‹ Mélanges historiques (volume 5)Chapitre 67 sur 83 · FONDATION DES TROIS-RIVIERES · texte numérisé non relu

FONDATION DES TROIS-RIVIERES

lette et ses hommes gravirent la hauteur pour planter leur fort auprès des ruines d'une bourgade fortifiée que les Algonquins avaient eue sur le Platon, et que les Iroquois avaient enlevée de force et brûlée. On voyait encore les bouts des pieux sortant de terre et noircis par le feu.

En même temps que la barque de Laviolette, était parti de Québec un canot portant l'interprète Jean Nicolet et les Pères Jean de Brébeuf et Antoine Daniel. Nicolet devait se rendre au-delà du lac Huron découvrir le Wisconsin et nouer des rapports avec les Sauvages de ces contrées. Les deux Jésuites allaient chez les Hurons de la baie Géorgienne. Le 4 juillet, se trouvant aux Trois- Rivières pendant que Laviolette abattait du bois pour construire la palissade, les deux religieux reçurent au rivage sept canots de Hurons et entrèrent en pourparlers avec eux dans le dessein de se faire conduire dans leur pays. Voilà donc les témoins qui virent arborer pour la première fois d'une manière sérieuse le drapeau de la France sur le site de notre ville. Il faut mentionner aussi Jean Godefroy, Thomas Godefroy, Jacques Hertel, Guillaume Pépin, Jean Sauvaget, François Marguerie, Sébastien Dodier, Guillaume Isabel, qui tous, je pense, étaient déjà aux Trois-Rivières*.

Le sieur Duplessis-Bochart avec le Père Ambroise Davost, partis de Québec le 3, arrivèrent aux Trois-Rivières le mercredi 5 juillet. Les Sauvages continuaient à se présenter pour la traite. Les interprètes Olivier LeTardif et Jacques Couil-

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lard de l'Epinay, ainsi que Robert le Cocq, charpentier, François Petit-Pré, Dominique Scot et un autre jeune Français nommé Baron se trouvèrent réunis. J'aime à rappeler ces noms à cause de la circonstance. Les journées des 6 et 7 juillet, on parlementa et l'on échangea des marchandises européennes pour des pelleteries. Le soir du 7 partirent pour le pays des Hurons, les Pères Jean de Brebeuf et Antoine Daniel, avec Baron, au bruit de la canonnade. Nicolet partit également ce jourlà. Huit jours plus tard, ce fut au tour du Père Ambroise Davost et de Robert le Cocq, François Petit-Pré et Dominique Scot.

Vers la fin de juillet, Champlain visita les travaux du fort qu'il trouva très avancés. Une maladie épidémique régnait parmi les Sauvages des Trois-Rivières. Capitanal en fut atteint et mourut vers le mois d'août^

Enfin, le dimanche, 3 septembre, les Pères Paul Le Jeune et Jacques Buteux s'embarquèrent à Québec pour fonder la mission permanente. Le vendredi, après une navigation très difficile, ils arrivèrent aux Trois-Rivières. On les logea au fort, en attendant que leur maison fut achevée. Celle-ci occupait le site de l'ancien bureau de poste, boulevard Turcotte, entre les rues Saint- Louis et des Casernes^

5. Suite, Histoire des Trois-Rivières, p. 62, 63; Mélanges historiques, vol. 20, p. 18-23; Montarvllle Boucher de la Bruère, Chapelles et églises trifluviennes, p. 9, 10.

6. Suite, Album des Trois-Rivières, p. 4; Mélanges historiques, vol. 19, p. 35; vol 20, p. 21; voir aussi les excellentes études de Montarville Boucher de la Bruère, Chapelles et églises trifluviennes, p. 9 et suivantes, et la Naissance des Trois-Rivières, p. 32 et suivantes.

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