ET DE SMNT AMBROISE
tenait encore aux idoles de ses aïeux , regrettait 1 es fêtes licencieuses de l'ancienne religion , et ^ danS: sa haine aveugle contre les chrétiens., l^ur reprochait tous les. maux tq^'elle souffrait, (Quelques âmes généreuses, quelques esprits séduits par le charme^ de l'éloqueïice et. des lettres , s'opiniâtraient pour des fables qu'ils Jie Croyaient pas , xoais qu'ils aimaient., dont leur imagination se laissait doucement flatter, et qufils confi^ndaient avec les deux biens qu'avait perdus Rome, la gloire et la liberté.
Dans les époques successives d'une société , comme dans les différents âges de la vie de l'homme , c'est une disposition naturelle à notre esprit xl'imputer les maux qu'il souffre à l'absence des illusions qu'il a perdues. Ainsi^ philos<^he et homme d'état, Symmaque défendait, au mijieu du siècle de Théodose j le culte et la. théogonie de Numa. Des intérêts politiques animaient enr care son zèle : la fondation de Gonstantinople , cette grande époque du christianisme, avait laissé dans le peuple et le, sénat de Rome un sentiment de regret et de jalousie. Constantin avait endurci dans leurs erreurs ceux qu'il voulait punir ; et le sénat de Rome , humilié de n'être plus l'unique sénat de l'empire , marquait du moins son dépit et sa rivalité par son obstination dans le culte des faux dieux. C'était là que s'était réfugié l'or-
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gueil de l'ancienne métropole du monde. Symmaque, au premier rang des sénateurs de Rome, se trouvait engagé dans la défejnse du polythéisme, par cet intérêt commun et cet amour-propre d'une grande assemblée ^ si puissant sur l'esprit de ceux même qui la dominent. Du reste , on ne trouve dans ses écrits nulle expression de haine contre le christianisme: comme Pline le jeune, il va même jusqu'à louer la vertu des chrétiens. Ce n^est pas le seul trait de ressemblance que Ton aperçoive entre ces deux orateurs , qui , à trois siècles de distance , brillèrent dans le sénat romain. Symmaque , avec moins de goût et de pureté , travaille à reproduire l'ingénieuse élégance de Pline, plus accessible à l'imitation que la gran^ éloquence des beaux siècles de Rome. Le hasard a voulu que ces deux hommes qui, chacun dans leur temps , parurent le modèle de l'éloquence, ne nous soient guère connus que par un recueil de lettres *. Les lettres de Symmaque respirent également le goût de l'étude et de la vertu; quelques-unes sont adressées à Ausone,
* M. Angelo Maio, si justement célèbre par ses précieuses dccouTertes , et par ses manuscrits palimpsestes , a trouve et publié quelques fragments des panégyriques de Symmaque. Mais ces débris d'un genre d'ouyrage insigniGant par lui-même n'offrent aucun intérêt pour Phistoire ou pour le goût. Que faire aujourd'hui de compliments adressés à Valentinien ou à Gratien ?