‹ Mélanges historiques et littérairesChapitre 22 sur 25 · Mi;LAN(.K.-5 IIISTOlUtjlKb Ll i.iriKKAlKK · texte numérisé non relu

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Huant il l'époque des concours, ne sont-ils pas lro|) lapprochés? Les concurrents passent trois mois en loges dans un état d'excitation fébrile. Kpuisés par un travail pénible, ils s'abandonnent ensuite à un repos assez long, et reprennent fort tard les éludes sérieuses que le concours a interrompues. Six mois de l'année, souvent plus, se passent ainsi pour les meilleurs élèves de l'école, qui assurément pourraient les employer plus utilement. Je ne vois aucun inconvénient, et je trouve quelques avantages à rendre ces épreuves moins fréquentes. On s'y présenterait mieux préparé, et elles seraient plus décisives. 11 est inutile de multiplier le nombre des artistes, il su (lit de donner à tous pour se produire des occasions assez fréquentes pour que le talent véritable puisse en profiter. Je proposerais donc que les grands i)rix ne soient décernés que tous les deux ans. Je me hàle de dire que je ne voudrais pas ({ue la somme que le gouvernement accorde pour Tentretien des pensionnaires fût en rien diminuée. Au contraire, la pension actuelle est tellement médiocre, que la position des élèves de l'Académie de Rome qui n'ont pas de fortune est réellement intolérable. Prétend-on qu'avec 75 francs par mois ils s'entretiennent et payent leurs modèles et leurs couleurs (1) ? A l'époque où celte pension fut fixée, la valeur de l'argent était bien

(l) 11 Cbt alloué à chaque élève 900 francs, qui lui sont coniptés en argent à raison de 75 francs par mois, soit pour sou entretien personnel, soit pour les dépendes des travaux d'obligation, soit ciitiii pour des r,oiirs<?s et des rccliciclies spéciales.

{liiylciiuHt de l'.kudàiiic de Iriiiuv à lioitu\ art. '.>.)

supérieure à ce qu'elle est aujourd'hui, et il est évident que, tous les .prix étant haussés, il devient également nécessaire d'augmenter la pension.

Ment ensuite la question du voyage en lui-même, ou plutôt à ce sujet un grand nombre de questions se présentent. Le voyage est-il utile aux artistes ? Est-il également utile à tous ? A supposer qu'il soit bon de résider quelque temps à Rome, doit-on réunir les pensionnaires dans l'Académie de France comme des moines dans un couvent, et les astreindre aux règlements en vigueur dans cette académie?

Contre le voyage, on dit que les artistes perdent souvent leur tenjps à Rome, qu'ils y oublient le goût français, qu'ils se font eux-mêmes oublier d'un public, dont ils auront à briguer de nouveau les suffrages ; bref, qu'à leur retour à Paris ils auront leur carrière à recommencer. On ajoute que les musiciensne trouvent à Home ni les orchestres,ni les chanteurs qu'ils ont à Paris ; que le SUibai de Pergolèse ne s'exécute plus comnie autrefois à la chapelle Sixtine, attendu qu'il n'y a plus de chanteurs du troisième genre; enlin que toute musique bonne s'imprime ou se lithographie, et peut se trouver à la bibliothèque du Conseivatoire. Quant aux graveurs en taille douce, l'Italie est le pays du monde qui leur offre le moins de ressources. Sont-ce des tableaux qu'ils cherchent? ils ne man(juent pas à Paris ; des gravures ? où trouver lui plus liche cabinet (ju'ii la Ribliothèciue nationale? des machines ou des procédés nouveaux ? ce serait plutôt en Anglelerjc qu'ils devraient en chercher.

Il y a du vrai dans toutes ces objections. Home es! une

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ville sans pareille, où le temps se passe avec plus de rapidité que dans toute autre capitale. Le climat, le spectacle de la nature, la vue des chefs-d'œuvre vous jettent dans une admiration passive. A Rome, la paresse n'a pas la grossièreté qui l'accompagne dans le nord. Elle y prend les dehors de l'étude et de la méditalion. A moins d'être sourd et aveugle, on y appn-nd quelque chose malgré soi ; mais j'avoue qu'il faut une énergie peu commune pour y travailler. Entouré des débris magniliques d'une civilisation détruite, on vit dans un monde imaginaire, on se plonge avec volupté dans des rêveries incessantes. Je suis loin de nier ce que presque tout le monde a senti ; cependant, parce que Rome est le paradis terrestre des paresseux, est-ce à dire que ce soit un lieu que doivent fuir les travailleurs je prends ce mot dans l'acception qu'il avait il y a quelques mois; ? Je maintiens que cette nature si forte et si belle est pour les esprits d'élite comme une trempe qui double leurs forces. Sans doute, à la vue de cette multitude de chefs-d'œuvre, plus d'un artiste découragé jettera sa palette ou son ciseau ; mais quelques autres, au contraire, saisis d'une noble émulation, accepteront le défi que le passé leur présente, et, s'ils succombent dans la lutte, ils ne tomberont pas sans gloire. Est-il besoin de dire qu'on ne peut et qu'on ne doit pas exiger que tout pensionnaire re- \ ienne en France avec un mérite transcendant ? On ne fait point de grands artistes, on ne donne du génie à personne. Qu'importe que cent artirtes ne profitent pas du voyage en Italie, s'il peut'être utile à un seul, qui sera un grand maître ? En un mot, le gouvernement, qui

DE L''E1SSEIGNEMENT DES BEAUX-AKIS. 33o

ne peut créer les grands talents, ne doit négliger rieu qui puisse les développer.

L'Italie d'ailleurs, et Rome surtout, offre un avantage considérable aux artistes français, car c'est là seulement qu'ils peuvent se défaire du vice capital de notre école que j'appellerai le convenu. Je regrette de ne pas trouver un mot meilleur pour exprimer ma pensée ; mais, en vérité, pour la comprendre, quand on n'est pas sorti de Paris, cela vaut la peine d'aller à Home. A Paris, chacun vit et .se meut comme s'il était observé. On agit en vue de son public, on pose ; et, parce qu'on craint toujours de n'être pas comme il faut, on est souvent comme il ne faut pas. Le mal ne date pas d'hier dans notre patrie, et ils étaient Gaulois, ces gladiateurs qui inventèrent do mourir en prenant des attitudes nobles. A Home, rien de semblable. Personne ne s'inquiète de son voisin. La passion, et dans ce climat tout l'excite, la passion est toujours franchement, énergiquement exprimée. J'ajouterai qu'on trouve en Italie des types de physionomies, je n'ose dire plus beaux que les nôtres, c'est impossible assurément, mais différents, et qui ont leur mérite. On rencontre souvent des Fornarines dans la campagne de Home, qui produisent un certain effet, même quand on a vu nos beautés du bal Mabille.

Je n'ai guère parlé jusqu'à présent que des avantages que les peintres et les sculpteurs peuvent trouver dans le voyage d'Italie. Quant aux aichitectes, personne ne contestera, je pense, qu'ils n'aient beaucoup à apprendre dans un pays où tant de systèmes d'arcliitectuie se sont traduits à coté les uns des autres par dos chefs-d'œuvre.

J'accorderai aux musiciens que les orchestres ilalieiis sont médiocres, et que les belles voix italiennes sont plus rares en Italie qu'à Paris et à Londres ; mais, en retour, on conviendra avec moi, j'espère, que IKalie est un pays plus musical ; je veux dire que l'on y sent mieux la musique que chez nous, et qu'elle lient dans la vie une plus glande place. Je doute que t'Jfijmne à Pie IX produise sur les Autrichiens le même effet de terreur que produisit autrefois la Mar.se il laine ; mais il suflit d'entendre chanter aujourd'hui dans nos rues ce dernier air, pour être convaincu que ce n'est pas en restant chez soi qu'on cultivera son sentiment musical.

Enfin, voir, c'est avoir, dit le bohémien de Béranger. Tout voyage excite dans l'àme d'un artiste des émotions (jui se gravent dans ses souvenirs et qui deviennent la source d'inspirations fécondes. Sans doute celui qui ne vise qu'à rendre une nature tri\iale et dont l'ambition ne s'élève pas plus haut qu'un certain mérite d'exécution, celiii-là peut rester dans son pays ; mais quiconque se croit une mission plus élevée voudra courir le monde, voir et comparer. Or, quel plus beau champ pour un voyageur que cette Italie, cette mère immortelle des aits ?

Peut-être en ce moment est-ce un fantôme que je combats, et ce n'était pas la peine d'en écrire si long pour prouver une vérité que nul artiste vi-aiment digne de ce nom ne s'avisera de nier; mais nous vivons dans un temps où tout est remis en question, et où il sullit qu'une institution suit ancienne pour que quelques esprits s'imaginent qu'elle est mauvaise.

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Ju crois donc qu'il est bon de maintenir le statu qwt en ce qui concerne le voyage et sa durée. Peut-être y aurait-il lieu pourtant de la réduire pour les graveurs, qui souvent vont à Rome sans avoir suflisamment étudié la pratique si longue et si difficile de leur art. A mon avis, ils feraient mieux de passer auprès de leur maître les deux premières années de leur pension. Trois ans d'ailleurs leur suffiront amplement pour chercher en Italie quelque tableau qui les inspire. Il reste entendu que pendant ces deux années passées à Paris ils jouiraient de la même indemnité qu'à Rome.

Le système de la vie en commun, le régime de l'Académie de France à Rome, est attaqué par quelques-uns de ceux qui veulent bien reconnaître les avantages d'un séjour en Italie. On peut pour défendre ce système alléguer d'abord l'économie. Il est certain, que pour entretenir séparément le même nombre d'élèves dans des chambres garnies à Rome, il en coûterait beaucoup plus d'argent. Si les dîners se prolongent trop à la villa Medici, si les causeries de la ffânerie s'excilent par la réunion dans le même lieu de jeunes gens du même pays, c'est un malheur peut-être, mais il est à peu près sans remède, et, qu(ji qu'on fasse, des gens qui |)arlent la même langue, (lui ont les mêmes goûts et (pii sortent de la même école, trouveront le moyen de se réunir et des occasions de perdre leur temps ; du moins nos jeunes artistes, vivant dans un palais appartenant à la nation, se sentent obligés à un certain décorum qui rend facile la surveillance du directeur.

I/Acadéniie (le l'Yance à R<)U)e a him, ((hiiiik' toiiles

les institutions françaises, quelque chose de fastueux et de théâtral. C'est une ambassade au petit pied ; néanmoins, même en tant qu'ambassade, elle rend des services au pays. Elle montre aux étrangers la grandeur de la France et inspire un noble orgueil aux nationaux. Sans doute nos soldats blessés pourraient vivre heureux dans leurs villages avec une pension du gouvernement ; cependant il est bon qu"il y ait un Hôtel des Invalides, que ce soit un vaste et beau bâtiment, qu'on aille voir la grande mai'mite et la vaisselle plate des olRciers. En passant devant l'Hôtel des Invalides, il n'y a personne qui ne se dise que la France est une nation militaire, et qu'elle sait récompenser le courage de ses soldats.

Le retour h Paris est souvent pour un artiste un moment de tristes déceptions. Lauréat et privilégié en Italie, sans inquiétude pour sa vie matérielle, habitué à une société étrangère, il rentre en France et s'y trouve isolé dans la foule, sans amis, sans protecteurs, quelquefois sans ressources, et ne sachant comment subsister. Les règlements de l'Académie ont essayé de remédier à ce que cette situation a de fâcheux, en statuant que le pensioim'aire pendant la dernière année de son séjour à Rome doit exécuter un ouvrage, lequel donnera la mesure de son talent et le fera connaître dans le pays où il va exercer son art. Mais qu'arrive-t-il ? Par l'imprévoyance naturelle aux artistes, surtout par le manque de ressources pour payer les modèles (je parle surtout des peintres et des sculpteurs), la plupart exécutent cet ouvrage à la hâte et au dernier moment. D'ailleurs, il faut se rappeler qu'ils travaillent loin du pays d'où ils alten-

DE l'enseignement DES BE.VUX-AKTS. 3311

deiil leur récomijense, qu'ils en ont perdu les habitudes, les modes même, il faut bien lâcher le mot ; enfin qu'ils se présentent au public avec tous les désavantages qu'aurait un étranger. L'épreuve est souvent fatale à beaucoup de pensionnaires, et malheureusement elle est décisive. C'est d'après cet ouvrage que le public les juge. Les musiciens sont mieux traités à mon avis. Les deux dernières années de leur pension, ils les passent à Paris, près des auteurs et des directeurs de théâtre. Ils peuvent, comme on dit, prendre l'air du bureau, et ils ont deux ans pour se faire connaître.

Je voudrais que les peintres et les sculpteurs fussent placés dans une condition aussi avantageuse. Qu'ils envoient à Paris non point un tableau ou une statue, mais des études. C'est au retour qu'ils feront ce tableau ou cette statue. Ils auront une année pour y travailler, et une indemnité suflisantc pour subvenir à leurs besoins et payer les frais de modèle. J'insiste sur ces détails pratiques, parce que, à mes yeux, ils ont une grande importance. On ne travaille pas bien quand la misère est à la porte, et celui qui n'a pas de (juoi payer des modèles ne fera rien qui vaille. Sorait-cc trop de donner 8 ou 10 mille francs à un ai'tiste pour cette dernière année? S'il a du succès, il vend son tableau, et le voilà lancé; s'il ne réussit pas, le gouvernement a fait pour lui tout ce (ju'il devait faire; il n'a plus à s'en occuper. Ce sont 10 mille francs perdus. On achète quelquefois plus cher de mauvais tableaux, et cncoie est-on obligé de les placer (luel- (jue part. Dans mou système, le pensionnaire conscrvclait toujours la propriété de son œuvre.

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(Jiianl aux architectes, il est beaucoup plus dilliclle de leur donner de l'occupation à leur retour. Un architecte est comme un médecin : pour l'employer, on n'exige pas seulement qu'il soit savant, mais qu'il soit habile, qu'il soit heureux. Un architecte, doit être administrateur ; or, on n'apprend à le devenii- qu'en dirigeant des travaux . Dans tous les cas, je demanderais pour les architectes la prolongation de leur pension pendant une année après leur retour, et la préférence pour les places d'inspecteur qui seraient vacantes. Peut-être encore pourraientils être utilement employés au Conseil des bâtiments civils, où ils prendraient séance pour un temps. J'oubliais de dire que dans mes idées il serait absolument nécessaire d'ajouter pour eux au voyage d'Italie et de Grèce une tournée en France de quelques mois, consacrée à l'étude des monuments du moyen âge.

Je résumerai en peu de mots mes propositions, (pi'en toute humilité je soumets à l'administration. Je demande :

1° Oii'iin jury soit adjoint à l'Académie des Beaux- Arts pour les jugements préparatoires des esquisses , éludes, etc. (11 pourrait être nommé par le ministre et par les concurrents eux-mêmes) ;

2° Que les concours pour les grands prix n'aient lieu que tous les deux ans ;

3° Qu'on ne s'y puisse présenter après vingt-cinq ans;

k" Que le grand prix de paysage soit supprimé ;

5" Que la pension des lauréats soit augmentée ;

G" Qu'une pension sullisante leur soit continuée à leur retour en France pendant une année ;

1° Que les architectes pensionnaires passent quatre

années en Italie, un an en Grèce, et fassent une tournée en France ;

8° Que les graveurs pensionnaires ne passent en Italie que les trois dernières années de leur pension ;

9" Qu'un cours spécial d'architecture du moyen âge soit établi a l'Académie des Beaux-Arts, et qu'en attendant le vestiaire que je sollicite, une bibliothèque spéciale soit jointe à cet établissement.

Encore un mot sur le système d'encouragements (jui me semble le plus utile. Le dernier gouvernement, à mon avis, en avait un détestable ; c'était de commander des ouvrages d'art, en général fort mal payés, souvent des copies de tableaux anciens et même de modernes. Qu'arrivait-il ? La commande était exécutée à la hàle, presque toujours assez mal ; l'artiste, en l'exécutant, n'apprenait rien, ne gagnait presque rien, et l'administration se trouvait en possession d'un mauvais ouvrage dont il lui fallait disposer. On l'envoyait dans une province, où il enseignait cette vérité déplorable, (|u'avec un peu de protection nul, si méchant artiste qu'il fût, ne devait désespérer de vivre aux dépens- du budget.

Tel ne peut être le système que suivra le gouvernement de la république. Aux artistes d'un mérite reconnu, il faut confier le soui de décorer nos monuments ; mais point do commandes : il est rare qu'un artiste rende avec bonheur des idé'cs qui ne sont pas les siennes. Hien de mieux, après les expositions, ([uc d'acheter des (juvrages (pii t)iit obtf.'nu le snifragc du public. Aux jeunes gens (|ui monlrcnt diîs dispositions, c|(i'()n donne des allocations (jui leur pi.'rmettent de se li\rer à des éludes

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sérieuses, mais ne leur demandez encore aucune de leurs productions. Pour mériter le secours que vous leur accorderez, il sullira qu'ils travaillent à perfectionner leur éducation.

RESTAURATKJN DU MUSÉE.

RESïAljRAïION DU MUSÉE,

1fi^(9.

L'assemblée nalionale vient de voler une allocation (le deux millions pour réparer plusieurs salles du Musée du Louvre et pour faire, dans la dis-position générale des objets d'art, un grand changement, dont une expérience récente a prouvé la convenance et la m'-cessité. Sur cette somme de deux millions, la moitié s'applique à la galerie d'Apollon, qui, au pied d(! la lettre, tombe en ruines, et qu'il faut, non pas seulement restaurer, mais reprendre en sous-œuvre. L'autre moitié est destinée au parquetage des nombreuses salles dites du bord de l'eau, à la restauration des voûtes, à l'élargissement des jours, enfin à la décoration du (jrand salon et de la salle dite des Se])t, Cheminées. On sait que ces deux salles doivent recevoir, In premi(''rf' im choix do chers-d'fpuvre de loiifos les

écoles étrangères, l'autre les productions les plus remarquables des artistes français. Désormais le Louvre aura sa tribune, comme le musée de Florence. Imiter le bien partout où on le trouve est toujours une excellente chose.

Les crédits nécessaires à ces grands travaux ont été demandés à l'assemblée nationale par M. Vivien, et, pour les obtenir, il lui a sufii de dire en deux mots l'usage auquel il les destinait. Félicitons-nous de voir la France, au milieu des plus, grandes préoccupations politiques, conserver pieusement le culte des arts. Il est vrai que jamais largesse ne vint plus à propos. La galerie d'Apollon, étayée de toutes parts, offrait depuis longtemps le spectacle affligeant d'une ruine au milieu d'un palais splendide. Quant à la convenance d'une disposition nouvelle dans la collection du Louvre, l'heureux essai tenté dernièrement par M. Jeanron, directeur du Musée, a montré tout ce que cette admirable collection pouvait gagner à un arrangement judicieux et méthodique. En voyant le grand salon transformé tout à coup en un sanctuaire de la peinture, chacun s'est demandé si des Raphaëls et des Titiens devaient être suspendus sur des murailles mal crépies, et s'il était décent d'exposer tant de trésors dans une salle qui, pour la décoration, ressemblait fort à une écurie. Richesse oblige : on n'étale point un service de Sèvres sur une table de sapin ; chacun a senti qu'il fallait traiter avec un peu plus de cérémonie les grands maîtres qu'on vient de si loin admirer dans le Louvre.

La commission de l'assemblée nationale n'a poin! exigé de l'architecte un travail graphique, car, pour arriver à la meilleure disposition, à la meilleure décora-

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