‹ Mélanges historiques (volume 5)Chapitre 81 sur 83 · Un peu au-delà du Fer à Cheval · texte numérisé non relu

Un peu au-delà du Fer à Cheval

5. Mélanges historiques, vol. 18, p. 72, 76; vol. 19, p. 23, 25.

je viens de parler, mais grand ami. La rue Saint- Philippe lui doit son nom^.

Georges Stobbs', l'imprimeur du Journal des T rois-Rivières, avait publié en 1843 un petit volume intitulé Souvenir pour 1844, et renfermant presque uniquement des pièces de vers, parmi lesquelles quatre compositions d'Antoine Gérin-Lajoie, alors étudiant au collège de Nicolet et qui n'^avait pas encore vingt ans. Le morceau intitulé « La résurrection de Jésus-Christ » est excellent; je ne pense pas qu'il ait été reproduit par les journaux ou les revues. Le temps du sucre est une jolie description de nos forêts au printemps; les vers en sont naturels et souvent très poétiques. La bataille de Châteauguay a une allure martiale, tout à fait dans le genre. Dans la Plainte d'un exilé canadien, on trouve la première inspiration d't/n Canadien errant, qui parut peu après. Ce petit livre in-16, dont je dois un exemplaire à J. -Napoléon Bureau, porte la signature de J.-B.-Eric Dorion, par la suite surnommé l'Enfant terrible, le compilateur de ces 112 pages. M. Dorion était alors commismarchand aux Trois-Rivières. Il avait glané dans cinquante auteurs des citations en vers et les donnait sous forme d'emblèmes des fleurs. C'est bien l'un des deux ou trois premiers recueils de poésies imprimés en Canada.

6. Mélangées historiques, vol. 3, p. 106; vol. 18, p. 70, 74, 76.

7. Sut Georges Stobbs, que l'on voit aux Trois-Rivières depuis au moins 1830, voir l'abbé Henri Vallée, les Journaux trifluviens, p. 18, 24, 25; Sulbe, Mélanges historiques, vol. 15, p. 72.

M. Suite a parlé dans les Mélanges historiques, vol. 18, p. 81- 85, des marchands trifluviens d'autrefois qui annonçaient dans te Journal des Trois-Rivières en 1847-1848.

ANCIENS TRIFLUVIENS 83

Pour finir, permettez que je vous parle de Marie Quatre-Poches ou Marie Fend-le-Vent, qui faisait des commissions pour toute la ville dès son bas âge. La première fois qu'elle tenta d'être admise à la communion, le curé qui posait les questions du catéchisme lui demanda dans quel but elle avait été créée et mise au monde; elle répondit sans hésiter: « Pour faire des commissions ». Je l'ai vue à la fin de sa carrière, allant toujours à pleines jambes et les vieux rubans de son chapeau jouant dans l'air comme les banderolles des jours de fête.

Ah! ces visions du passé!

Un nommé Dancosse, que les gamins appelaient Tant Cause, invfentait des pas d'ivrogne très drôles, et dansait en allant par les rues. On a jamais pu savoir à quels mornents il était ivre ou non — peut-être toujours. Lorsqu'on lui donnait une pièce de deux sous, il entrait à la banque ou chez un marchand et demandait avec emphase: « Avezvous de la monnaie pour un gros deux sous? » Ou encore: « Me vendriez-vous trois harengs pour deux sous? »

Un autre du nom de Béland surnommé Raquette Béland, donnait dans le genre vagabond élégant déguenillé: Robert Macaire ou compère Bertrand. Il m'a laissé peu de souvenirs. Souvent il disait qu'il ne pouvait vivre richement « mais qu'il mourrait en monsieur ». A la suite d'une accusation malicieuse, il fut mis à la salle de police et le lende-

main on l'y trouva pendu: « mort en Monsieur », avant de subir son procès. Le poète a dit:

Les gueux, les quêteux Sont des gens heureux.

Ma foi, j'aime mieux Etre malheureux! 8

8. Un autre type trifluvien c'est Javotte Rouillard, dont il est question dans les Mélanges historiques, vol. 19, p. 81.

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