‹ Mélanges historiques (volume 5)Chapitre 66 sur 83 · FONDATION DES TROIS-RIVIÈRES · texte numérisé non relu

FONDATION DES TROIS-RIVIÈRES

Voici venir le 4 juillet. Parlons des souvenirs que cette date doit rappeler aux Trifluviens.

C'est dans une réunion tenue à Québec, le 24 mai 1633, que Champlain promit de faire construire un fort aux Trois-Rivières. L'interprète Olivier LeTardif traduisit en cette occasion le discours habile et sympathique du chef algonquin Capitanal qui était descendu des Trois-Rivières avec dix-huit canots pour plaider la cause de l'habitation proposée\ Aussitôt la décision connue, Jacques Hertel et Jean Godefroy se firent donner (3 décembre 1633) des terrains dans la hauteville, le long de la ravine qui prolonge le cap Métaberotin. L'automne de la même année, au départ des vaisseaux pour la France, Champlain adressa aux Cent-Associés la demande de secours nécessaires pour fonder le poste. C'est le 15 janvier 1634, selon les apparences, que le conseil des Cent- Associés approuva le projet. Le même jour Robert Giffard obtint la seigneurie de Beauport, et, le 15 février suivant, les Pères Jésuites reçurent un octroi de deux cents arpents de terre, à prendre aux Trois-Rivières^

1. Suite, Histoire des Trois-Rivières, p. 54 et suivantes; Mélanges historiques, vol. 5, p. 11, 12; vol. 19, p. 40; vol 20, p. 15.

2. Mélanges historiques, vol. 11, p. 11; vol. 18, p. 71; Pièces et documente relatifs à la tenure seigneuriale. Jésuites, I, 70, 71; Giffard, I, 386, 387; P.-G. Roy, Inv. des Concessions en fief et seigneurie, Hertel, I, 27; Giffard, I, 31; Jésuites, I, 45; les pièces concernant la terre accordée à Jean Godefroy, en 1633, sont perdues.

La traite annuelle commença aux Trois-Rivières vers le 20 mai. On attendait une flottille de Hurons du Haut-Canada; elle se présenta, le 31 mai, et mit son monde à terre dans l'anse du moulin à vent (du Platon?) mais au moment de se rembarquer ces Sauvages furent attaqués par les Iroquois et deux Français qui accompagnaient les Hurons furent tués et scalpés, et quatre autres blessés grièvement. L'un des blessés, nommé Robert Mellon, mourut bientôt après, à Québec, où il avait été transporté.

Cent-cinquante canots hurons, portant sept ou huit cents hommes, arrivèrent quelques jours après sans être inquiétés par l'ennemi.

Les navires de France mouillèrent l'ancre à Québec, du 4 juin jusqu'à la fin du mois. Ils amenaient au moins soixante colons, avec les familles Giffard, Le Gardeur et LeNeuf, et le Père Jacques Buteux. Le sieur Duplessis-Bochart les commandait^ Nous voyons paraître ici pour la première fois le sieur de Laviolette, que Champlain fit partir de Québec, le samedi, premier jour de juillet, dans une barque, avec quelques Français, pour l'a plupart artisans, et qui arriva aux Trois-Rivières le 4 juillet 1634. Je crois pouvoir indiquer comme le lieu de son débarquement la petite anse qui existait encore il y a un siècle, au pied de la rue du Platon. De cet endroit un sentier en pente douce était ouvert sur le flanc sud-ouest du Platon, et c'est par là vraisemblablement que Lavio-

3. On a souvent confondu Charles de Duplessis-Bochart avec Guillaume Duplessis -Kerbodot, gouverneur des Trois-Rivières en 1651. Voir sur ces deux personnages, Mélanges historiques, vol. 5, p. 9-28; vol. 14, p. 66.

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