Ou Aficheg'amias. Ajoutons aussi quelques Tamaroas
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n’attendait pas l’autre. La table, la danse, les jeux, les histoires à rire et là pleurer, tout marchait en branle parmi cette population insouciante, bruyante et joyeuse. Les premiers Anglais qui abordèrent leurs villages ne comprenant rien à la gaieté française, les prirent pour des lieux de débauche, de même qu’ils s’imaginèrent que la plupart des femmes des Canadiens étaient ides Sauvagesses. Ceux qui ont approfondi le sujet, tant sous le rapport de la vie que menaient les colons que pour ce qui concerne les mariages — M. Alvord, par exemple — repoussent ces assertions faites à la légère et par suite de l’ignorance aussi bien que des préjugés de race. Le “voyageur” est un type spécial qui n’entre guère dans la mesure du citadin ou du campagnard. Les manifestations tapageuses de ces braves gens s’arrêtent à la surface ; le fond n’est pas dangereux — il est plutôt aimable. “Ils avaient le respect -des lois et de l’autorité constituée”, idit M. Alvord, ce qui n’est plus du tout le caractère des hommes qui se répandirent dans l’Illinois après la guerre américaine. Les Canadiens, trop confiants dans la prétendue honnêteté de ces nouveaux colons, devinrent leurs victimes.
Grâce aux papiers qui composent le volume dont je parle nous pouvons reconstituer la vie sociale, les moeurs de ces Canadiens de l’Illinois si mal compris et peints en couleurs sombres par les écrivains des Etats-Unis Leurs grands défauts consistaient à aimer le plaisir et à dépenser leurs revenus, mais sans querelles, sans trigauderie. Quant à la politesse, ils y étaient dans leur élément naturel, sri bien que les Yankees s’y trompèrent en les prenant pour des gens de bas étage — mais d’autres, comme le gouverneur Clark, s’aperçurent bien vite que c’était un peuple de gentilshommes.
Cette petite population -était formée de trois ou quatre catégories sociales et au sommet on voyait Bastel de Boche-
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blave, Boucher de Montbrun, J.-B. Barbau, les Beauvais, Charle ville, Trottier, Saucier, Girardin, Yiviat, Lacroix, Janis, Gratiot et Cerré, dont l'histoire est écrite en quelques mots par -sir William Johnson qui les connaissait: “Par le caractère, les manières, l’habit, l’habileté, l’influence et la parole, ce sont des gentilshommes”.
Je retourne au texte de M. Alvord: “ces familles (nommées ci-dessus) vivaient dans une élégance bien supérieure à celle des Américains établis en qualité de colons et les dépassaient en culture intellectuelle. Leurs maisons étaient commodes, elles jouissaient du confort et de l’aisance (3). Leur société était agréable, leur hospitalité proverbiale tt leur politesse envers les étrangers inaltérable. Bile maintenaient une distinction avec les classes moins élevées et l’esprit démocratique qui régnait à la frontière américaine ne les avait pas envahies. Tout cela comportait une somme de bon ton et de raffinement sans ostentation qui manquait aux pionniers américains, lesquels menaient cependant une existence non moins romantique que les Canadiens, mais étaient’ plus entreprenants.”
Les missionnaires avaient, dès le début, transporté la forme de la paroisse canadienne dans le “pays bas”, ce qui n’a pas besoin d’autre explication. Comme au Canada, les habitants s’attachaient au curé et à l’église. En 1778, le curé de K'askaskia était le célèbre abbé Pierre Gibault (4) ; il se