‹ Mélanges historiques et littérairesChapitre 36 sur 64 · AIMEZ-VOUS LES UNS LES AUTRES · texte numérisé non relu

AIMEZ-VOUS LES UNS LES AUTRES

Pourquoi le Christ, avant de quitter la terre, a-til prononcé ces paroles remarquables, promulgue

cette loi sublime ? , ,

Parce qu’ayant poussé la pitié pour l’humanite jusqu’à mouler pour elle, pour son salut et sa réhabilitation, il a voulu lui indiquer le moyen d’adoucir son sort, de soulager ses infortunes.

Parce que si les hommes s aimaient comme ils le doivent, ils ne passeraient pas une grande parüe de leur vie à se rendre malheureux ; on ne verrait pas sur la terre les souffrances et les crimes qui la désolent ; ^injustice, la haine, la violence et la guerre n y exerceraient pas leurs ravages. La paix, la douce paix, régnerait au sein des familles et des nations, la charité mettrait partout le bonheur des âges d or, les joies des printemps éternels. L’on ne verrait pas l’extrême misère à côté de l’extrême richesse, Lazare, en haillons mourant de faim à la porte du millionnaire ; on n’entendrait pas les sanglots de la veuve et de l’orphelin au milieu des chants bachiques de l’orgie, on ne verrait pas le capital et le travail aux prises tous les jours et à la veille de se dévorer

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dans des conflits qui couvriront la terre de ruines et de sang.

“ Aimez-vous les uns les autres,” c’est-à-dire :

Aidez-vous, protégez-vous les uns les autres contre les misères de la vie, soyez bons, doux, patients, charitables, pardonnez beaucoup si vous voulez que 1 on vous pardonne. Rendez les autres heureux, si vous voulez être heureux vous-même.

R’avare, l’égoïste et d’ambitieux qui ne pensent c[u’à eux ne sont pas heureux.

Un grand écrivain français se plaignait à un ami de n’être pas heureux, malgré ses efforts pour se procurer^tout ce qui pouvait le satisfaire. * Son ami lui dit . Vous n avez pas réussi à être heureux en ne pensant qu à vous, essayez donc de l’être en pensant aux autres.”

C’est la pensée du Christ exprimée d’une autre façon.

Evidemment, il y a des compensations pour ceux qui s’occupent du bonheur éternel ou temporel des autres. S’il n’y en avait pas, qu’est-ce qui soutiendrait leur courage au milieu des larmes, des humiliations, des sacrifices ?

Aimer les pauvres, les malheureux, les affligés tous ceux qui souffrent est un devoir et aussi une garantie de paix et de bonheur pour la société. Par qui sont engendrées les révolutions ? Par les mécontents, les pauvres, les malheureux, les affamés.

est donc du devoir du riche, de l’homme d’Etat pu il y en ait le moins possible.

MÉLAÎs'GES HISTORIQUES ET LITTERAIRES

Si le précepte divin était sincèrement mis en pratique, les déshérités de la fortune réclameraient sans jalousie, sans colère et sans exagération le salaire du à leur travail, et les riches le leur accorderaient volontiers.

“ Aimez-vous des uns les autres,” Toute la sacxesse des philosophes et tout le bonheur de la famille, de la société, de l’humanité sont contenus dans ces paroles immortelles du Christ.

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