‹ Mélanges historiques et littérairesChapitre 31 sur 37 · DE SAINT AMBROISE · texte numérisé non relu

DE SAINT AMBROISE

U N des hommes les plus remarquables qui aient paru dans les dernières époques de l'empire, est sans doute Symmaque. Défenseur des fables du paganisme, il fut admiré par les chrétiens. Pendant une longue vie , et sous la rapide succession de tant d'empereurs , il remplit les premières di- . gnités de l'État ; il cultiva tous les arts de l'esprit, au milieu de la barbarie qui naissait déjà de toutes parts.

Proconsul d'Afrique , préfet de Rome , prince du sénat, souverain pontife, il eut par-dessus tous ces titres la réputation de grand orateur*, et fut comparé à Cicéron. Pour nous Symmaque est im exemple curieux de l'état des lettrés et de la

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Prudentids, lib.l.

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civilisation païenne au quatrième siècle ; et à ce titre on peut l'étudier.

Symmaque était zélé pour le polythéisme.

L'histoire explique comment, au milieu de la ruine de l'empire , dans la chute de la discipline , dans l'oubli des vertus gjuerrièjres^ quelques âmes ardentes avaient pu lier les sentiments qu'elles éprouvaient au souvenir et au regret de l'ancienne religion, contemporaine de la gloire de Rome. Le paganisme , si docile sous la main des tyrai^ , tenait cependant aux plus belles époques de la ré- 'publique. Avant de s'avilir par l'apothéose d'Auguste, il s'était honoré des vertus de Scipion : et ce regret de la liberté perdue, ces nobles traditions que , depuis tant de siècles , les âmes généreuses se transmettaient dans le silence de l'esclavage , parlaient en sa faveur, et s'autorisaient des malheurs publics. Enfin cette poésie, cette éloquence, qui devaient être la consolation et le refuge des âmes élevées , étaient toutes remplies des fables et de la philosophie païennes. Lors même que le scepticisme, généralement répandu, décréditait ces ingénieux mensonges , leur séduction agissait encore , à défaut de leur autorité. Elle inspirait à des esprits , même éclairés , une sorte d'attachement pour un culte inséparable de tant de beaux souvenirs , qui faisaient le charme de leurs études. Ainsi , tandis qu'une partie de la foule ignorante

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