtons sur une ardoise et un grand tableau. Sur la fin de 1849, M. Scannell transporta son école dans une maison de la rue du Platon, côté nord-est, qui fut ensuite occupée durant de longues années par François Rocheleau/"^
M. Scannell avait de la parenté avec les Gates ou Guetsin ou Gatien. En 1870 mourut Louise Gosselin, âgée de quatre-vingts ans, épouse de Pierre Scannell.
Qu'on me permette ici une digression. Dans la grande maison de bois que je viens de citer, encoignure sud des rues Bonaventure et Royale, habitait vers 1818 Charlotte Heney, veuve de Pierre- André Godefroy de Tonnancour et épouse de Henry Blackstone. Son fils, Pierre-Joseph Godefroy de Tonnancour, avocat, fit casser le mariage de sa mère avec Blackstone parce qu'il la fouettait
(19) Mélanges historiques, vol. 18. p. 74, 80. M. Suite ne parle pas d'une école de Fabrique en existence aux Trois-Rivières, de 1830 au moins à 1846, ni, non plus, des Frères des Ecoles Chrétiennes qui s'y établirent dès 1844. J.-B. Meilleur, Mémorial de l'Education, p. 146-148, 151, 183. Voir l'Appendice, note 3.
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comme un animal. Ce dernier disparut des Trois- Rivières sans donner d'avis. *^°^
Pour en revenir à notre sujet disons que depuis 1850 jusqu'à ce jour nous n'avons pas cessé d'avoir des écoles aux Trois-Rivières et elles s'y sont continuellement développées.
(20) Rapport du Commissaire des Travaux Publics, Québec 1901, p. 101, 102; P.-G. Roy, la Famille Godefroy de Tonnancour, p. 59, 60.
L'ÉGLISE PAROISSIALE(i)
J'attire l'attention des antiquaires, des historiens et des artistes en général sur l'église de la paroisse des Trois-Rivières, qui date de 1715 et dont l'extérieur'^^ ne paraît pas avoir été modifié. Le corps de l'édifice est en pierre — vous savez, ces murs de trois à quatre pieds d'épaisseur, construits en moellon, cailloux et gâteaux de calcaire, baignés dans un mortier qui défie les siècles — c'est comme si chaque pan avait été coulé d'un seul jet et placé là pour toujours. Le pic ne saurait y mordre, c'est de la poudre qu'il lui faudrait pour éclater.
Il est probable que la chaux de cette construction venait de Beauport, le pays des fourneaux en vogue il y a deux cents ans. Quant à la pierre, on a dû la prendre au sud du fleuve, même aux Grais et non pas sur la batture qui est devant la ville car elle ne suinte aucunement.
Le tout a un aspect de vieille chose, mais cela provient du style normand qui était déjà bien vieux en 1715. Nos pères ne couraient pas après les innovations: ils copiaient strictement ce qu'ils avaient vu — et ils faisaient solide.
(1) Cette église a été brûlée le 22 juin 1908 dans l'incendie de la plus ancienne portion de la ville. Une traduction anglaise de cet article a été publiée dans le Catholic Record, de London, Ont., le 27 mai 1905. Voir aussi le Trifluvien, 12 mai 1905; The Canadian Antiquarian, 1889, p. 87.
(2) L'extérieur n'avait rien de remarquable.
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C'est l'intérieur qui vaut la peine d'être vu. Il est surprenant. D'innombrables sculptures recouvrent la voûte et les murs. La chaire est une merveille tant par la forme que par les ornements. On y monte à l'aide d'un escalier élégant, à demiperdu dans une chapelle, et l'on fait un coude à gauche avant que d'arriver en face de l'auditoire, puis encore un coude, à droite, et, après plusieurs pas, on arrive dans la chaire proprement dite, dont les flancs de chêne sont fouillés par le ciseau avec un goût ravissant. La description de ce bijou demanderait plus d'une colonne de journal, et je n'oserai l'écrire de mémoire.
Le banc-d'oeuvres, avec son dossier de vingt pieds de haut, est de toute beauté. Il n'a pas son pareil en Amérique. ^^*
Le maître-autel est encadré dans quatre colonnes formant baldaquin, qui supportent une floraison de sculptures superbes, figurant une couronne monumentale.
Dans les voûtes du choeur, du transept et de la nef abondent les festons et les motifs d'ornements les plus jolis.
Ceux qui s'y connaissent disent que c'est du bon style Louis XV, genre rococo aujourd'hui. Oui, rococo parce que nos sculpteurs l'imitent maladroitement. Nous avons ici le modèle même, l'art original, l'article non falsifié et c'est rare, surtout de notre côté de l'océan/*^
(3) En effet, il n'existe rien de semblable en Amérique. Mélanges historiques, vol. 11, p. 18. Voir l'Appendice, note 2.
(4) Le style Louis XV y brillait en effet dans toute la beauté de ses fantaisies.
Ces travaux étaient en activité vers 1730. Les derniers ont été faits aux alentours de 1806. Tous semblent sortir de la même main, probablement parce que le dessin primitif étant complet, on l'a exécuté sans lui faire subir aucun changement.
Y a-t-il une question financière? Combien ont coûté ces ouvrages?
Nous allons examiner les comptes de la paroisse, année 1730. MM. Godefroy de Tonnancour et de Normanville occupaient le premier deux bancs, le second un, à raison de quatre francs chacun par année. Quarante autres payaient trois francs. ^^' Les quêtes de l'année s'élevaient à soixante-dix-huit francs et seize sous. Les quatre emplacements que la Fabrique possédait dans la Commune, loués à Clair, Lacombe, Picard et Louine, rapportaient en tout vingt-huit francs et dix sous. La recette totale de l'année se chiffrait par quatre cent quatre-vingt-treize francs et onze sous. La dépense n'excédait pas deux cent quarante francs et sept sous. Ces comptes sont certifiés par Dubois- Berthelot de Beaucours, Godefroy de Tonnancour, Petit, Jutras, Francheville, Laframboise, Goubault, Longval, Desmarets.
En 1732, René Godefroy de Tonnancour fait venir de France des effets pour l'église au montant de quatre-vingt-onze francs et sept sous. Il y a une autre facture de trois cent six francs comprenant des articles pour dorer le tabernacle. '^^ La recette de l'année est de neuf cent vingt-cinq francs;
(5) En 1754. le banc du Dr Charles Alavoine était de quatre francs.
(6) Mélanges historiques, vol. 11, p. 18.
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la dépense est de neuf cent cinquante-sept francs. Madame Marchand de Lignery paie soixante-sept francs pour la fosse de son mari dans l'église.
Les états ci-dessus font voir que l'on embellissait le sanctuaire. Il est fait mention des tabernacles, de gradins d'or sur l'autel, de marchepied d'autel, etc.
En 1733 on verse deux cents francs aux Dames Ursulines pour la dorure du tabernacle. Le Frère Antoine, Récollet, reçoit trente francs de gages, avec l'entente que pendant plusieurs années il ne touchera qu'un léger salaire. La recette et la dépense de l'année — douze cent seize francs — se règlent par un déficit de douze sous. Le Frère Antoine m'est inconnu. Est-ce lui qui faisait la sculpture? Celui-là ou un autre, il va sans dire qu'il travallait pour l'amour de Dieu.*'^
Les items suivants ,qui sont de 1735, ne doivent pas être oubliés: pierre de la Fabrique vendue aux Ursulines, quarante francs; vieil ostensoir vendu à la paroisse de Nicolet dix-huit francs; payé aux Ursulines pour blanchissage de linge de l'église vingt francs; Godefroy de Tonnancour donne cinquante francs pour la chaire; payé cinq francs pour boisson quand on est allé à Nicolet équarrir les pièces pour le banc-d'oeuvres. Puis, en 1736, pour la chaire, une croix de fer, pesant dix livres, coûte sept francs et dix sous.
Nous pouvons fixer à 1735-36 la pose de la chaire et du banc-d'oeuvres, d'après ces papiers.
(7) n y avait aux Trois-Rivières, de 1722 à 1732, le Frère Antoine de la Girardière, instituteur, de l'ordre des Frères Charon. GiUes Bolvin fut le sculpteur. Voir l'Appendice, note 2.
L'écusson de la famille Godefroy de Tonnancour, artistement sculpté dans le bois de chêne du banc-d'oeuvres, a dû être fait à cette époque, sans doute en reconnaissance des services rendus à l'église paroissiale par cette famille. '^^
L'ingénieur Franquet, étant aux Trois-Rivières en 1752, dit: « L'église de la paroisse est bien bâtie, grande et bien ornée. Il y a, entre autres choses remarquables, une chaire d'une sculpture des plus fines et des plus recherchées. »*^*
Des vieillards m'ont dit, en 1850, (et j'en ai la note, écrite sur l'heure), que le baldaquin du maître-autel a été placé en 1806, et que ce fut « le couronnement des travaux commencés longtemps auparavant, » ou, si vous voulez, vers 1730.
Le présent article est écrit depuis trente ans, ce qui fait que je n'y parle pas des changements de la sacristie et de la suppression de l'escalier italien de la chaire, ni des améliorations qu'on a opérées autour de l'église avec une intelligence parfaite.
Deux chapelles érigées en 1634, l'une dans le fort du Platon et Tautre sur le fief Pachirini ou terrain des Jésuites, furent les premières églises
(8) Mélang^es historiques, vol. 11, p. 18. D'après le cahier des délibérations de la Fabrique, le service funèbre de René Godefroy de Tonnancour, en 1738, paraît avoir été fait avec pompe. Le 6 juillet 1739, lors de sa visite annuelle, M. le grand-vicaire Jean- Pierre de Miniac ordonne: « que la masse de pierre ou tombe érigée dans le cimetière pour feu M. de Tonnancour. lieutenant-général, » soit sujette à une « rente annuelle de dédommagement pour tout le temps qu'elle y restera. » La famille paye « 20 écu5 en argent ayant cours... » Nous ne savons pas si cela signifie rente annuelle ou une fois pour tout.
(9) Mémoire de Franquet, 1752, p. 44. John Lambert, qui visita les Trois-Rivières en oct. 1807 et en août 1808, parle avec éloges de l'église paroissiale. Travels, I, 474, 476.
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des Trois-Rivières. En 1664, les habitants construisirent une église paroissiale, en bois, au coin de la rue Saint-Pierre, regardant la basse-ville.*^"^ Cet édifice fut démoli lorsque l'église de pierre dont les travaux commencèrent en 1714*"^ eut été ouverte au culte. Louis XIV, qui était dans la dernière année de son règne, contribua généreusement aux dépenses. René Godefroy de Tonnancour, nous l'avons dit, fut le citoyen qui donna le plus en cette occasion. '^^^ Je crois que dès l'automne de
(10) Dans le B. R. H., 1925, p. 192, il y a une obligation de François Boivin, en date du 24 juin 1649, pour bâtir une église aux Trois-Rivières. Le projet n'eut pas de suite, il faut croire, puisque le 16 mai 1664, Mgr de Laval et M. de Mésy, gouverneur général, signent un accord par devant Sévérin Ameau pour « bâtir une église et un presbytère ...»
Déjà auparavant, en 1661, sous M. d'Argenson, il y avait eu un arrangement de conclu pour construire une église paroissiale et l'on remit la somme de 1473 livres, amassée dans ce but, à une société de quatre citoyens (Jacques Le Neuf de la Poterie, son frère Michel Le Neuf du Hérisson, Pierre Lefebvre et François Lemaitre), d'après la convention suivante: ils devaient tenir aux Trois-Rivières un magasin de traite de boisson (à l'exclusion de toute autre, sans doute) et rendre l'argent, avec intérêt de 18% par année, lorsqu'on le leur demandera pour les fins ci-dessus. Le 25 avril 1664, le Conseil souverain, faisant droit à la requête de Louis Pinard, marguillier en charge, ordonne que la somme, avec intérêt, retourne à la Fabrique, attendu que l'on est prêt à bâtir et que les bois pour cet objet sont déjà équarris. Quelques jours plus tard le gouverneur et l'évêque sanctionnent la mesure. Mélanges historiques, vol. 18. p. 24, 25, 30, 34.
(11). La pose de la pierre angulaire est exactement du 11 juillet 1710. Gravée par Guillaume Beaudry dit des Buttes, orfèvre et armurier, un des premiers colons du hef Robineau. Mélanges historiques, vol. 18, p. 23, 89.
Le 7 juillet 1711 le ministre de Louis XIV écrit à M. de Galifet, gouverneur des Trois-Rivières, qu'il voit avec plaisir le zèle des habitants à se bâtir une église solide. En 1713, le roi accorde 500 livres pour parachever les travaux. Edouard Richard, Rapport sur les Archives, 1899, p. 433, 436, 457.
(12). C'est lui qui fit dorer l'autel et le tabernacle à ses frais par les Dames ursulines. Il fut l'un des plus généreux fondateurs. Il donna son coffre-fort à la Fabrique. Il est donc juste que les
1715 on célébrait la messe dans la nouvelle égli-
se.
Il y a donc cent soixante-et-quinze ans (en 1890) que ses murs sont debouts. Tels qu'ils sont bâtis, ils peuvent durer autant que les pyramides des Pharaons. La couverture a été renouvelée plusieurs fois, mais sans changer de forme. Le clocher n'a pas toujours eu l'aspect qu'il présente de nos jours; je pense que depuis 1806 à peu près, il est tel que nous le voyons. La sacristie occupe l'endroit où était l'église en 1664.
armes de cette famille aient été représentées sur le banc-d'oeuvres; écusson d'azur, épée d'argent en pal, poignée et garde aussi en argent; à côté, deux croissants de même métal surmontés d'un épi de blé d'or, tige et feuille de sinople. René Godefroy de Tonnancour demeurait dans la maison de pierre qui a servi longtemps d'évêché et de résidence aux Jésuites.
(13). Le 9 mai 1715, Séverin Ameau, âgé de 96 ans, muni des sacrements de l'Eglise, est inhumé « dans l'église de cette paroisse. » Si la nouvelle église était alors construite, il dût être le premier enten'é dans ce lieu. L'acte est signé du « frère Louis Hyacinthe de la Place, prêtre récollet commissaire et supérieur général des Récollets en ce pays. » Peut-être ce religieux était-il aux Trois-Rivières à cause de la construction ou de l'inauguration de l'église paroissiale? En tout cas, c'est, croyons-nous, la seule mention de lui aux Trois-Rivières.