‹ Mélanges historiques et littérairesChapitre 9 sur 37 · I 34 NOTES · texte numérisé non relu

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idée bien claire de la monarchie , « parce qu'ils ne connaisu saient pas le gouvernement fondé sur un corps de noblesse, « et encore moins le gouvernement fondé sur un corps légis- « latif formé par les représentants d'une nation. t> Cette seconde assertion est d'une exactitude rigoureuse. On a souvent cité le passage dans lequel Tacite parle de la réunion des trois éléments du pouvoir, comme d'une belle idée dont la réalité lui paraissait impossible ; et M. de Chateaubriand n'a pas craint d'avancer que , « chez les modernes , le système M représentatif était au~nombre de ces trois ou quatre grandes M découvertes qui ont ci^é un autre univers, m Cependant, on se ferait une fausse idée de l'antiquité , M l'on supposait qu'elle n'a connu que la république ou la tyrannie. Aristote , dans ses ouvrages , a parfaitement distingué la royauté de la tyrannie. Il est vrai qu'il établit* cette différence plutôt par le caractère des princes et par la force des moeurs , que par des institutions fixes et réglées. L'antiquité, en reconnaissant la monarchie héréditaire et tempérée, n'a jamais essayé de mettre en pratique cette distinction de trois principes qui se mêlent et se modifient dansi un setd gouvernement. Cependant , on trouve dans les écrivains grecs de belles idées sur la nature du pouvoir monarchique. Les philosophes de la Grande -Grèce' s'étaient particulièrement occupés de cette question ; comme Fénélon , ils s'adressaient surtout à l'ame des rois. Ils faisaient de la royauté une sorte de providence terrestre qui devaient suppléer à l'imperfection et à l'imprévoyance des hommes. Ces idées étaient prises sur le modèle de la puissance paternelle, ennoblie par une bienfaisance plus étendue et par une sorte de vocation divine.

M. Hume , dans un de ses traités , a réuni toutes les vengeances, tous les meurtres, toutes les proscriptions, tous les supplices qui souillèrent le plus bel âge des républiques de l.i

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Grèce ; et ce calcul confond l'imagination et fait frémir l'humanité. On conçoit sans peine qne des esprits calmes et doux, témoins, de tant de crimes produits et excusés par les passions» de la liberté , aient vu dans la force d'une autorité tutélaire la perfection idéale de la société , et que la philosophie ait réclamé dans l'antiquité l'ordre et le repos, comme elle demandait parmi nous l'indépendance. D'ailleurs , depuis l'axiome vulgaire de Platon , la philosophie se croyait intéressée au maintien des trônes dont elle devait hériter tôt ou tard. Stobée nous a conservé des fragments de trois Traités sur la monarchie, composés par des philosophes de l'école italique. Tous ces morceaux respirent la sublimité morale que l'on remarque dans Platon. Je n'en citerai qu'un seul ^ tiré de Sténida , pythagoricien. Je le traduis avec une rigoureuse fidélité.

tt Un roi doit être un sage : à ce prix seulement il sera M vénérable et paraîtra l'émule de Dieu lui-même. L'un est « le premier roi , le premier maître ; l'autre le devient par u naissance et par imitation. L'un commande partout, l'autre « sur la terre s l'un règne et vit toujours , possédant la satt gesse en lui-même ; l'autre n'a qu'une science passagère. « Il imitera surtout Dieu , s'il est facile , magnanime , satis- « fait de peu de chose pour lui-même, tandis qu'il montre à « ses sujets une ame paternelle. En effet , si Dieu est regardé « comme le père des dieux, comme le père des hommes, c'est « particulièrement à cause de sa douceur pour tout ce qui « respire sous sa loi , c'est parce que jamais il ne se lasse , et « ne néglige son empire , c'est parce qu'il ne lui a pas suffi « d'être le créateur de l'univers , s'il n'était encore le nour- " ricier de toutes les créatures, le précepteur de toutes les « vérités, et le législateur impartial du igenre humain. Tel « doit paraître le mortel destiné à commander sur la terre et

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