‹ Mélanges historiques et autresChapitre 7 sur 15 · PIERRE FORTIN · texte numérisé non relu

PIERRE FORTIN

Le capitaine ou le docteur Fortin, comme on l’appelle communément, est un bel homme de six pieds et deux pouces, aux fortes épaules, au port imposant, que les Canadiens-Français sont fiers de reconnaître ‘partout pour un des leurs. « C’est un beau Canadien, » disent-ils, avec satisfaction. » Une physionomie noble et intelligente, des manières distinguée^ rehaussent l’effet de son extérieur remarquable et de sa tournure militaire. Il naquit à Laprairie, près de Montréal, et fit ses études au collège de Saint-Sulpice, où il se fit remarquer par son intelligence et ses succès. Certaines anecdotes que nous avons entendu raconter par ses anciens compagnons de classe, prouvent 4 434 B

qu’il était plutôt fait pour commander qu’obéir ; il avait des allures militaires qui ne convenaient pas toujours à ses professeurs. Son cours d’études fini, il étudia la médecine, prit ses degrés à l’Université McGill et s’établit à Laprairiè. Lors des troubles de 1849, au sujet de l’indemnité des victimes de ’37 et ’38, le gouvernement le mit à la tête d’un corps de police montée de 50 hommes, qu’on fit caserner à Laprairiè.

Les circonstances ne permirent pas à cette police de rendre les services que Ton en attendait. On a reproché dans le temps au capitaine Fortin d’avoir enduré avec trop de patience des insultes qu’il ne méritait pas.

En 1852, il fut chargé par le gouvernement canadien de la protection des pêcheries dans le golfe Saint- Laurent, et on lui donna le commandement de la jolie frégate « La Canadienne. » Il s’est fait, dans cette position honorable, une belle réputation de prudence, d’habileté et d’énergie, soit dans ses rapports avec les pê-

Page 1