KiSet lui enleva lui-même la chevelure
2. La Potherie, Histoire de VAmérique septentrionale. Dans cet audacieux combat, les Algonquins eurent à regretter cependant la mort de six des leuis.
86 KI8ET VAINQUEUE DE LA CHAUDIEKE-NOIEE
L'automne de cette même année, 1697, les Ursulines arrivaient aux Trois-Eivières pour y établir la communauté qui existe encore et qui a une noble histoire à enchâsser dans les fastes du Canada français. La population blanche et sauvage accueillit avec amour les 'Soeurs du bon Dieu. Au premier rang se montrait KiSet, le vainqueur de la Chaudière-Noire. Il était l'homme du jour. Sa vaillance reportait comme un lustre sur les cérémonies religieuses et civiques de la réception enthousiaste dont les Ursulines étaient Fobjet. (3)
Je me représente très Ibien KiSet, en costume de guerre, attirant tous les yeux, et saluant les religieuses, au bord de cette anse qui fait l'extrémité de la rue du Platon, où Laviolette avait mis pied à terre, soixante-trois ans auparavant, pour fonder le fort des Trois-Eivières.
Les Algonquins, fiers et vaillants encore malgré des revers nombreux, étaient réfugiés autour des Trois-Eivières, d'où ils partaient souvent pour faire des coups dans le pays des Iroquois ou contre les colonies anglaises. La présence de KiSet doublait donc, aux yeux des spectateurs, l'importance de la manifestation de 1697. Le jeune héros eut ainsi son heure de gloire. Lies témoignages de sympathie des Fraoïçais pour la race algonquine, s'adressaient à lui. Il isembiait faire revivre le fameux Piescaret que les Trifluviens ne pouvaient oublier.
L'été de 1701, à Montréal, dans la grande assemblée qui conclut la paix générale avec les Sauvages, KiSet figurait parmi les chefs, malgré ses vingt-trois ans. Il était habillé à la canadienne et avait accommodé ses cheveux en crête de coq, avec un plumet rouge qui venait derrière la tête. (4)