LE CHRIST ET LA FRANCE
Ceux qui nient la divinité du Christ doivent au moins admettre qu’il a été le plus grand bienfaiteur de l’humanité, de ceux spécialement qui pleurent et travaillent sur la terre.
Que diraient les ouvriers si on abattait les monnuments érigés dans certaines villes à la mémoi-re de quelques-uns de leurs grands hommes ?
Or, qu’ont-ils fait pour eux, ces grands hommes, qui puisse être comparé à ce que le Christ leur a donné ?
Que les jouisseurs, les Sans-Patrie et les Sans- Dieu renient le Christ, je le comprends, car il les gêne; mais que les pauvres, les faibles, les ouvriers le dédaignent!... C’est plus que de l’ingratitude, c’est de l’aveuglement.
Et les puissants eux-mêmes, ceux qui gouvernent, sont bien inqmudents, et ils ont bien tort, dans leur propre intérêt, de détruire la foi, la confiance au Christ, dont les enseignements et les exemples les protègent contre la jalousie et la colère des masses populaires, car si le Christ a prêché la charité, l’amour du prochain, il a aussi prêché l’obéissance et la résignation.
MÉLANGES lIISTüBIQrES ET LITTEKAIRES 185
Qu’arrivera-t-il le jour où ces masses profondes, convaincues de leur puissance et n’ayant plus, pour les retenir, l’amour du Christ ni la crainte de Dieu, leur demanderont une reddition de comptes ?
Ils seront dévorés comme le furent les hommes de
Que peuvent-ils gagner à faire disparaître le crucifix des cours de justice ?
L’image de ce Christ mourant pour les hommes en pardonnant à ses bourreaux, était une leçon pour les juges, pour les représentants de la justice, et un exemple pour les malheureux accusés et même condamnés injustement.
Elle prêchait le pardon et la résignation.
Par ç[uoi la remplacera-t-on ?
Ce qui se passe afflige et effraie ceux qui aiment la France, et qui croient.
Clovis a dit, un jour, “ In hoc signo vinces.” Par ce signe tu vaincras, et la France a vaincu ses ennemis. Elle pourrait bien périr sans ce signe.
Non, elle ne périra pas, mais tout fait croire qu’elle se prépare des jours de malheur.
Pauvre France !
Nous l’aimons, mais nous ne suivrons pas son exemple. Nous n’abattrons pas les croix que ses guerriers plantèrent sur nos rives à côté de son drapeau ; nous les conserverons, car elles nous rappellent ce que nos ancêtres ont fait de grand et de glorieux pour le Christ et la civilisation, elles évoc|uent des souvenirs qui constituent la meilleure part de notre héritage national.
Nous ne renierons pas le crucifix que les missionnaires présentaient à nos pères pour les consoler dans leurs souffrances et leur donner la force de mourir héroïquement pour l’honneur de son nom et le triomphe de son drapeau.
Non, nous les garderons, ces croix et ces crucifix, pour lui en donner quand elle en voudra, car elle en aura besoin avant longtemps.