L EMPEREUR JULIEN
du présent. Heureux si près de cette civilisation qui meurt , il s'élève une autre civilisation animée d'un esprit fécond et nouveau : c'est la métempsycose d'un empire ; et les époques se succèdent alord pour lui, comme les générations dans une famille.
Ces transitions climatériques ^ ces maladies de renouvellement sont souvent mortelles aux peuples qui les éprouvent. La société romaine périt dans le passage du polythéisme au culte chrétien ; en quelques siècles tout fut changé, depuis la race d'hommes, jusqu'au nom des lieux ; et ce n'était pas seulement des invasions de peuples étrangers,. des colonies de barbares qui avaient fait cette révolution. Elle sortait de la lutte intérieure de l'ancienne Société , 'dont les élémens ne pouvaient plus , ni compatir ensemble , ni s'améliorer par euxmêmes.
On est frappé de cette idée, quand on parcourt les derniers monumens de la littérature païenne, témoignages de l'ancien monde ,, près de finir. On croit lire des rêveries de vieillards, et des songes fiévreux de mourans; mais cet état même est curieux à constater, et dément l'opinion vulgaire qui regarde l'indifférence religieuse des peuples, comme un signe d'épuisement social.
Pour ne s'arrêter qu'au polythéisme grec et romain 5 jamais il n'inspira tant d'ardeur superstitieuse , jamais il ne fut défendu par de plus mys-