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r^ments de cuirassiers rendoient cette armée formidable.
La grande armée Tende'enne marche sans s'effrayer à ces nouveaux ennemis ; elle les pousse à I)oué^ à Montreuil , et les accule dans Saumur. Les bataillons formés à Orléans^ seize bataillons venus de Paris ,' deux régiments de cuirassiers y composoient la garnison.de cette ville. Trente pièces de canon bordoient son cbâteau et ses redoutes nouvellement élevées , que le Thoué et la Loire baignoient de leurs eaux. Rien n'arrête les Vendéens ; tous s'écrient : En avant, en avant! Les Bretons enlèvent les canons ; les républicains reculent jusqu'au pont Foûchard : M. de Lescure les suit l'épée au poing ; il est blessé. Les cuirassiers chaînent les Vendéens qu'étonne cette espèce de cavalerie invulnérable. Un brave soldat^ nommé Dommaingué^ crie aux paysans ^ comme César crioit à ses légions à Pharsale : Frappez au visage! Il abat un cuirassier d'un coup de carabine à la tête , et il est emporté lui-même d'un boulet de canon. Les cuirassiers se replient^ reviennent à la défense du pont Foucbard que couyroit de son feu
l'artillerie veDdéenoe commai^ëe par M« de Marigny. Le combat se maintient de ce côté^ mais Cathelineau et La Rochejaquelein avoient tourne les redouties , et marchoient sur la ville, laissant derrière eux les fortifications et les avant-postes. Les troupes placées à la garde des faubourgs fuient devant La Rochejacpielein j qui entre dans Saumur accompagné seulement de M. de Beaugé. Il arrive au grand galop sur une place où huit cents républicains étoient rangés en bataille. Il étoit trop tard pour reculer : Théroïsme vient au secours de l'imprudence. Rendez-iHius ^ dit La Rochejaquelein aux ennemis > ou vous êtes morts.
Ceux-ci croient la ville emportée ^ et mettent bas les armes* Quelques moments s'écoulent :
personne ne paroît. Les républicains reviennent de leur terreur , reprennent leurs armes, tirent sur les deux Vendéens* Beaugé est blessé; La Rochejaquelein le soutient sur son cheval , et tue d'un coup de pistolet un soldat qui le couchoit en joue. Dans cet instant Desessarts accourt , suivi de quinze cents cavaliers : la ville est prise.
Les redoutes tombent ; le château capitule.
De toutes parts on ramène des troupeaux de républicains prisonniers ; on les renvoie après leur avoir fait jurer qu^ils ne porteroient plas les armes contre le roi ; on leur coupe les cheveux pour les reconnoitre, en cas qu'ils violent leur parole. Les cheveux repoussèrent^ et avec eux rinfîdëlité : les Vendéens , à qui l'on ne faisoît point de quartier ^ furent bientôt massa* crés par ceux qui leur dévoient la liberté et la vie.
La renommée des Vendéens se répandit en Europe. Ils trouvèrent à Saumur quatre-vingts pièces de canon , vingt mille fusils, cinquante milliers de poudre , des vivres en abondance » des magasins de toutes sortes* Ils procédèrent à l'élection d'un généralissime. Le choix de MM. de Lescure, de Donnissan, La Rochejaqudein, et des autres gentilshommes > tomba sur le voiturier Githelineau , dont la gloire avoit fourni les titres. Les paysans, charmés, s'attachèrent davantage à une noblesse si généreuse et si brave. On proposa dans le conseil , premièrement, de marcher sur Tours ; secondement , de s'emparer des Sables et de La Rochelle; troisièmement, d'attaquer Angers,
et de rentrer dans la Vekidëepar le.pont de Ce» Le premier avis étoit celai de La Rochejaque* lein , et c'étoit peut-être le meilleur par son audace^ le second ëtoit celui de Lescure, et c'étoit le plus sage; le troisième étoit celui de CatLelineau , et il prévalut.
M» d'Ëlbce^à peine guéri de sa blessure , vint rejoindre les Vendéens à Saumur. On vît aussi arriver MM. Charles d'Autitshamp^ de Piron, de Boispréau, Duchénier, Magnan> de la Bigotière. Les vainqueurs se mettent en marche pour suivre le plan du généralissime.
Angers ouvre ses portes. Le prince de Talmont se présente : il est suD-le-cha'mp nommé général de la cavalerie royaliste* Charette venoit de reprendre Machecoul dans la Vendée-Inférieure : Gathelineau lui propose de s'emparer de Nantes et de soulever la Bretagne. L'attaque des deux armées vendéennes par l'un et l'autre côté de Nantes devoit être simultanée; mais Gharette arrive trop tot^ ou Gathelineau paroît troptar<l. Charette soutient seul la lutte pendant dix Jieures ; il se retiroit lorsque le canon de la grande armée se fait entendre. L'action recommence de toutes parts;
on pënitre dans la ville^ on se bat de rue en rue y de maison en maison. La place va capituler ; mais Gathelinean reçoit un coup mortel : les paysans s'arrêtent. Il ne restoit plus qu'un léger effort à faire; il ne fut pas fait: Nantes demeure au pouvoir des républicains* Cinq millions de François dévoient périr , l'Europe devoit être ébranlée jusque dans ses fondements , avant que le fils de saint Louis remontât sur le trône de tes pères* Tout avoit été prévu, pour la prise de Nantes, dans les arrangements de la sagesse humaine, /oiv les desseins de Dieu*
Cette grande entreprise manquée, les Vendéens ne sont point découragés p'is se rallient, battent les républicains àChâtillon, et trouvent à Coron un nouveau triomphe* D'Elbée est nommé généralissime en remplacement de Cathelineau ; mais Charette refuse de le reconnoître : une fatale division commençoit à s'établir entre les chefs. D'Elbée remporte à Chantonnaj une victoire éclatante*
Cette victoire attire sur la Vendée une nouvelle masse d'ennemis, qui, selon les rapports du Comité de Salut Public , se composoit de
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quatre cent nâlle hommes.' On y joignît la garnison de Mayence. Les forces de la Vendée doublent en raison des périls. Lescure , avec cinq mille huit cents hommes^ disperse^ à Thouars , trente-deux mille réguisitionnaires. Lia Convention ordonne la destruction entière de la Vendée : alors commence le système des incendies qu'exécutoient des colonnes justement appelées infernales. Les villes sont embrasées; les chaumières^ les moissons et les l>ois réduits en cendres. L'armée de la Haute- Vendée vole au secours de Charette , qui , battu cinq fois, se relevoit toujours. M. d'ËIbée rejoint Thabile général, n Où est l'ennemi? » lui dit-ril. « 11 suit mes pas , répond Charette ; c< voyez ces tourbillons de fumée ! » L'armée patriote et l'armée vend^nne se rencontrent auprès de Torfou.
La première étoit^ en partie^ composée des Mayençoisy qui voyoient pour la première fois les paysans de la Haute-Vendée. Ceux-ci, à leur tour, n'avoient presque jamais combattu d'aussi belles troupes, et aussi bien disciplinées. U y eut de part et d'autre un mouvement de surprise et d'admiration. Le signal
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e^ donné y le combat s'ëDgi^e* Les deux aimées, au milieu des îzicendies, étoient renfermées dans un cercle de flammes qui embrasoîent Tlionzon ; c'étoit comme une bataille aux enfers* L'impétuosité des paysans royalistes l'emporte sur la valeur disciplinée : les Mayençois, contraints de céder le terrain , se retirent en bon ordre* Us sont défaits de nouveau à Montreuil. On eût poursuivi la victoire 9 si Gharette n'eût voulu secourir la Basse-Vendée, que dévastoîent des colonnes incendiaires. Il entraîne d'Ëlbée avec lui*
Les deux années, après avcûr vaincu les républicains à Saint-Fulgent, revinrent pour attaquer les Mayençois , qui se retirèrent sous les murs def Nantes.
LaConventi<m consternée, pour prolonger son borrible existence, veut épuiser tout le sang françois : six armées attaquent la Haute- Vendée* La plupart des cbefs royalistes étoient blessés, et pou voient à peine se tenir à cheval* Nouvelle rencontre à Châtillon , nouvelle défaite des républicains* La Convention fulmine des décrets exterminateurs. Une bataille terrible s'engage à la Tremblaye; elle alloit
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augmenter la gloire des royalistes fidèles ^ lorsque Lescure est blessé à mort. On se retire : les républicains entrent dans ChoUet.
Le Comité de Salttt Public annoncie à la Convention que la guerre est terminée ; et , dan» ce moment même , les paysans vendéens juroient de s'ensevelir soXis les- ruines de leur patrie. Les chefs approuvent et embrassent eux-mêmes cette généreuse résolution : c'est un bon parti , quand on aime la gloire , que de s'attacher au malheur. On tient conseil à Beaupréau ; les uns veulent marcher à Chollety et étouffer les vainqueurs au milieu de leur triomphe 3 les autres prétendent qu'il faut se radbattre sur la Vendée-Inférieure , et s'appuyer à l'armée de Charette ; d'autres demandent qu'on passe la Loire , et que l'on change le théâtre de la guerre : l'opinion la plus héroïque ^ celle de La Rochejaquelein ^ l'emporte, et l'on se détermine à marcher droit à Fennemi.
La France et l'Europe virent avec le plus profond étonnement ces paysans magnanimes, qu'on croyoit anéantis, venir attaquer une année r^ulière animée par des succès, juste-
34^ I>B ^^ YEIIDÉE.
xoent fière de sa valear. Le combat dura dix heures. On se battit à la baïonnette. Les faubourgs de Ghollet furent enlevés , abandonnés^ enlevés de nouveau : tantôt le drapeau blanc rétrogradoît devant le drapeau tricolore, et tantôt le drapeau tricolore reculoit devant le drapeau blanc. Alors étoient aux prises ces terribles Franç(Hs dont les bataillons vo joîent fuir les armées européennes. Enfin , repoussa, les paysans sont poursuivis par la cavalerie républicaine. Les ofi^cîers vendéens se fonnent en escadron : d'Elbée, Bonchamp, la Boche jaquelein , ÂUard, Dupérat, Desessarts, Beaugé; Beaurepaire de Eoyrand , Duchaffauty Renou , Forêt, Legeai, Loiseau, et cent cinquante braves couvrent les héroïques villageois, et arrêtent l'armée ennemie. Kléber fond sur l'escadron royaliste, à la tête de dix bataillons de troupes régulières. D'Elbée et Bonchamp tombent percés de coups; trente de leurs compagnons sont abattus à leurs cotés.
Monté sur un cheval blessé qui jetoit Je sang par les naseaux, La Rochejaqueleîn, blessé lui-même, ses habits criblés de balles et tailladés de coups de sabre, demeure seul
DE LA YENDEE. 343
charge de la retraite. Dams ee moment, de Piron lui amène deux mille hommes : le combat renaît, se prolonge dans la nuit, laisse aux Vendéens le temps d'emporter leurs blessés , et de se retirer à Beaupréau*
L'indomptable La B.ochejaqueleÎQ vouloit recommencer le combat y et revenir à Chollet : on ne suivit point cet avis de l'héroïsme ou du désespoir. On se replia sur Saint-Fulgent , où Bonchamp rendit le dernier soupir. D'Elbée et Lescure vivoient encore ; mais ils ëtoient blessés mortellement : le premier fut porté à l'île de Noîrmoutiers ; le second resta avec l'armée.
Cependant cette armée de la Haute-Vendée, jadis si brillante , maintenant si malheureuse , se trouvoit resserrée entre la Loire et six armées républicaines qui la poursuivoient. Pour la première fois , une sorte de terreur s'empara des paysans : ils apercevoient les flammes qui embrasoient leurs chaumières , et qui s'appro-* choient peu à peu ; ils eutendoîent les cris des femmes , des vieillar<js et des enfants ; ils ne virent de salut que dans le passage du fleuve. En vain' les officiers voulurent les retenir ; en
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vain La Rocllejaqueleîn versa des pleurs de rage : il fallut suivre une impulsion que rien ne pouvoît arrêter. Vingt mauvais bateaux servirent à transporter sur l'autre rive de la Loire la fortiine de la monarchie.
On fit alors le dénombrement de Tarmée :
elle se trouva réduite à trente mille soldats; elle avoît encore vingt-quatre pièces de canon, mais elle commençoit à manquer de munitions et de cartouches.
La Rochejaqueleîtt fut élu généralissime; il avoît à peine vingt-un ans : il y a des moments dans l'histoire des hommes ou la puissance appartient au génie. Lorsque le plan de campagne eut été arrêté dans le conseil , que Ton se fut décidé à se porter sur Rennes , Farjnée leva ses tentes. L'ayant-garde étoît composée de douze mille fantassins , soutenus de douze pièces de canon ; les meilleurs soldats et presque toute la cavalerie formoîent l'arrière-garde : entre ces deux corps cheminoit un troupeau de feilimes, d'enfants^ de vieillards , qui s'élevoît h plus de cinquante mille. L'ancien généralissime, le vénérable Lescure, étoît porté mourant au milieu de cette foule
en larmes qu'il éclaîroit encore de ses conseils, et consoloit par sa pieuse résignation. La Rochejaquelein y qui comptoit moins d'années et plus de combats qu'Alexandre, paroissoît à la tête de l'armée , monté sur un cheyal que les paysans avoient surnommé le dcàm , à cause de sa vitesse* Un drapeau blanc en lambeaux guidoit les tribus de saint Louis, comme jadis l'arche sainte conduîsôit dans le désert le peuple fidèle. Ainsi, tandis que la Vendée brûloit derrière eux , s'avancoient avec leurs familles et leurs autels ces généreux François sans patrie au milieu de leur patrie : ils appeloient leur Roi , et n'étoient entendus que de leur Dieu.
Si La Rochejaqnelein , dans la Vendée, avoit brillé par les qualités d'un soldat, il déploya sur l'autre rive de la Loire \t& talents d'un capitaine : les grands caractères , souvent peu remarquables dans la prospérité , font éclater leur vertu dans le malheur , au contraire des faux grands hommes qui paroîssent extraordinaires dans le bonheur, et deviennent communs dans l'adversité. Les soldats de l'armée royale et catholique ; embrassant
eux-mêmes 9 sans s'étonner^ toute la granéeur de leur infortune , ne voulurent point trahir leurs revers. Jamais la Vendée ne jeta un si vif éclat que lorsqu'errante et fugitive^ elle étmt ^rete à s'évanouir au milieu des forêts de la Bretagne. Elle trompa les prophéties de Barrère : u Les Vendéens, avoit-il dit à la Con- » vention, sont semblables à ce géant fabu- )> leux qjii n'étoit invincible que quand il » touchoit la terre. Il faut les soulever , les » chasser de leur propre terrain pour le& abat- » tre. » Le Comité de Salut Public se trompoit ; les Vendéens tiroîent leurs forces de leur conscience et de Içur honneur 3 ils emportoient avec eux cette patrie.
La victmre ouvrit leur nouvelle carrière :
Ingrande 9 Candé^ Château-Gonthier tombè^ rent devant eux -, quinze mille gardes nationaux ne les purent empêcher d'entrer dans Laval y oîi sept mille paysans manceaux et bretons vinrent les rejoindre.
A peine s'étoient-ils reposés deux jours dans cette ville , qu'on signala l'approche de l'ennemi. C'étoîent les Mayençois , qui , fiers d'avoir forcé les Vendéens à quitter leurs foyers ,
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croyoient qu'ils n'oseroîent désormais les attendre. Us iittaquent brusquement les courageux fugitifs , qui les repoussent , les forcent à se replier sur Château-G^nthier , après leur ayoir tué ou blessé seize cents hommes*
Bientôt toutes les forces conventionnelles sont réunies : elles reviennent à Layal présent ter la bataille à La Rochejaquelein.^ qui l'accepte. M. de Lescure expirant harangue l'armée 'y tout s'ébranle : on se bat avec un affi:eux acharnement» Les canons sont enlevés à la course , comme de coutume. On en vient à l'arme blanche, aux coups de pistolet; on se prend aux cheveux ; on lutte corps à corps.
Le général républicain Beaupujr , blessé d'un coup de feu , fait porter dans les rangs sa chemise sanglante pour encourager ses soldats. La cause juste est encore une fois victorieuse : les Mayençois sont exterminés par ces mêmes paysans qu'ils venoient de chasser de leurs chaumières.
La bataille de Laval renouvela les frayeurs des CSonventionnels; ils crurent voir les Vendéens arriver à Paris. Pour se mettre à l'abri de l'invasion royaliste , on coupe lès routes ,
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on fait sauter les ponts , on détruit les magasins. Trente mille hommes des meiUenres troupes sont tirés de Parôiëe du Nord. -Une autre armée composée de gardes nationaux et des garnisons des portS; se forme à Cherboui^* On voit accourir, avec leur guillotine , de TÎeux révolutionnaires tout cassés des crimes, pour battre monnoie et faire des soldats. On arrête , on dépouille , on égorge tout ce qui est réputé suspect : l'innocence malheureuse paie les terreurs dé la conscience coupable*
n y avoit quelque fondement aux craintes des révolutionnaires. Le prince de Talmont, après la dernière victoire, avoit en effet proposé de marcher sur Paris , de fouiller le repaire de la Convention , ou , si la chose étoit impossible , de prendre à dos les armées républicaines de Flandre , et de se réunir aux Autrichiens. Au lieu d'adopter ce plan , digne du caractère vendéen , le conseil , par des suggestions étrangères , prit le parti de diriger l'armée sur Granville , dans l'espoir d'établir une communication entre l'Angleterre et Içs royalistes ^ résolution qui perdît tout.
On prit donc la route de Granville - par
Mayenne , Ernée , Fougères , Antrain , Dol , Pontorson et Avranches : on ne rencontra d'obstacles que dans les faubourgs d'Ernée et de Fougères» M* de Lescure expira ^yant d'entrer dans cette dernière ville* L'illustre veuve du général vendéen emporta dans un cercueil, les dépouilles de son mari. Elle craignit que la tombe de Lesqure ne fuÇ violée. Quelque temps, après , cet homme;, qui laissoit un nom immortel j fut enterré au bord d'un gijand chemin , dans un ^in de terre inconnu.
Arrivés devant Granville , les Vendéens brusquent la place. J^s &ubourgs sont forcés , une brèche est faite ^ux remparts. Déjà les soldats sont sur les murs ; mais les Anglois ne paroissant point à ,1a vue du.^port,^ la garnison continue à se défendre. Lja» 1^317 tude s'empare des paysans : après ti-enite-^^?^ heures^ ils abandcAinent l'août de la| vil][ç à moitié prise. Une sédition éc^lat^ df^ns l'ary mée ; les paysans s'écrient qu'ils veulent rçttourner dans leur pays : ils entraînent Içiirs chefs. On reprend le chemin que l'on,avoij; parcouru.
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A peine ëtoît-on rentré à Dol que trois armées républicaines fondent sur l'armée royaliste. Là se donne une des plus furieuses batailles qui ait jamais été livrée entre François : elle dura deux jours ; commencée dans les faubourgs de Dol, elle ne finit que dans les murs d'Antrain. Douze mille républicains tués ou blessés restèrent sur le champ de bataille* Ce fut à la fois la plus grande et la dernière victoire de ces royalistes qu'avoient commandés Gathelineau, d'Elbée, Lescure et La Bochejaquelein.
La Vendée retoumoit comme un lion à son antre : les républicains n'osoienf plus lui barrer le chemin; ils se contentoient de l'attendre derrière des remparts. Parvenus sous les mars d'Angers, les royalistes, .repoussés comme à Gran ville , ne peuvent passer la Loire : l'armée se rabat sur Beaugé, emporte La Flèche , se Retire au Mans, otl elle doit trouver son tombeau. Des réquisitionnaires , conduits par les représentants du peuple, vientient troa^ bler ses deniîeH moments : elle se lève; les \;hâ^, et se repose. Arrive enfin une armée régulière composée des débris de toutes les
DE LA VENDÏE. 35 1
années vaincaes par les Vendéens* L'affaire
s'engage : le géant de la Vendée se débat écrasé
sous le poids de la France réyolutionnaîre; il
ébranle encore de ses mains le monstrueux
monument de l'athéisme et du régidde. Mais
la victoire échappoit aux Machabées ^ et le
moment du sacrifice étoit venu. On s'étoit
battu tout le jour aux'environs de la yille^
malgré la nuit , on continuoit de se battre dans
les rues à la lueur des amorces et du feu du
canon, ce II étoit neuf heures du soir, dit le
» bulletin publié par les généraux républi-
» cains : là, une fusillade terrible s'engage de
» part et d'autre. On se dispute le terrain pied
» à pied; le combat a duré jusqu'à deux heu-
» res du matin. De part et d'autre, on est
» resté en observation ; les brigands profitè-
» rent de l'obscurité pour~ évacuer la ville...
» Les rues, les maisons, les places publiques
» sont jonchées de cadavres,, et depuis quinze
» heures ce massacre dure encore... Enfin ,
i> voici la plus belle journée que nous ayons eue
» depuis dix mois que nous combattons les
» brigands... »
Les restes de l'armée vendéenne se rappro-
35a B£ LA VEHD^.
obèrent de la Loire poor en tenter le passage. Ce n'ëtoîent plus des soldats^ mais des martyrs : des prêtres portoîent les malades sur leurs épaules; de jeunes filles, des femmes, des enfknts , des vieillards expiroient dans les fossés et sur les chemins. On se crut heureux lorsque l'on parvint à Ancenis , et qu'on aperçut les champs de la patrie de l'autre côté de la Loire. Mais il n'y avoit que deux bateaux sur la rive bretonne. Quatre grosses barques chargées de foin étoient attachées à la rive opposée. La Rochejaquelein , Stofflet et Beaugé^ escortés par une vingtaine de soldats, passent dans les deux bateaux pour s'emparer des barques et les envoyer à l'armée. A peine avoientils mis pied à terre qu'ils sont attaqués par une grosse colonne de républicains; l'escorte royaliste est dispersée. Forcé de se retirer au fond d'un bois, La Rochejaquelein se retrouve seul, dans cette Vendée , an milieu des champs de bataille déserts oîi il ne rencontre plus que sa gloire.
Les corps vendéens , poursuivis sur la rive droite de la Loire , voulurent gagner le bouig de Niort. Ils étoient encore commandés par
DE LA ITENDEE. 353
MM. de Donnissan^ deMarigny, Fleuriot> de LjTOtf Desessarts^ de Langregnière , d'Isijgnjr , de Piron , et par le prince de Talmont. Atteints dans Sayenay , ces braves chefs firent des prodiges de vakor qui consolent le gaerrier expirant^ et qui souvent influait^ par de glorieux souvenirs y sur la destinée des peuples. L'armëe fut détruite ; ses soldats se dispersèrent dans la forêt de GavreS'^ et de là se répandirent dans les autres bois de la Bretagne > comme des semences fécondes d'héroïsme et de fidélité.
Quand on a raconté tant de combats , on se sent le besoin de se reposer ; mais l'infatigable Vendée ne laisse pas le temps à l'historien de prendre haleine. Au moment où il croit sa tache finie , voilà que La B.ochejaquelein , Stofflet et Marigny reparotssent ; Gharette livre de nouveaux combats qui finissent par un traité glorieux , et la guerre des Chouans sort des débris de la grande armée vendéenne.
Cette dernière guerre différa de celle que nous venons de raconter , parce qu'elle s'établit chez un peuple dont les mœurs , sous quelques rapports , s'éloignent des mœurs ven^-