‹ Mélanges historiques et littérairesChapitre 27 sur 33 · DE LEMPEREUR JULIEN · texte numérisé non relu

DE LEMPEREUR JULIEN

tiques enthousiastes , que dans le siècle qui précéda sa ruine , et celle de Tempire. Il était devenu la folie de ses derniers sectateurs ; et il avait pris par la contradiction et le désespoir , une exagération plus absurdie que la crédulité des premiers temps. Car Timagination qui fait l'utopie du passé ; el qui rêve sur dos souvenirs, a tout rèntêtément du préfugé , et toute l'impétuosité de l'esprit novateur.

Le chef de cette société, ou plutôt de cette école , fut Julien que l'on a traité tour-à-tour d'apostat, et de philosophe, et .qui n'était qu'un fanatique du passé. Que l'on se figure en effet un jaouveau culte , s'emparant du monde , le patriotisme local rem* placé par une fraternité cosmopolite , rancieime philosophie, l'ancienne éloquence dédaignée pour, des idées nouvelles, les anciens rites chassés par des rîtes nouveaux, puis les crimes d'une politiquie bar-^ bare, mêlés à la victoire et aux vertus des chrétiens: un jeune prince plein d'imagination et ,d*enthousiasme souffredans l'exil la tyrannie ombrageuse de Constance , qui a fait périr toute sa famille. Constance est chrétien; c'^st assez pour que Julien ^oit polythéiste. Constantin a détruit l'ancien culte. de l'empire ; c'est assez pour que Julien veuille le rétablir. Il y trouve de grands exemples de vertu qu'il adore ; et son fanatisme qui cherche pa|*tout des prétextes, se croit justifié par la philosophie de Marc-rAurèle. Alors dans le chaos d'idées anciennes

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et nouvelleâ qu'il rassemUe, despote/ et répnbli* cain, païen dévot , et paieu novateur, plagiaire du christianisme qu'il proscrit, chai^eant de cérémonies bizarres le paganisme qull éjpuré, sacrificateur, detin, général, empereur, jsophiste , Julien réunit dans sa personne tous les rôles du paganisme, et leur imprime un nouveau caractère par cette espèce de superstition raisonneuse et pi*éméditée , qu'il se donne à lui-même.

Quand nous lisons l'histoire, quand nous entendons un chrétien du quatrième siècle , s'écrier au nom de Julien : c II fût traître eni^ers Dieu, niais non traître envers l'univers, » nous pensons bien qu'il y avait de la grandeur et du génie dans cet homme singulier ; mais c'est surtout comme représentant de ^ancienne société , comme témoignage de la lutte contre le temps , qu'il mérite d'être étudié.

En* effet, au milieu même de cette 'infatuation du passé, dodt il ^st saisi, dans cette tentative si hardie de reconstruire l'ancienne croyance du monde , les idées nouvelles l'assiègent , et le pénètrent; il voudrait être plus superstitieux que le roi .Muma ; il voudrait enchérir sur les fables poétiques d'Homère ; il cherche à croire plus que l'on a cru jamais, comme pour mettre en sûreté les débris des traditions païennes; et cependant il appelle la morale an secours du dogme chancelant. Il se défait du préjugé grec et romain contre les juifs j il recon-

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tuât * le dieu suprême qu'ils adoteiit; et dans sa restauration religieuse , en mèmie tenipa qu'il multiplie les sacri6ces sanglans, et t<mt rappareil du culte païen^ il voudrait établit, près de chaque temple, des iastructions mot*ales et des hôpitaux.

Ainsi, le génie entreprenant de Julien ne pouvait se renfermer dans lés bornes des aaciendes opiniomi qu'il prétendait rétablir ; et retenu par une imitation superstitieuse du passé, il était emporté cependant par les idées notivelles qui dominaient son siècle. Homère est pour lui , comme la Bible pont nos prédicateurs ; il y prend dès précepte^ de charité; il refait avec la morale chrétienne les fables sensuelles du polythéisme , et cache de» idées nouvelles, sous des mots antiques. En même temps il aflfecte de regarder le paganisme de son temps j comme une côtruption du véritable paganisme qu'il cherche dans la plus obscure ailtiquité.

Ce singulier travail devait affaiblir le génie naturel de Julien. Aussi Son éloquence est-elle à la fois mystique et subtile, pleine d'emphase et de sophisme. Rien n'est vrai , rien* n'est simple , dans cet effort pour vivre hors «de son temps, pour imiter, pour exagérer une civilisatioii qui n'est plus.

Julien, pai*sa haine aveugle contre le christianisme, par lâon esprit rigide et moqueur, par sa forte volonté

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* JuUani opéra paisim.

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