‹ Mélanges historiques et littérairesChapitre 25 sur 37 · D*OUVERTURE · texte numérisé non relu

D*OUVERTURE

s^exprimaientpar des mouvements pleins de grandeur et de feu. Quand vous lisez dans un de ses manifestes aux soldats de la Ligue : <c Pour moi , a prince français, même en vous combattant, je <c vous aime tous , et je me sens affaiblir et périr « en votre sang. » Ne reconnaissez-vous pas la voix et le cdeur d'Henri IV?

Ainsi , messieurs , le seizième siècle , rapidement parcouru , nous montrera les origines et les sources primitives de la langue oratoire, la barbarie de la chaire et du barreau , l'éloquence politique naissant pour appuyer le trône du grand et bon roi. Dans cette époque, nous cherchons plutôt à découvrir les lueurs éparses du génie , qu'à distinguer les genres oratoires. Le dix-septième siècle va s'ouvrir ; et le cardinal Richelieu le prépare. C'est alors que dans les monuments de l'éloquence française nous chercherons l'imitation et le goût de l'antiquité.

Richelieu, toujours dominateur et souvent despote , voulut que l'éloquence , comme les autres arts, servit à la décoration de la puissance; il lui assigna, pour apanage, le soin minutieux de la langue , et l'étude de ce style pompeux qui s'exerce sur de vaines louanges. Ainsi , ce genre oratoire que l'antiquité estimait peu, et que Rome ne connut que dans sa décadence, sert de prélude à la plus belle époque de notre gloire littéraire.

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