GUERUE DE LA PENINSULE
dire, que l'avant-scène de la guerre d'Espagne -, mais cède avant-scène renferme l'invasion du Portugal et de l'Espagne, la révolte d'Aranjuez , les fraudes de Rayonne , la sédition de Madrid , le ])remier siège de Saragosse , la bataille de Baylen et la capitulation de Cintra : c'est, comme on voit , luie année qui ne fut que trop Lien remplie
Lorsc[ue le général Foy raconte, il conserve le même caractère que lorsqu'il résume et juge; il n'est pas allé rechercher son talent hors"de lui-même. Ce ne sont point des récits naïfs etanecdotiques. L'auteur cherche moins à peindre qu'à faire passer dans l'esprit du lecteur le jugement et l'impression que lui ont donnés les faits 5 il les expose consciencieusement, d'une façon très-détaillée; mais il ne raconte pas pour raconter. Des écrivains ont voulu se faire contemporains des événemens qu'ils peignent; le général Foy a voulu, au contraire , être la postérité pour les faits où il était présent ; il en a le ton grave et presque solennel. L'ouvrage n'étant pas achevé , on ne voit pas bien encore quel as])ect il aurait eu dans son ensemble : chaque livre est consacré à un des événemens considérables que nous venons de rappeler, et se renferme dans sa propre unité , sans que le lien commun puisse se faire apercevoir ; probablement cette histoire n'aurait pas eu la dimension que semblent annoncer les premiers livres, telle qu'elle nous a été laissée. Puisqu'elle est incomplète, il vaut mieux, sans doute, que ce qui nous reste ait beaucoup de développement, et que chaque événement forme une sorte de drame à part. 11 n'en est pas un qui ne se lise avec le plus grand intérêt; les
détails militaires sont écrits avec amour, mais avec clarté, et n'ont rien de technique.
Cette triste bataille de Baylen , que Napoléon avait couverte d'une despotique obscurité , est racontée avec un soin particulier et une scrupuleuse impartialité ; la bataille de Vimeiro et la capitulation de Cintra , où le duc de Wellington fit ses premières armes comme général et puis comme négociateur, sont rapportées d'une façon honorable pour la vaillance et même pour la dextérité française -, le général Foy était témoin oculaire , et fut blessé à cette bataille. Il explique fort bien la situation désespérée où la politique aventureuse de Napoléon avait jeté cette armée. En somme, un jugement sévère ressort de tout ce commencement de la guerre d'Espagne : on voit non-seulement combien il y eut peu de justice, mais aussi combien peu de prudence dans la conduite du conquérant -, il allait , toujours allait, exploitant chaque circonstance, habile à en tirer tout le profit possible , mais ne mettant jamais en sûreté le profit déjà acquis. Le succès pour lui était un moyen, jamais le but. Tout lui semblait possible , comme tout lui semblait permis. L'enivrement de sa fortune avait commencé , et il trouvait son bonheur plus probable que les vraisemblances ^ son génie se manifestait déjà par le contraste d'une grande habileté d'exécution s'appliquant à l'imprudence des conceptions.
Un autre aspect de la guerre d'Espagne où se complaît le général Foy, c'est le caractère héroïque des Espagnols , la fierté et l'obstination d'une nation qui semble se défendre d'autant mieux qu'elle a été abandonnée de son gouvernement. Cette horreur de