SCÈNE VF
Les mêmes, ARNOLD, FRÉDÉRIC.
Tous. — Les voilà !
Herman. — Quelles nouvelles apportez-vous ?
Walter. — Devons-nous crier victoire ?
Henri. — Mais où est mon père ?
Werner— Où est Tell ?
Herman. — Ah î Je pressens un malheur.
Walter.— Parle Arnold.
Arnold. — Le château est à nous, la garnison a mis bas les armes, la Suisse peut respirer.
Walter. — 0 Ciel ! mais Guillaume ? m.ais Gessler ?
Arnold. — Après avoir franchi le souterrain, Tell se sépara de moi. J'expédiai la sentinelle, pénétrai dans le cachot de ce bon Frédéric, qui m'a ensuite aidé à faire le reste. Guillaume m'avait donné la citadelle, se réservant le château. Lorsque tout fut terminé de mon côté, je pénétrai dans le repaire de Gessler. La place était vide, à peine ai-je rencontré quelques rares serviteurs qui demandèrent grâce, protestant, à genoux, de leur innocence. Les seuls renseignements qu'ils purent me donner, c'est qu'ils virent peu avant notre arrivée le traître Walfenschiess s'échapper furtivement du palais et gagner la montagne où, comme vous savez, il est tombé victime du funeste avalanche. Voyant que mes perquisitions étaient vaines, j'ai pris le parti, après avoir donné la liberté à tous les prisonniers et licencié les troupes, de venir vous informer de notre succès et vous engager à me suivre pour renouveler les perquisitions et prendre, au nom de la Suisse, possession officielle du nid de Gessler. Fasse le Ciel que Guillaume soit présent!
Walter. — Oui, de suite nous allons accomplir ce devoir et planter sur ces murs, jusqu'ici inhospita-
iiers, le drapeau de Findépendance et de la liberté. Ce sera le signal de la jubilation et du contentement Des hautes Alpes le pâtre, en l'appercevant, poussera son cri d'allégresse et chantera son air favori. Mais modérons un moment nos transports et abstenons uous de toute démonstration jusqu'au retour de Tell. Si malheureusement la Suisse perdait son libérateur le bonheur ne serait pas parfait.
Henri. — Mon père ! rendez-moi mon père !
Werner. — Sois ferme, enfant. Dieu est grand et bon î