DE PLUTARQUE
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DE PLUT ARQUE
ET
Les écrits de Plutarque, dit Montaigne , à les bien savourer , nous le découvrent assez; et je pense . le connaître jusque dans l'âme; si voudrais-je que nous eussions quelques mémoires de sa vie.
Ne seraitron pas curieux en eflfet d étudier la vie de ce grand peintre des hommes , et satisfait de pouvoir distinguer sûrement dans ses ouvrages ce qu'il reçut de Texpérienee , et ce qu'il apprit par la réflexion? Montaigne eût voulu savoir sur Plutarque , ce que Plutarque lui-même nous apprend sur tant de grands hommes, ces petits détails, ces traits de mœurs qui font revivre la nature humaine dans l'histoire. Si cette description minutieuse plaît singulièrement par le contraste , lorsqu'il s'agit des grands acteurs de lascène^du monde, elle fait tout l'intérêt des conditions obscures, ou qui n'ont eu que le paisible éclat des lettres et de la philosophie.
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Les temps où a vécuPlutarque donneraient plus de prix encore à cette connaissance de sa vie privée. Gomment , sous le double joug de la conquête et du despotisme, dans la Grèce esclave de cette Rome qui devenait elle-même la vile esclave des Domitien, s'est formée cette âme libre et fière qui comprenait si bien les vertus des républiques? La philosophie de Plutarque n'offre pas moins de problêmes à l'esprit. Elle fut témoin de la décadence du polythéisme ; elle fut contemporaine des premiers efforts d'une religion sainte qui , prêchée d abord par des /uifs et des Grecs, semblait, au milieu de sa nouveauté sublime, résumer les plus belles spéculations de la philosophie, emprunter au platonisme quelque chose de ses dogmes ^ au stoïcisme ses rigides abstinences , à quelques républiques anciennes leur communauté de biens , et leur fraternelle démocratie.
Plutarque, l'un des écrivains de l'antiquité le plus connu , le plus cité , et pour ainsi dire le plus populaires, naquit en Béotie, dans la petite ville de Chéronéé, qu'il ne faut pas confondre avec cette autre Chéronéé, trop fameuse par la victoire de Philippe, et l'asservissement de la Grèce.
On ignore l'année précise de la naissance de Plutarque ; mais il nous apprend lui-même qu'il suivait à Delphes les leçons d'Âmmonius au temps du voyage de Néron dans la Grèce ; ce qui se rapporte à Tau 66 de notre ère. Ain^i Ion peut conjecturer qu'il
naquit dans les dernières années de l'empire de Claude , vers le milieu du premier siècle. Plutarque sortait d une famille honorable ^ où le goût de l'étude et des lettres était héréditaire. Dans son enfance il vit à la fois son père , son aïeul et son bisaïeul ; et il fut élevé sous cette influence des vieilles moeurs, et dans cette douce socfiété de famille, qui sans doute contribua pour quelque chose au carac-^ tère de droiture et de bonté que Ton aime dans ses écrits.
Il avait conservé souvenir de son bisaïeul Nicarchos , et des vives peintures que ce bon vieillard lui avait souvent faites des malheurs de sa patrie , lorsque le triumvir Antoine, dans sa lutte contre Octave, ayant amené la guerre sur les mers de la Grèce, épuisa de contributions tous les pays voisins, et força les habitans de Chéronée d'apporter sur leurs épaules, jusqu'au rivage, des blés pour sa flotte. Il rappelle avec complaisance son grand-père Làmprîas , dont il admirait l'éloquence , la brillante imagination et la gaîté, le verre à la main , dans un petit cercle de vieux amis. Il rapporte même un mot que Lapiprias aimait à dire et à justifier par le fait : « C'est » que la vapeur du vin opère sur l'esprit, connue » le feu sur l'encens , dont il détache et fait évapo- » rer la partie la plus subtile et la plus exquise. »
Quant à son père, Plutarque le vante beaucoup pour la vertu , la modestie , la connaissance des choses sacrées, l'étude de la philosophie et des poëtes;
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et il cite avec respect plus d'un bon conseil quil avait reçu de lui dans sa jeunesse. Plu4arque eut aussi deux frères qu'il aima tcadrement , Lamprias et Tinon. Dans 1 école d'Ammonius- qu'il suivit fort jeune 9 et ou il se lia d'amitié avec irn descendant de Thémistocle , il apprit les mathématiques et h philosophie. Sans doute 11 avait également étudié sous des maîtres habiles^^ toutes les parties des belleslettres. Ses ouvrages montrent assez (jue la lecture des poëtes avait rempli sa mémoire.
11 paraît que fort jeune encore, il fut employé par ses concitoyens à quelques négociations avec des villes voisines. Le même motif le conduisit à Rome, où tous les Grecs , doués de quelque industrie et de quelque talent, venaient régulièrement, depuis plus d'un siècle , chercher la réputation et la fortune, en s'attachant à quelques hommes puissans, ou en. donnant des leçons publiques de philosophie et d'éloquence. Plutarque, on ne peut en douter, ne négligea pas ce dernier mayen d'acquérir de la célébrité. Il avoue lui-même que pendant ses voyages en Italie , il ne put trouver le temps d'apprendre assez à fond la langue latine , à cause des affaires publiques dont il était chargé, et des conférences qu'il avait sur les matières philosophiques avec les hommes instruits qui venaient le consulter et l'entendre. Il parlait, professait dîins sa propre langue, suivant le privilège qu'avaient conservé les Grecs d'imposer leur idiome à leurs^ vainqueurs, et d'en
faire la langue naturelle de la philosophie et des lettres.
Ces leçons publiques, ces déclamations furent évidemment la première origine , la première occasion des nombreux traités moraux de Plutarque. Le philosophe de Chéronée exerça dans Rome cette profession de sophiste dont le nom est devemi presque injurieux, et dont lexisteace seule semble indiquer une décadence littéraire , mais qui fut plus d'une fois illustrée dans Rome par de grands talens et par la persécution. On sait que , sous les mauvais empereurs , dans l'esclavage public , la philosophie était le seul asile où se réfugiait la liberté bannie du forum et du sénat. La philosophie avait servi jadis à' perdre la république ; elle n'était alors qu'un vain scepticisme, dont abusaient les ambitieux et les corrupteurs. Par une vocation meilleure , elle devînt plus tard une espèce de religion qu'embrassaient les âmes fortes. Il fallait le secours d'une sagesse qui apprît à mourir : on invoqua le stoïcisme.
Plutarque, le plus constant et le plus dédaigneux ennemi des doctrines épicuriennes ; Plutarque , l'admirateur de Platon et son disciple dans la croyance de llmmortalité de l'âme , de la justice divine et du bien moral , enseignait des vérités moins pures que le christianisme, maïs qui convenaient au besoin le plus pressant des âmes élevées. Il nous , apprend lui-même quels illustres Romains assis-
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taient à ses leçons. « Un jour , dit-il , que je décla- » mais à Rome , Arulenus Rusticus 5 celui que Do- » miUen fit mourir pour l'envie qu'il portait à sa » gloire, était présent, et m'écoutait. Au milieu de » la leçon , il entra un soldat , qui lui remit une » lettre de l'empereur. Il se fit un silence ; et moi- » même je m'arrêtai, pour lui donner le temps de » la lire ; mais il ne le voulut pas, et n'ouvrit point » la lettre avant que j'eusse achevé mon discours, » et que l'auditoire se fût séparé. » Cet Arulenus est celui que Tacite â tant loué, celui que Pline Je jeune nomme souvent, avec une religieuse admiration , l'ami de Thraséas et d'Helvidius, et ^gne de mourir comme ces deux grands hommes.
On ne sait si Plutarque prolongea son séjour en Italie, jusqu'à l'époque où Domitien bannit, par un décret, tous les philosophes. Les savans ont pensé qu'il alla plusieurs fois à Rome, mais qu'aucun de ces voyages n'eut lieu depuis le règne de cet empereur. Ce qui parait assuré, c'est que Plutarque revint , jeune encore , se fixer dans sa patrie , et qu'il y resta dès-lors, sans interruption , par une sorte de patriotisme , et pour faire jouir ses concitoyens de l'estime et de la faveur qui pouvaient s'attacher à son nom. Il s'était marié , et avait choisi sa femme dans une des plus anciennes familles de Chéronée : elle s'appelait Timoxène. Il parle de sa famille avec cette effusion de tendresse qu'une âme douce et pure afoute encore à la force du sentiment paternel. Deux
de 9es enfans et sa fille mourarent presque au berceau.
Plutarque ea a éternisé le souvenir^ dans une lettre de consolation qu'il écrivit à sa femme , et où respire cette vérité , et cette simplicité de douleur qui sied si bien aux esprits les plus élevés ; il trace un portrait des vertus d'une épouse et d une mère , en y mêlant cette teinte de mœurs antiques et ces allusions poétiques qui donnent un si grand attrait à la lecture de ses écrits. Plutarque qui a composé un traité sur l'amour conjugal , et qui seul des anciens nous a transmis l'admirable histoire d'Ëponine et de Sabinus, parait avoir connu, dans toute sa pureté^ le bonheur de cet amour dont il a célébré les devoirs et rhéroîsme.
On trouve, à ce sujet, dans ses ouvrages une anecdote charmante et qui semble bien plus digue de l'ancien âge d'or de la Grèce, que du siècle de fer de Domitien. Plutarque peu de temps après son mariage eut quelques démêlés avec les parens de sa femme , gens difficiles , ou intéressés peut-être , ce que nous nous gardons bien de juger. La jeune femme^ inquiète de ces petits débats , et craignant la plus légère atteinte à la douce union où elle vi-vait avec son mari , le pressa de venir sur le mont Hélicon, faire un sacrifice à l'amour, qui, dans la gracieuse théologie de l'antiquité, n'était pas seulement, comme on le. croit d'ordinaire, le Dieu des amans et le gardien des sermens passagers ^
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mais qui étendait son pouvoir à tous les liens de famille, à tous les sentimens afiectueui, et était même chargé de maintenir dans le monde physique la concorde et l'harmonie.
Plutarque consentit à ce pieux voyage , et accomj!»agna sa femme, avec quelques-uns de ses amis. Ils sacrifièrent sur l'autel du Dieu , et revinrent avec cette douce paix du cœur que le voyage seul était bien fait pour inspirer. De tels récits s'accordent peu avec une anecdote que raconte Aulu-Gelle.
Plutarque , selon ce récit , faisait battre de verges un esclave coupable de quelque faute. L'esclave , au milieu de ses gémissemens , s'avisa de reprocher à son maître que cette violence prouvait en lui peu de philosophie , et de lui objecter an beau traité contre la colère , qu'il avait composé , et dont il se souvenait si mal.
«Comment, malheureux! lui dit Plutarque d'un » ton calmé , me crois-tu en colère, parce que je te » fais punir? Mon visage est-il enflammé? M'échappe ») t-il aucun mot dont je doive rougir? Ce sont-là les 9 signes de cette colère que j*ai interdite au sage. • En même temps le philosophe , se tournant vers l'exécuteur du châtiment, lui dit, suivant le récit d'Aulu-Gelle : « Mon ami , pendant que cet homme -» ,et moi nous discutons , continue toujours ton of- D fice. » Il y aurait dans ce bon mot plus d'esprit -que d'humanité.
Plutarque semble nous apprendre lui-même qu'il
n'avait ni tant de patience , ni tant de rigueur. « Je » m'étais , dit-il , emporté plusieurs fois contre mes « esclaves ; mais à la fin je me suis aperçu qu'il valait » mieux les rendre pires par mon indulgence que de » me gâter moi-même par la colère , en voulant les
» corriger. »
Nous préférons croire à cet aveu , et il s'accorde davantage avec Je caractère universel de bienveillance, avec celle espèce de tendresse d'âme que Plutarqne montre dans* ses écrits, et qu'il étend jusqu'aux animaux. Celui qui disait de lui-même, qu'il n'aurait voulu pour rien au monde vendre un bœuf vieilli à son service , pouvait-il plaisanter sur le supplice d'un esclave?
Plutarque , pendant le long séjour qu'il fit dans sa patrie , fut sans cesse occupé d'elle. Jaloux avec passion dç l'ombre de liberté qui restait à ses concitoyens, sous l'abri de la conquête romaine, il les invitait à terminer leurs affaires et leurs procès par la juridiction de leurs propres magistrats , sans jamais recourir à la haute justice du proconsul ou du préteur» Pour leuï* donner l'exemple , il remplit luira ênde avec zèle, dans Ghéronée, tontes les fonctions , toutes les charges publiques de ce petit gouvernement municipal, que Rome laissait aux vainbus. Non-seulement il fut archonte , ce qui était la pre^ mîère dignité de la ville ; mais il exerça long-temps avec exactitude et avec joie un oflBce inférieur, une
certaine inspection de travaux publics, qui lui .clon- T. II. aS
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Dait le soin, nous dit-il, de mesurer de la tuile, c*t d'inscrire sur un registre les quantités de pierres qu'on lui présentait. Tout cela se rapporte fort peu à la supposition d'un auteur ancien , que Plutarque fut hofioré du consulat, sous Trajan» Ce conte de Suidas est assez démenti par le silence de l'histoire , et par les usages des Romains.
Une autre tradition plus récente, qui fait Plutarque précepteur de Tra jan , ne semble pas nstieux fondée; il a seulement dédié un ouvrage à ce prince* Mais un emploi que Plutarque parait avoir rempli pendant .longues années, c'est la prêtrise d'Apollon Pythien. « Tu sais, dît-il dans un de » ses traités , qu'il y a déjà, plusieurs pythiades » que j'exerce le sacerdoce d'Apollon. Toutefois » je pense que tu ne voudrais pas me dire : Plu* jf tarque, tu as assez sacrifié ; tu as conduit assex » de processions, assez mené les danses autour de » l'autel; maintenant que tu es vieu^^ il est temps »- de quitter la couronne que tu as sur la tête, et » d'abandonner l'opacle., à cause de ton âge avancé.» Plutarque s'était aussi fait ipitier, avec sa femme, à la confrérie de Baccbus ^ mystique réunion , où l'on enseignait le dogme de l'immortalité de l'âme ^ et celui des peines et des récompenses à venir.
L'époque de la mort de Plutarque n'est pasexac* ^e^siçi^t CQunue ; mais probablement il vécnt et philosoph«l jusqu'à la vieillesse, comme l'indiquent et
le caractère de quelques-uns; de ses écrits , et plu* sieurs anecdotes qu'il y raconte.
On aime à se le représenter, plein de jours et d ex>périenôe, au milieu de ses concitoyens émus , racontant les traditions de l'ancienne Grèce et les exploits des héros avec ces paroles abondantes et cette gravité douce que nous admirons dans ses écrits.
Les ouvrages dé Plutarque » par leur étendue , autant que par la variété des objets qu'ils embrassent, présentent le plus vaste répertoire de faits, de souvenirs et d'idées que nous ait transmis l'antiquité. Produits dans des jours de décadence littéraire » ils sont cependant remarquables par le style çt l'éloquenccb On y sent renaître par intervalle le beau génie de la «Grèce antique. On Ty sent à toutes ses époques^ ^avec tous ses caractères de naïveté ^ d'élégance et de force , car l'imagination de Plutarque est contemporaine de tout ce qu'il raconte.
€ë n'est pas que tous les écrits dje Plutarque nous paraissent avoir la même valeur , et , pouv ainsi dire , renfermer la même substance. Quelques-uns de ses traités de morale sont d'un intérêt médiocre , d'une philosophie commune, et même un peu. déclamatoire. C'est l'influence, on de* la première jeunesse <. ou de cette profession de sophiste , qui «levait perpétuer , jusque dans un âgé plus avancé , ie^ défauts de la jeunesse. Mais si l'on se reporte au temps où écrivait Plutarque s on concevra qu'il lui à fallu
une force admirable de bon sens pour tl'avoîr pas
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cédé plus souvent au faux goût si universel dans son siècle, et pour s'être rendu surtout remarquable par le naturel et la vérité. Sans doute le fond des meilleurs traités de Plutarque est emprunté à tous les philosophes de la Grèce , dont il n'est , poor ainsi dire , que l'abréviateur. Mais la forme lui appartient. Les doctrines qu'il expose ont reçu l'empreinte de son âme ; et ses compilations mêmes ont un cachet d'originalité.
La morale de ces traités, sans être haute et roide comme celle des stoïciens , ni purement spéculative et enthousiaste , comme celle de Platon, est généralement pure, courageuse et praticable. Sans cesse appuyée par les faits^ presque toujours embellie par des images heureuses , de vives allégories , elle parle au coeur et à la raison. Quelques-^unes même de ces petites dissertations de Putarque sont des chefs-'
d'oeuvre , où l'on trouverait le germe de gros livres. Le traité sur l'éducation a fourni à l'éloquent Rousseau les vues les plus solides , et quelques-uues des belles inspirations de son Emile.
Nulle part le nom de chrétien n'est prononcé ' dans ces œuvres morales , où Plutarque a parlé de tant de choses. Cependant , à cette époque , une province voisine de la Grèce, le Pont était, au rapport de Pline > rempli d'une foule de chrétiens. Le christianisme avait depuis'loog- temps pénétré dans Athènes, et dans les cantons mêmes les plus sauvages de la Grèoe.
A Rome il avait excité cette terrible persécutioa cjue Tacite a constatée avec une sorte d'indifférence, dont le témoignage n'est que plus expressif. Pendant le séjour même de Plutarque en Italie , la cruauté de Domitien * , si acharnée contre les philosophes, Gt périr quelques disciples secrets du culte nouveau ; car toute conviction forte, toute croyance capable d'enthousiasme inquiète également la tyrannie. En&n le philosophe Ammonius , dont Plutarque reçut les leçons dans sa jeunesse , né dans Alexandrie , l'im des foyers du christianisme , avait adopté, ou du moins connaissait la foi nouvelle.
On peut donc s'étonner que Plutarque , si attentif aux mœurs et aux opinions des hommes, n'ait rien dit du culte dont Lucien , quelques années plus tard, parlait avec cette violente amertume, où respire la jalousie des sophistes détrônés par un nouveau pouvoir.
Plutarque a-t-il ignoré le spectacle extraordinaire placé si près de lui ? On a cru voir dans le moraliste Sénèque une allusion détaillée aux tortures que subissaient les premiers chrétiens. Plutarque, écrivant trente ans plus tard , n'avait-îl rien observé de semblable? La réponse que nous cherchons se trouvera dans la vie même du philosophe de Chéronée. Nous avons vu qu'il appartenait tout-à-fait par les mœurs et par les études à la vieille Grèce , aux mœurs antiques: son père était un pay en religieux, instruit
* Bruiiut cUi dans la Chronique tPEusèOc. — Dion.