‹ Mélanges historiques et littéraires: ou Recueil de documents rares ouChapitre 11 sur 18 · C, U. WI£L^ND · texte numérisé non relu

C, U. WI£L^ND

Loyse L'abbé, plus connue sous lé iiom de la Belle Gordiere, eut à la fois les charmes d'Aspasie, le tdent et les travers de Sapho , Paudace d'une Marphise et la

valeur d'une Bradamante Il faut relire les poésies

de Ronsard et de Marot^ la prose de Brantôme^ avant de se décider à pardonner à la tendre Loyse Textréme naïveté de ses vers, pour ne pas dire plus. L'esprit de son temps semblait sans doute les autoriser.... Vive, Spirituelle, passionnée, Loyse s'entoura d'hommes aimables et voluptueux, et choisit ses adorateurs parmi lejs poètes du temps ^ qui n'étant pas d'humeur à se contenter, comme le bon Pétrarque, de simples sonnets, exigèrent assez souvent, disent les chroniques^ le don d'amoureuse merci : comme ces chroniques n'affirment point que Loyse le leur ait accordé, je me garderai d'imiter l'excessive âcreté que Bayle a déployée à son égard, et, me conformant à la sage maxime : De occuUis non judicat eccUsia, je couvrirai du silence le plus absolu sa vie et sa conduite que le manque de documents, surtout le respect des convenances, me défendent de scrutéi'. Mélanges littéraires et politiques et morceaux inédits de C. M. Wieland,

traduits de raliémand par MM. A. Loève Yeimars et Saint- Maurice. Paris, Yemarelet Tenon, 1824, in-8^p. 110.

. M. A. PÉHIGAUD, 1826.

Kpltsphe de liOuise I^abé^ «urnommée 1b Sapho de I^yon.

IMITATIOH DU GftXC^

Entre Tamour et la folie Labé passait galment le temps, Quand soudain la parque ennemie Vint trancher le fil de ses ans, ImîtezJa, jeune fillette,.

Et surtout retenez ceci :

Gomme elle tous mourrez aussi, Que TOUS soyez prude ou coquette.

Jrchives du département du Rhône. T. 3, p. 160.

M. BREGHOT DU LUT, 1828.

On se fait aisément l'idée du charme que dcTSlit répandre autour d'elle une femme qui réunissait à une éclatante beauté la TiTacité et les grâces de Peâprit le plus heureux et le mieux cultiTé. Ses mœurs, respectées, célébrées même, comme pures et irréprochables, par les auteurs qui ont Técu en même temps qu'elle, et qui l'ont habituellement fréquentée, n'ont été attaquées que sur la foi de Du Verdier et de Rubys, qui ne l'ont pas connue. Ces deux écriTains, et ceux qui se sont faits leurs échos, nous la représentent comme une courtisane raffinée , comme une nouTelle Léontium, comme la Ninon de son siècle ; mais elle a trouTé d'ardents défenseurs dans les

derniers éditeurs de ses œuvres : car elle a composé des œuvres qui furent publiées de son vivant et Font été plusieurs fois depuis ; elle y chante, il est vrai, l'amour avec des expressions enflammées ; mais qui peut assurer que l'objet de sa passion ne fût pas ce même Ennemond Perrin qui était alors ou qui devait être un jour son époux? ou pourquoi n'auraif-elle pas eu un amant imaginaire, comme les poètes célèbrent des Iris en l'air, des Phyllisj des Sylvie qui n'ont jamais existé Q? Ce qu'il y a de certain, c'est qu'à moins d'adopter l'une ou l'autre de ces hypothèses, on est réduit à l'impossibilité absolue d'expliquer les éloges que lui donnent plusieurs poètes de son temps, qui vantent à l'envi sa vertu, sa pudeur, sa chasteté -, éloges qu'ils ti'eussent jamais osé proférer, et qui se fussent converti^ dans leur bouche en reproches ironiques, en outrages sanglants, si la personne à laquelle ils s'adressaient eût été une femme notoirement perdue de débauche, ou seulement une femme dont la réputation eût été tant soit peu équivoque. (Notice sur la rue Belk'C&rdière. Lyon, Barret, 1828, in-8**, p. 8 et 9.)

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