BAYLE
Labé (Louise), courtisanne Lyonnoise , a été mise entre les auteurs françois par La Croix du Maine et par
Du Yerdier ; elle ne ressembloit pas en toutes choses
aux courtisannes ; car si, d^un côté, elle était d,e leur humeur, en ce qu'elle youloit être bien payée de ses faveurs^ elle avoit de l'autre certains égards qu'elles n'ont pas pour les hommes doctes, car elle leur donnoit la passade gratuitement.*** Dictionnaire historique. Le même auteur, dans une des remarques sur l'article qu'on yient de Ure, ajoute ce qui suit : «Dëmosthene eût été bien aise que la courtisanne Laïs eût ressemblé à cette autre (Louise Labé) ; il n'auroit pas fait le voyage de Gorinthe inutilement, ni éprouyé.
Qu'à tels festins un auteur comme un sot A prix d'argent doit payer son écot.
Cette femme faisoit en même temps deshonneur aux lettres, et honneur : elle les deshonoroit, puisqu'étant auteur, elle menoit une vie de courtisanne, et elle les honoroit, puisque les savants etoient mieux reçus chez elle sans rien payer, que les ignorants- prêts à lui compter une bonne somme. »
LE p. DE COLONIA, 1730.
Cet écrivain donne quelques détails sur la biographie de Louise Labé et sur les auteurs qui ont célébré son mé^te ; puis il continue ainsi : «Mais il nous faudra bien
rabattre de tous ces magnifiques éloges, et surtout de la peinture que Paradin nous a fait de sa vertu, si ce qu'en disent. Du Verdier et de Bubys se trouve véritable : ils prétendent (et ce, n^est pas, à mon avis, sans apparence de vérité) que Louise Labé avait gâté ses heureux talents par un libertinage de mœurs qui n'étoit pas moins condamnable que celui des Phrynés et des Laïs, quoiqu'il f&t beaucoup plus raffiné....»
Histoire littéraire de la ville de Lyon. Lyon, François Rigollet, 1730^ in-4% tome 2, p. 546.
LA MONNOTE, 17...
La célèbre Labé, qui des jeux et des ris Dans ses vers, dans sa prose étoit toujours suivie, Sur le mont des neuf Sœurs ne coucha de sa vie : Elle aima mieux coucher avec leurs favoris.
Le même.
Mosse animos fertur Gallis cantata Labœa Yatibus : at movit doctius illa nates.
Note sur V article Louise Labé^ de la Bibliot. franc, de la Croix du Maine, édit. de 1772.