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26. En 1850, on voyait encore dans son lit des buttes de sable qui n'avaient aucun rapport avec le terrain avoisinant, et qui devaient avoir été des îles. Suite, Histoire des Trois-Rivières, p.

ville, et que les terres bordant le fleuve étaient à rétat sauvage, c'est-à-dire couvertes de la forêt primitive, il y avait bel et bien quatre bouches de rivières, mais cela remonte à de longs siècles.^'

Rien ne nous indique que les Français aient eu la coutume de rencontrer les Sauvages sur les îles qui forment les trois sorties du Saint-Maurice. Il est vrai que le premier projet de Champlain fut d'établir un poste fortifié sur l'une des îles en question, mais lorsqu'arriva le moment d'agir, il choisit la Table, emplacement actuel de la ville, parce que les Sauvages s'y tenaient de préférence à tout autre endroit des environs.

Les canots qui, dans les premiers temps, descendaient la rivière aux cents cascades (le Saint- Maurice) pour rencontrer les commerçants français, ne doublaient pas toujours le cap Métaberotin, lorsqu'ils se rendaient à la Table, où avaient lieu les échanges de marchandises; il s'arrêtaient, le plus souvent, vers le Fond-de-Vau, près du cap aux Corneilles, à l'endroit où la rivière s'étend pour former des îles, endroit qui porte encore le nom de côte aux Sauvages. De là, par la coulée ou quatrième rivière, les Sauvages atteignaient le Platon, la Table, la haute ville, si vous voulez. Le Père Le Jeune écrit Plateforme au lieu de Platon.

27. Nous avons manqué de quelques .siècles seulement l'occasion de faire naître M. Suite à « Quatre-Rivières! » Un de ses amis d'enfance qui demeurait à Deux-Rivières, dans le haut de l'Ottawa, datait ses lettres de « Cinq-Rivières », parce qu'il est né aux Trois-Rivières. L'esprit coule de source chez les Trifluviens! ajoutait M. Suite avec ce fin sourire qu'on lui a connu. Tria flumina — trois fleuves! de quoi arroser les déserts africains!

Deux grandes îles couvertes des arbres de la forêt primitive coupaient le cours des eaux à l'endroit précis où le Saint-Maurice débouche dans le Saint-Laurent, de sorte qu'une personne, montant ou descendant le fleuve, apercevait trois rivières manche à manche, à côté les unes des autres, à des distances à peu près égales.

Les îles y sont encore. Les beaux arbres ont disparu, cela fait que toute la physionomie du paysage est changée. Vers 1850, la destruction de ces boisés commença; il ne reste plus qu'un sol bas, rasé, au-delà duquel le regard suit l'unique rivière dont les bras liquides enlacent les deux îles qui touchent au Saint-Laurent. Au-dessus de celles-ci, plus haut, dans le Saint-Maurice, par conséquent, sont quatre îles, également dénudées de toute végétation forestière. L'oeil voit nettement ces six plaques de terre qui paraissent flotter sur les eaux, et la rivière est large de trois quarts de lieue dans son extrême évasement entre le cap de la Madeleine et le cap Métaberotin.

La surface des îles se trouve à présent, en majeure partie, occupée par des cultures telles que blé, sarrazin, avoine, choux et navets. Les marchands de bois y construisent des quais, des scieries et des maisons d'habitation, sans compter les piles de planches rangées en lignes monotones au bord de l'eau.

Vers le commencement de l'été, le gouvernement de Québec fait tendre des barrages, de la terre ferme aux îles, pour arrêter la marche de plusieurs cent mille billots descendant la rivière;

les Chenaux sont alors comme pontés à la façon d'une route construite en rondins.

Les flotteurs — drivers, draveurs, si vous voulez — se promènent sur ce plancher mobile, leurs longues perches ferrées à la main, triant les pièces appartenant à chacun de leurs bourgeois, et les poussant au dehors où les hommes des scieries mécaniques s'en emparent pour les transformer en madriers ou en planches.

L'hiver, c'est un autre spectacle. La neige couvre les îles, les chenaux disparaissent sous une couche de glace. Dans ces lieux désolés, le lièvre et le renard tracent leurs pistes, que le chasseur suivra bientôt d'un oeil attentif. De temps à autre, une voiture passe sur le chemin de la traverse, balisé de petits sapins plantés dans le mol édredon qui recouvre les eaux durcies par l'action de l'hiver.

Mais, durant la semaine qui précède la fête de Noël, tout change, les îles s'animent en quelque sorte; partout circule une population affairée; on dresse des cabanages; la tranche de fer et le godendard entament la glace sur une cinquantaine de points choisis à certaines distances les uns des autres; le travail se continue jour et nuit jusqu'à ce que des ouvertures soient pratiquées au goût des pêcheurs, car il s'agit de pêcher le fameux petitpoisson des Trois-Rivières!

Chaque trou mesure de douze à quinze pieds de longueur sur cinq de largeur. On y enfonce un long coffre formé de quatre baguettes de bois de frêne revêtues de rets; l'un des bouts du coffre est

ouvert et placé à Tencontre du poisson qui remonte le courant, et qui entre par masse dans ces appareils; après quelques minutes d'attente, le pêcheur soulève la gueule du coffre, tire le tout hors de l'eau; vous voyez alors frétiller sur la glace des centaines de petits êtres qui gèlent, en attendant la poêle à frire. On en prend plus de 40,000 boisseaux chaque hiver, en deux semaines seulement parce que, avant Noël, il n'est pas encore arrivé, et aux Rois il achève sa course vers le rapide des Forges. Cette manne n'a qu'un temps.^^

Quelques détails sur les îles en question.

L'île de la Trinité se nomme aussi Saint- Quentin, du nom de Quentin Moral, établi aux Trois-Rivières en 1650. Elle a été connue sous les noms d'île aux Cochons et de Commune-aux- Cochons, d'île Grandmesnil et aussi d'île Maillet, son avant-dernier propriétaire. Le nom de Trinité lui vient probablement de sa position dans l'embouchure des trois rivières. D'une pointe à l'autre, elle mesurait 3,200 pieds en 1868, mais l'extrémité qui regarde le fleuve est à présent quelque peu raccourcie. Elle appartient aux héritiers de John MacPherson, de George Baptist et de Samuel Hart, fils d'Ezéchiel.^^

28. Ces lignes étaient écrites en 1895. Depuis lors, les usines de Shawinigan Falls et de Grand'Mère ont pollué les eaux; le petit-poisson, venant de la mer, s'arrête pour frayer à la rivière Champlain et aux battures de Batiscan. Et il ne tardera pas à disparaître tout à fait. Voir Histoire de Champlain, I, 226-243; II, 129, 527; Suite, Chronique Trifluvienne, p. 167.

29. L'île de la Trinité (cinquante arpents) fut concédée par M. de Montmagny, gouverneur, le 2 juin 1647, à François Marguerie, Jean Véron de Grandmesnil et Claude David. Le 21 mai 1652, Jean de Lauzon, gouverneur, ratifie l'acte de cette concession.

L'île de La Poterie portait le nom d'île aux Cochons lorsque Jacques Le Neuf de la Poterie (qu'il ne faut pas confondre avec Bacqueville de la Potherie) en obtint la concession, le 29 mars 1649, mais immédiatement après elle prend le nom d'île Neuve. ^° En 1668, dans un acte du notaire

Claude David vendit sa part, le 21 octobre 1667, par acte passé devant le notaire Séverin Ameau, à Claude Jutras dit Lavallée. Le 23 juin 1668, Quentin Moral déclare tenir cette propriété en partie à cause de sa femme. Marie Marguerie, au nom et comme héritiers du feu François Marguerie, son frère, noyé le 23 mai 1648; ses co-propriétaires sont les héritiers de Jean Véron de Grandmesnil, tué par les Iroquois dans le combat du 19 août 1G52, et Claude Jutras dit Lavallée, P. -G. Roy, Papier terrier de la Cie. des Indes Occideiîta.!es, 1667-1668, p. 301, 302, 320; Suite, Mélangées historiques, vol. 19, p. 53; Histoire des Trois-Rivières, p. 4, 25.

30. Cette concession fut ratifiée et érigée en fief noble le 7 avril 1660 par la Cie de la Nouvelle -France. D'une étendue d'environ cent arpents, « l'île aux Cochons » est mentionnée dans l'acte de foi et hommage du 5 juillet 1668. Dans le procès-verbal d'arpentage rédigé par le notaire Séverin Ameau, le 22 août 1668, en la désigne comme « l'Isle dicte l'isle Neufve, auparavant Isle aux Cochons ». Les censitaires sent: Antoine Desrosiers, Pierre Dizy dit Montplaisir, Séverin Ameau, Jean Botton, Jacques Ménard dit Lafontaine, Charles Bonin, Claude Volant, Louis Tétreau, Jérôme Langlois et Pierre Dandonneau dit Lajeunesse. Pièces et documents relatifs à la tenure seigneuriale, p. 382; P. -G. Roy, Inv. des Concessions en fief et seigneurie, II, p. 29, 37, 70, 71; V. 188- Papier terrier de la Cie. des Indes Occidentales, 1667- 1663, p. 349.

Dans sa Chroni.que trifluvienne, p. 95, M. Suite dit que c'est la première concession d'une île dans l'embouchure du Saint- Maurice; cependant, nous avons vu que l'île de la Trinité fut concédée antérieurement, soit le 2 juin 1647, et nous verrons plus loin (note 31) que la concession de l'île du Milieu (Saint-Christophe) est du 1er juin 1647. Son ancien nom d'île aux Cochons n'a pas passé à sa voisine (l'île de la Trinité), mais il a été porté conjointement par les deux (la Trinité et la Poterie), comme l'attestent d'ailleurs maintes pièces de 1647 à 1700.

Le 16 novembre 1669, Jacques Le Neuf de la Poterie, par acte passé devant le notaire Séverin Ameau, cède l'île Neuve à son fils Michel Le Neuf de la Vallière. Celui-ci en dispose le 13 novembre 1686 en faveur de Charles Aubert de la Chesnaye, pardevant Gilles Rageot, notaire à Québec.

touré de palissades lorsque les Iroquois l'assiégèrent en 1653/'>

La rue Saint-Pierre est mentionnée sous ce nom en 1660/^^ Quatre ans plus tard nous voyons que la palissade entourant la bourgade formait un carré long suivant les rues des Casernes, Saint- Pierre, Saint-Paul, Saint-Louis et le Boulevard (rue des Remparts), coupé en deux par la rue Notre-Dame. La place d'Armes paraît avoir été alors occupée par des maisons. Le nom de la rue des Casernes existe depuis 1760 à peine.

La porte de flanc de la rue Saint-Pierre s'ouvrait sur un chemin qui est devenu la rue des Champs et qui va prendre dans quelques jours le nom d'avenue Laviolette. De ce côté, la palissade devait être posée sur la croupe du terrain, car un peu au-delà de la rue, vers le nord-ouest, celui-ci s'abaissait sensiblement, au point de former un bas-fonds ou marécage dont la forme est encore visible.

La grande porte du bourg était placée à peu près à la rencontre des rues Saint-Pierre, Notre- Dame et Bonaventure. C'est vis-à-vis de cette porte, en dedans de la palissade, que fut élevée, en 1664, une église de bois, faisant face à la basseville, à peu près dans la position de la porte de la sacristie de l'église paroissiale (incendiée en 1908).

Les noms des rues Notre-Dame, le plus ancien que nous révèlent les manuscrits/*^ Saint-

(2) La clôture qui entourait la ville date de 1651.

(3) Mélanges historiques, vol. 18, p. 23.

(4) Mélanges historiques, vol. 18, p. 18-21.

l'avenue LAVIOLETTE 37

Louis et Saint-Paul datent du temps des Français. Conservons-les comme aussi celui de la rue Saint- Pierre. Le nom de la rue des Champs ne rappelle rien de particulier, sauf que c'était la route des champs, de la campagne. Lui imposer le nom du premier commandant de la ville et en faire une avenue me semble choses très appropriées. C'est déjà une avenue et des plus belles qui se puissent voir.

Il paraît certain que M. de Laviolette n'a pas laissé de famille. Des rares colons qui demeuraient aux Trois-Rivières lorsqu'il en était le commandant, deux sont encore représentés par leurs descendances: les Godefroy de Tonnancour viennent de Jean Godefroy, et les familles Pépin, si répandues dans notre district, sont sorties de Guillaume Pépin. L'honorable sir Hector-L. Langevin tient par sa mère, fille du major Pepin-Laforce, à ce brave Guillaume Pépin.

Le touriste qui, de nos jours, veut traverser le pont Saint-Maurice, prend ordinairement la rue des Champs (avenue Laviolette), mais il fut un temps où le chemin du roi passait le long de la rivière jusqu'au cap Métaberotin, pour atteindre en ce dernier endroit le commencement de la rue Notre-Dame, là où demeurait B.-P. Wagner.

Quelque temps après 1664, vous voyez que je remonte loin, on ouvrit un sentier qui partait de l'intersection actuelle des rues Notre-Dame et Saint-François-Xavier et se dirigeait au nord-est, de manière à atteindre le cap Métaberotin ou Pointe-des-Chenaux. Vers 1730, le grand chemin du roi

La sixième est l'île Ogden, qui mesure 1,000 pieds de long.^^

Si vous aviez à vous entretenir des cinq bouches qui composent le delta du Nil, peut-être auriez-vous moins de choses à dire qu'en parlant des trois canaux du Saint-Maurice.^^

Depuis l'inondation qui a dévasté une partie des rives du Saint-Laurent, au mois d'avril 1896, on a souvent employé les mots « îles, cap, Saint- Boucher rend foi et hommage et déclare tenir l'ile Saint-Joseph sur laquelle il a fait bâtir maison, grange et étable.

Dans son testament daté du 12 octobre 1707 et rédigé par le notaire Antoine Adhémar, à Montréal, Pierre Boucher exprime le désir « que l'île Saint-Joseph soit vendue après son décès par licitation et que les deniers en provenant soient partagés noblement entre les enfants et petits enfants. »

Le 13 juin 1723, Pierre Boucher de Boucherville, fils aîné et héritier de feu Pierre Boucher, rend foi et hommage, tant en son nom comme propriétaire pour moitié dans la moitié de l'île Saint- Joseph, qu'aux noms des autres héritiers de ce fief, P.-G. Roy, Papier terrier de la Cie. des Indes Occidentales, 1667-1668, p. 370; Inv. des Concessions en fief et seigneurie, II, p. 29, 37, 38; Suite, Chronique trifluvienne, p. 166.

33. Outre les six îles ci-dessus nommées, signalons trois îlets situés pareillement dans l'embouchure du Saint-Maurice, au sudouest du bout de l'île de la Trinité.

Le premier, d'un arpent ou environ, nommé l'Islet par Pierre Lefebvre, habitant du Cap-de-la-Madeleine, à qui il fut concédé le 14 juin 1652 par Jean de Lauzon, gouverneur.

Le second, à Jean Sauvaget, concédé par Pierre Boucher, gouverneur des Tr ois-Rivières, le 9 octobre 1655.

Le troisième, concédé par M. d'Argenson, gouverneur, à René Robineau de Bécancour, le 31 juillet 1661, et ratifié le 28 avril

Ces îlets sont déclarés dans l'acte de foi et hommage du 5 juillet 1668. P.-G. Roy, Papier terrier de la Cie. des Indes Occidentales, 1667-1668, p. 320, 355.

34. Cette étude de M. Suite et nos annotations étaient prêtes à être livrées à l'imprimeur lorsque le travail de Montarville Boucher de la Bruère sur les îles de l'embouchure du Saint- Maurice, paru dans le Bien Public, des Trois-Rivières, les 20 et 27 décembre 1932 et 3 janvier 1933, nous tomba sous la main. Les deux se répètent inévitablement et se complètent.

Maurice, commune, banlieue », en les appliquant à la ville des Trois-Rivières. Disons tout d'abord que la banlieue et la Commune ont été seules visitées par le surplus des eaux du fleuve, attendu que la vieille ville et le cap Métaberotin sont trop élevés pour avoir rien à craindre du Saint-Laurent ou du Saint-Maurice.

La haute ville a été durant deux siècles toute la ville. A présent une foule de maisons occupent les terrains de la Commune qui forment la basse ville, presque au niveau ordinaire du fleuve; aussi est-ce le quartier des inondations, tandis que la haute ville située à soixante-dix pieds au-dessus, reste indemne.

La banlieue se prolonge depuis la Commune jusqu'à quelques milles vers l'ouest, bordée au nord par les grands coteaux et au sud par le fleuve, qui l'inonde à peu près chaque printemps. Elle renferme les plus belles terres du monde pour la culture.

Ceux qui écrivent sans avoir étudié procèdent par suppositions. Ainsi on veut que le nom des Trois-Rivières ait été donné au fort situé près du Saint-Maurice en raison de la facilité qu'il offrait pour y rencontrer les Sauvages qui faisaient la traite par les rivières de Fouez, Bécancour et Nicolet. Alors la traite de ces trois rivières aurait dû exister dès le temps de Champlain et de Pontgravé, ce qui est impossible puisqu'il n'y avait pas de Sauvages au sud du fleuve. D'ailleurs, les preuvjs ci-dessus détruisent toute supposition.

Il est à propos de mentionner l'orthographe

qui nous fait mettre partout: les, des, aux Trois- Rivières, vu que cette forme est à présent démodée, paraît-il. Comme nous l'avons trouvée invariablement dans plus de cinq mille actes manuscrits, de 1634 à 1775, et dans tous les ouvrages imprimés de 1603 à 1750, sans une seule exception, nous aurions scrupule de la changer, dans les citations des pièces du temps. D'autre part, si, à côté de ces textes, nous allions dans notre propre texte supprimer l'article, nous serions doublement dans le tort.

Après l'arrivée des Anglais on voit, çà et là, le mot « Trois-Rivières » employé sans l'article, par suite de l'influence de la langue anglaise, parmi quelques hommes de loi, mais il faut arriver à 1850 avant que de rencontrer cette forme un peu plus fréquemment. Elle n'est pas encore prédominante.^^

D'autres contrées de l'Amérique portent le nom de Trois-Rivières. A l'île Saint-Jean (Prince- Edouard), depuis deux siècles il y a une localité de ce nom. L'embouchure de la Kaministigoya qui sort à la baie du Tonnerre, lac Supérieur, s'est appelée Trois-Rivières depuis 1680 jusqu'à 1800. Dans le Michigan, la rivière Saint-Joseph, comté de Saint-Joseph, s'est longtemps nommée

35. Les compagnies de chemins de fer ont substitué dans leurs horaires, depuis quelques années, le mot Three Rivers à celui des Trois-Rivières, et cela malgré une vive protestation de la part de la presse française du pays. Cette traduction n'est ni officielle ni intelligente.

Dans London Documents, V, 86, on parle de Troy River; c'est notre Trois-Rivières. Voir Suite, Mélanges historiques, vol. 18, p. 35; Histoire des Trois-Rivières, p. 23.

Trois-Rivières. En 1796, La Rochefoucauld parle de la pointe des Trois-Rivières, située entre la rivière des Mohawks et le pays de Genessé, donc en arrière d'Oswego, dans Onondaga. Dans le comté de Hampshire, Massachusetts, au confluent des rivières Chicopee, Ware et Swift, il y a la petite ville de Three-Rivers. Vers le portage qui mène à la rivière Kankakee, il y a Three-Rivers, sur la rivière Saint-Joseph (des Miamis), près de la frontière nord de ITndiana, en ligne à Test de Chicago. Enfin, à la Martinique, en 1795, A. Moreau de Joannès mentionne un endroit nommé les Trois-Rivières, situé au bord de la mer.^^

Nous croyons avoir démontré que, de 1535 à 1600, ou vers cette date, la rivière qui nous occupe portait le nom de Foix.^^ Après cela, et jusqu'à 1750 on l'appelait Trois-Rivières. Le terme « les Chenaux », qui dure encore, paraît remonter à 1634.^^ A partir de 1723, on rencontre le nom de Saint-Maurice, qui devient fréquent dans les écrits après 1750 et est à présent officiel, mais il n'est pas d'un usage général dans la région. (1895).

36. Aventures de Guerre au temps de la république et du consulat, II, 381; Suite, Histoire des Trois-Rivières, p. 28.

37. Le nom de rivière de Fouez ou Foix n'a, en effet, duré que très peu. Vers 1600, il y a apparence que Pontgravé la nommait rivière des Trois-Rivières. Champlain adopta ce nom en 1603. Si "te. Histoire des Trois-Rivières, p. 15, 20.

38. Une brandie de la famille Crevier a porté le nom de Desclienaux, c'est-à-dire des chenaux de la rivière Saint-Maurice où les Crevier ont possédé les iles Saint-Christophe et Bellerive (La Poterie). Sur ce terme populaire, voir Suite, Histoire de Saint-François-du-Lac, p. 86; Histoire des Trois-Rivières, p. 20.

SHAWINIGAN ET

GRAND'MÈRE l'i

Les cataractes des Grès et des Hêtres étant disparues en 1663, il en reste deux sur le Saint- Maurice qui sont dignes d'admiration: Shawinigan et la Grande-Mère. Le plumet appartient à Shawinigan à cause de son élévation (150 pieds), des blocs énormes de pierre tombés de la montagne à ses pieds et par la manière étrange dont les eaux précipitées sont retenues captives avant que d'effectuer leur évasion. Parlons d'abord de la Grande-Mère.

La Grande-Mère doit son nom à la forme du rocher qui sépare les deux chutes de cet endroit, et dont la ressemblance avec une femme assise était frappante autrefois (1850-1860). Je ne sais quelle apparence ces objets ont maintenant.

Les chutes sont superbes, en plein pays sauvage. Elles ont été les témoins des guerres du temps des Iroquois (1645-1664), alors que ces intrépides ravageurs se rendirent maîtres de tout rOttawa, de tout le Saint-Maurice et d'une partie du Saguenay. A la Grande-Mère, comme à Shawinigan, il fallait portager pour descendre ou

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