‹ Mélanges historiquesChapitre 41 sur 87 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

BETOUR DU BOI. MONSEIGNEUR LE DUC DE BERRT PRÉSIDE liE COLLÈGE ÉLECTORAL DE LILLE.'

Le roi remonta sur son trône * : Me' le duc de Beny rentra une seconde fois dans cette belle France dont il ne devoit plus sortir. Ce fut encore à Saint-Denis, le terme de tous ses Yojages f qu'il arriva. Bientôt après , on lui présenta les officiers du dixième régiment de ligne, qui étoit resté fidèle àMs' le duc d'Angoulême. « Messieurs , leur dit-il, j'ai une D permission à vous demander: c'est de porter » votre uniforme quand j'irai au devant de » mon frère. »

Au premier moment de la seconde restauration , on parut vouloir profiter de la leçon reçue. Un ministre., qui avoit puissamment concouru à relever deux fois le trône , donna

* Juillet i8i5.

l36 MÉMOIRES

à l'opinion l'impulsion la plus monarchique.

Les collées électoraux furent convoques avec éclat y et les princes de la famille royale furent nommés pour présider ceux des départements de la Seine , de la Gironde et du Nord '• Arrivé à Lille, Ms* le duc de Berry prononça^ à l'ouverture du collège , un discours remarquable par les sentiments et par la manière dont ils sont exprimés :

c( Le plus aimé de vos rois , Henri iv , après » de longues guerres intestines , rassembla les )i notables dé son royaume à Rouen , et leur )) demanda des conseils ; aitisi que lui , le roî^ )) fnoti atigftlste seigneur et onde > d'après la » constitution qu'il a ddtinée liii^même à son » peuple , s'adresse en ce moknëtlt à vouè , et )> nie nomme pàrtîcnlièi'ement podr être son » organe auprès du départëtheiit du Nord. Je » ne parlerai point de leur fidélité , aux hàbi- » tants d'un pays, berceau de la nioilarchie ; » je ne rethercierâi poiiit dé son détoueduént » ce pcti[^le qui rappelle si ïnen cè^ Franos » généreux et guekriers , dont il est descendu w kl premier ; je me bornerai à vous ^*e ,

i5 août i8i5.

SUR UL DUC DE BERRY. iSy

i) Messieurs^ qae le roi , après yiagt-six rb8 de » troubles et de malhears , a besoin d'jBteiTo- » ger le cœur de ses su jets^ dont il juge d'après » le sien. Ne pouvant réunir 'autour de lui » tous les François, dont il est, tous le savez , » bien moins encore le monarque que le père, » il TOUS demande de lui adresser , non ceux » de vous qui l'aiment davantage, ce choix a seroit impossible, et vous j voleriez tous , » mais ceux qui, dignes interprètes de votre » pensée, porteront au pied de son trône cet » oubli du passé , cette connoissance du pré • » sent , ce coup d'œil dans l'avenir , ce respect » pour la Charte constitutionnelle, cet-amour » pour sa personne sacrée , enfin cette ab- » négation de soi-même qui seule peut assurer » le bonheur de tous. »

Avant l'ouverture du collège électoral, W^ le duc de Berry avoit voulu revoir et remercier la ville de Béthune et le sous-préfet , qui l'avoient si fidèlement reçu lors de sa retraite à Gand. Il envoya un prçsent à son hôte d'Alost , et une somme pour être délivrée aux indigents. Peu de fils de roi , Mntrés dans leurs palais, se souviennent d'avoir élésup-

l38 MEMOIBES SUR LE DUC DE BERBY.

pliants y ' d'avoir pris dans leurs bras le petit enfiaU ■, de s'éire jetés àgénoux ,joignùni l'au^ tel domestique \

* Plut, an TAtfmi*/.

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