CHAPITRE XIII
LKS RUS8K8 8*MIPABBIfT DBS ÎLES lOIflENlfBS, BT LBOB DOlVlfBICT DUB COH-
8TITDT10H. RODVBLLB BNTBBPBI8B IttS 8O0LIOTB8 BltVOGlliS ▲ GOBFOD.
• — MOTATIOlfS FB^QDBUTBS DB LA BàPUBLIQUB SB PT- 1 M 80 Ll IBS SOOS LB POO-
VOIB DBS B0SSB8. — BLLB BST CÉDÉE A LA FBANCE. PBOGBÈS DU COM-
MBBCB DK8 CBEC8. PB08PÉBITÉ d'AYDEA. NOUVELLE DISPOSITION
d'bSPBIT PAEHI les GBBC8.
Les Français , pendant Toccupation de Corfou , ' avaient fait tenir aux Souliotes de la poudre et des armes. La seule présence des garnisons de la France républicaine dans les îles adriatiques était un encouragement à tous les Grecs "opprimés. Aussi la Porte , sans espoir de prendre pour elle-même cette ancienne possession de Venise , fit-elle tous ses efforts pour y appeler au moins d'autres maîtres que les Français. Dans ce dessein elle fit alliance avec la Russie. La France avait à peine eu le temps de faire briller les idées de liberté , cortège et talisman de ses victoires, lorsque les escadres confédérées de la Russie et de la Porte vinrent bloquer Corfou, qu'une faible garnison ne put défendre. Telle fut cependant Theureuse influence de ce passage des drapeaux français dans la Grèce que les deux puissances victorieuses se crurent obligées de reconnaître Tindépendance de Corfoy, Cephallonie, Zante, Cérigo, Ithaque, Paxos et Leucade, sous
SUR LÉTÂT DBS GRSGS. 269
le nom de république des Sept-Iles. L amiral russe Ouzakoff leur offrit lui-même une constitution qui devait être ratifiée par le sultan. Quelques nobles de Gorfou', chargés de la porter à Constantinople , en substituèrent une autre que le divan prit pour bonne , et qui fut exécutée au retour des envoyés.
Malgré le droit d'investiture si singulièrement attribué à la Turquie sur la république des Sept-Iles, Gorfou, protégé par la Russie, était un asile pour les ennemis de la Porte , et particulièrement pour les intrépides Souliotes.
Photos et les siens s'y réfugièrent d'abord : Bpt-^ zarisles y rejoignit avec les restes de sa troupe. De-là ils ne tardèrent pas à former de nouvelles entreprises >pour rentrer dans leur patrie. Ils se liguèrent avec les agas turcs du canton de Ghamouri ; et secondés par le gouvernement russe , qui leur donna des vivres, des munitions et de l'argent , ils descendirent sur la cote d'Albanie, battirent les troupes d'Ali, et reprirent Zalongos, ancien théâtre de leur courage et de leurs souffrances. Après de nouveaux exploits, ils furent cependant forcés de revenir à Parga. Ils entrèrent alors dans un régiment au service de la Russie. La femme de Photos y fut admise dans le grade de major ; et elle combattait près de son mari, dans la campagne de Naples en i8o5*
Cependant l'oppression légale des nobles du pays sembla bientôt au peuple de Gorfou plus importune que le joug étranger. Une escadre moscovite
reparut devant la république , avec un ministre plénipotentiaire qui venait surveiller sa liberté. Ce ministre apportait une nouvelle constitution qui faisait un partage plus équitable entre les nobles et le peuple. Elle créait un pouvoir exécutif, un sénat, un corps législatif, un tribunal de censure et des assemblées électorales , belles expressions qui se réduisaient toutes à l'autorité souveraine du commis* saire moscovite. 11 avait pour associé tin plénipotentiaire turc, singulier spectateur de cette comédie républicaine , dont la politique russe avait seule le mot. L'action compliquée de tous les ressorts par lesquels passait la volonté du gouvernement russe, fatigua l'impatience naturelle au pouvoir absolu. Les Grecs de Corfou, malgré la souplesse contractée dans une longue servitude, avaient trop d'esprit pour ne faire absolument aucun usage de la liberté qu'on leur donnait. Quelques voix se firent entendre parmi eux. La petite constitution fut aussitôt supprimée , et remplacée par une autre plus simple , à laquelle le ministre moscovite faisait de fréquentes réparations ^ d'après les notes de sa cour. Tandis que la Russie s'arrêtait à ce jeu assez extraordinaire de la part d'une telle puissance , les vaines formes qu'elle avait créées attiraient l'attention des Grecs du continent et des îles ; et le mensonge dont s'amusait le pouvoir absolu servait à la liberté. Ainsi, par une fatalité remarquable , la puissance qui a si sévèrement condamné l'héroïque résistance des
Grecs avait semé parmi eux tous les sentimens , et même toutes les idées, toutes les théories qui Font £ait naître.
Le cabinet de St.-Pétersbourg songeait à donner aux Sept-Iles une quatrième constitution. Mais les événemens mémorables qui agitaient l'Europe firent passer la république sept-insulaire de la tutelle des Busses sous celle de la France. A la suite de la grande guerre de 1806, le traité de Tilsitt, dans le vaste partage qui fut attribué à lempire français, comprit cette conquête de nos armées dltalie. La despotique unité que le chef de Tempirè étendait alors partout ne s'accordait pas avec les simulacres républicains , dont le plénipotentiaire russe avait amusé les Grecs de Corfou.
On ne laissa dans les Sept-Iles qu'un petit sénat de douze personnes sans aucun pouvoir. Du reste, ladmiolstration française se montra douce et tutélaîre. Elle plut à l'esprit grec par ce prosélytisme des arts , et ces institutions scientifiques qu'elle portait au moins avec elle , depuis qu'elle ne propageait plus l'esprit de liberté.
Le souvenir du sage et habile général Donzelot est encore honoré dans ce pays , passé sous le pouvoir britannique. L'académie ionienne , dont il fut le protecteur, en même temps qu'elle répandait l'instruction , servit à nourrir de généreux sentiraens.
On entreprit d'utiles travaux pour embellir la
ville de Corfou. Des routes furent commencées^ d'importantes fortifications furent achevées. Les tribunaux que Tancienne autorité de Venise avait laissés dans le plus honteux désordre subirent de sages réformes. Quelques usages barbares disparurent; les meurtres, jadis très-fréquens, rachetés à prix d'argent et quelquefois d'avance , sous le gouvernement corrompu de Venise , furent prévenus avec une fermeté si salutaire * que l'île de Zante, où l'on comptait par an plus de deux cents homicides, en vit à peine cinq à six pendant deux années de domination française.
La république ionienne, ou plutôt la province française des sept îles, aurait prospéré sans l'interruption et les pertes qu'éprouva son commerce par laJongue hostilité de l'Angleterre et de la France. Et même , dans cette situation malheureuse , toujours bloquée et plusieurs fois assiégée par les Anglais, elle fit d'incontestables progrès utiles à toute la nation grecque. Un bataillon de ces héroïques Souliotes, poursuivis avec tant de fureur par Ali pacha, servait dans la garnison de Gorfou, et y faisait admirer même à des soldats français sa discipline et son courage.
Une heureuse alliance se formait entre les Français et les Grecs ; et cette communication doit être comptée parmi les causes qui élevaient insensible-
* Mémoire communiqué par M. Betsifires , commitsaire impértal « Corfou^
SUR l'État des grecs. 273
ment l'esprit de la nation grecque , et la préparaient pour de nouvelles destinées*
Les événemens de l'Europe, depuis la paix de Tîlsitt jusqu'à l'année 18149 n'avaient sur les autres parties de la' Grèce qu'une influence indirecte. Mais «ette influence leur fut singulièrement propice. Le •commerce anglais expulsé d'une partie du oonllnent., et les vaisseaux français expulsés de la mer, favorisaient doublement l'activité et les entreprises des armateurs grecs. Us héritèrent de presque tou^t le commerce du Levant que faisait autrefois Marseille; et, prenant tour à tour le pavillon russe ou turc, ils vinrent négocier dans tous les ports de TEurope.
De là, de grandes et rapides fortunes, et avec elles un nouveau besoin d'indépendance. Le rocher d'Hydra se couvrit de maisons régulièrement bâiies, dont l'intérieur était orné avec l'élégance de «nos arts. En même temps, les marins grecs demeuraient sobres, actifs, industrieux. Leur navigation était rapide et peu coûteuse. Ils étaient les facteurs de toute la Méditerranée; et ils allaient jusqu'à New-Yorck et Washington.
Les négoctans grecs qui présidaient à ces entreprises élevèrent de riches maisons de commerce à Malte et à Londres. Toute cette marine marchande de la Grèce , formée de grandes barques et de petits vaisseaux, semblait peu redoutable. Mais elle était montée par une race d'hommes chaque jour
274 ^SSkl HISTORIQUE
plus conQante et plus intrépide ( et cependattt les forces navales des Turcs s'affaiblissaient y parce qiie les insulmres grecs, qui en formaient là meilleure partie , s'échappaient pour aller servir sur les vaisseaux de leurs compatriotes.
Cet état de choses .annonçait une crise inévitable, qui n'aurait pas trompé la prévoyance d'un gouvernement plus actif et mieux averti que celui de la Porte. On ne peut douter qu'il n'ait eu lui-même, à ce sujet, quelques inquiétudes; et l'on doit croire que les Grecs riches et éclairés qui vivaient à Consteintinople ne voyaient pas. non plus sans alarmes l'approche* d'un événement qui pouvait tout perdre ou tout sauver. Quelques-uns de ces Fanariotes eraignaient pour leur luxe et pbur leurs richesses. Le haut clergé grec éprouvait le même sentimeat de défiance sur l'avenir. Il comprenait le danger d'avertir trop tôt les Turcs par des démonstrations imprudentes 9 ou de précipiter le mouvement, déjà si rapide, de la nation. C'est par-^là que Ion doit expliquer quelques tentatives du patriarche Grégoire pour restreindre l'enseignement des nouvelles écoles de la Grèce , et modérer le patriotisme dont «liés s'animaient à la lecture des grands génies de l'antiquité grecque. Quelques négocians, tout occupés de leurs entreprises lucratives, redoutaient aussi les chances aventureuses d'une insurrection. Enfin, ceux qui, sous la domination des Turcs, exerçaient quelque part d'autorité sur leurs conci-
SDR LBTAT DES GRECS. iJ^5
toyens , étaient moins pressés de rompre un joug dont \ls ne sentaient pas tout le poids.
Ce sont là les sentimens divers que l'on peut voir exprimés , avec une amertume an peu satirique , dans un poëme composé par un Grec 9 il y a près de vingt ans *. Cet ouvrage » intitulé dune panière assez bizarre, le Russe Angto^FrançaU ^ met en «cène trois voyageurs appartenant aux trois grandes nations de TEurope, ^t qui s'entretiennent successivement avec des Grecs de différentes conditions.
Le premier qu'ils rencontrent est un archevêque, qui répond avec ass«z de sang-froid à leyrs exclamations sur les malheurs et l'abaissement de la Grèce. «Depuis que je porte cette robe noire, ditnil, je ne me suis pas aperçu des maux dont vous » parlez. D'ailleurs, si la Grèce souffre sansseplain- » dre , c'est une mortification méritoire qui raohè- > tera ses péchés. » L'archevêque ajoute en même temps que le peuple grec commence à rêver la liberté , et à dire que le Christ la veut ; mais il se retranche dans une sorte de quiétude, satisfait et consolé' pourvu que les dîmes soient abondantes.
A cette première peinture que , d'après le dévoûment sublime de tant de prêtres grecs , on doit accuser d'injustice, l'auteur fait succéder une satire plus vive et plus vraie de l'égoisme et de l'orgueil des Grecs devenus seigneurs en Valachie. « Que vou-
* fVmianu Leake>*i Researchet into Grepc€.
276 ESSAI HlSTORIorK
» lez-vous? répond uç de ces princes aux trois voya- 9 geurs : je tyrannise et je dépouille les Grecs pour 9 plaire au divan et pour garder ma tête. » Puis il rompt brusquement l'entretien^ étant pressé, dit-il, de se rendre à son harem , où lune de ses femmes doit recevoir la visite et les présens d un boyard de la province.
Un peu découragés par ces réponses, les trois voyageurs abordent dans la suite un nouveau personnage , qu'à son air grave et soucieux ils tutoient plus occupé des intérêts de son pays : c'était un marchand. Il leur avoue tout naïvement qu'il ûe songe nullement à la Grèce. « Le.su jet de iùon inquiétude,
• c'est, dit -il, le retard de mes vaisseaux, et les car- » gaisons que j'attends de Barbarie et de France. Voilà »ce qui m'empêche de dormir. Je prête de l'argent, » pour qu'il me rentre à gros intérêts , ou je l'enfouis » quand je ne puis faiîi^e mieux. Il y a des gens qui
• jettent le leur sut* la nation et sur les écoles, pour » les réveiller; mais c'est le petit nombre ; et ils n'ont » pas assez de fonds pour réussit*. »
« Enfin nous ne trouvons aucun homme qui aime
• son pays, s'écrient les voyageurs. Approchons, et
• voyons ce que dira ce personnage qui fronce le
• sourcil, et agite sa main avec colère. Il est de ceux » que les Turcs appellent Codgia BaschL
• Salut, président. Pourquoi paraissez -vous si i> troubler Qui vous a fait injure? »
— « Hélas ! répond le primat , les gens de ma na-
SI3R l'État bes grecs. 277
» lion me persécutent. Ils disent que je les ai dé- >pouil]és. La vérité, c'est que j'ai été àNaxos pen- »dant trois ans. J'avgouverné la province comme il 9 me plaisait. Si J'en ai tiré par force beaucoup d'ar- »gent, je le rendais aux Turcs, eA contributions. Et B maintenant, parmi leâ Grecs, les uns veulent me 9 brûler, et les au^re^s v[^e pendre ;. mais je leur ferai «connaître qui-Je.&uis; et petits et grands se sou- »mettjront,à mpL C'est pour cela que je cours vers »Us Turcs,, ».>
Les voyageurs s éloignent alors, blessés d'un tel egoïsme. 11$ rencontrent sur leur passage une femme d une taille majestiiejuse, niais couverte de vètemens en lambeaux^ lisible, baignée dç larmes, et les mains chargées de fers;, jnterrogéjB par eux sur son malheur, elle leur, répond qu'elle est la Grèce ellemême. Elle accueille avec un sourire d'indignation la stérile pitié des voyageurs, et leur empressement àbl^mer l'indifférence du peuple grec. « Les blessu- «resquemefont mesenjEans, dît-elle, sont cruelles, » mais involontaires j elles viennent de l'excès de leurs 9 maux. Mais comment oublierai-je, étrangers, que ft c'est; vous.qi^i, saps nécessité, avez causé mes plus » grands malheurs? La Russie a déclaré trois guerres, ïkêt de toutes parts appelé mes enfans. En écrit, elle «promettait de les délivrer ; elle en a fait périr bean- »coup dans sa cause , et a laissé, les autres plus mal- »heureux qu'ils n'étaient auparavant. La France vint » aussi proclamer ma liberté et approcha de mes fron«
278 ESSAI HISXORIQLB
^tières; mais ]a Russie et TAûgleterre acooururent »pour l'en arracher, I une parce qu'elle est payée , » l'autre par la vaine gloire, de sauver les Turcs et de nm'immoler.
» N'êtes-vous pas les hommes qui avez reçu de si » sages leçons par la voix des grands génies, mesprenmîers enfans?Sanseu^ vous seriez encore aujour- » d'hui les esclaves de l'ignorance; et maintenant, si • vous me délivrez d'une tyrannie sacrilège, vous en- » tendrez une voix nouvelle sortir de mon sein ; vous » verrez briller une nouvelle lumière dans cette pa- «trie des arts, que vous méconnaissez parce qu'elle » est défigurée par l'esclavage. »
Cette satire, fort piquante dans l'original, est sans doute l'ouvrage de quelque jeune lettré qui voyait avec impatience la lenteur etla circonspection des classes les plus élevées parmi les Grecs. Au fond, sous des formes diverses, le mouvement des esprits vers la liberté était général dans toute la Grèce. On en retrouve la trace dans les récits des voyageurs les plus modernes. Si quelques primats grecs , par habitude ou par timidité , se montraient, devant les étrangers , favorables au pouvoir des Turcs , leurs fils * éclataient en menace3 contre ce joug détesté. L'idée la plus commune parmi les Grecs était queles peuples de l'Europe s'occupaient de les affranchir. Tout voyageur anglais leur semblait un en-
* J classical and lopographicat tour through Greece, by Dodweli,
voyé qui veôaît observer le pays dans cette intention.
Parmi lés hommes qui visitèrent la Grèce à cette époque , it faut compter un illustre Français , qui , dans une course rapide / jetant le coup-dœil du génie sur cette poétique et malheureuse contrée , peignit , avec l'immortel édat de ses couleurs , 4e contraste-de ce beau ciel , de ces grands souveniipis , et de cette dure oppression. Tandis qua des voyageurs anglais venaient détacher pierre' à pierre les ruines du Parthénon, et pillaient, pour ainsi dire, le tombeau -de la Grèce, Téloquent auteur de Vltinéraire semblait la ressusciter pour nous par sa vive imagination et ses regrets sublimes. Dans la désolation de cette terre à demi dépeuplée , au milieu de ces décombres modernes que Tindolente tyrannie des Turcs laissait partout s'amonceler sur les débris antiques-, \\ apercevait le principe destructeur qui dévorait leur funeste empire. Tout à ses yeux était mort dans la Grèce , excepté la religion qui devait la ranimer et l'affranchir ; et, quand il invoquait la foi des martyrs dans la patrie des héros, les vœux échappés de son âme génére^ise devenaient la prophétie de la politique et de la raison.
Il est à remarquer cependant, que plusieurs des causes qui préparaient l'affranchissement de la Grèce étaient encore obscures ou mal connues. Les klephtes, qui devaient être les premiers libérateurs de leur patrie , n'étaient désignés par tous les voyageurs que comme de malheureux brigands.
a80 £SSAI IIISTORIQCK :
Ali pacha parut même les avoir exterminés , en même temps qu'il détruirait presque partout la milice grecque des armatoles. Le fils de ce visir, le féroce Yeli , nommé pacha de la Morée, appesantit plus, que jamais l'esclavage des habitans. Les actes de rapine, de concussion, de violence, se multiplièrent jusqu'à la chute de ce tyran; et Ton vit, ce qui avait eu rarement lieu depuis la cx>nquâtte, quelques villages grecs adopter l'islamisme , pour se dérober à l'excès des m^ux qui les acçablaieut.x
SUR LETAT DES GllECS. 2Sh
,-,...,,. j j LJ M