‹ Mélanges historiques [microforme]Chapitre 10 sur 21 · LB PROJBT D'UNE 01 REMÉDIATRIGE BUR LB GRIT: DES GOMMUNRSE EN · texte numérisé non relu

LB PROJBT D'UNE 01 REMÉDIATRIGE BUR LB GRIT: DES GOMMUNRSE EN

Le curé. — C'est vrai! Le droit nous l'avons ; mais l’expérience a démontré qu’il vaut mieux ne jmais descendre sur ce terrain scabreux.

Prenns. — Très bien ! M. le curé. Il est facile de causer sans parler politique. Permettes done que je vous demande de me faire l’historique de la question des écoles de Manitoba. À cap sûr, ce sujet n’est pas une matière politique.

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MÉLANGES HISTORIQUES él

Le curé. — Evidemment ! puisqu'il s’agit purement de la suppression des écoles catholiques de Manitoba. La preuve, c’est l'intervention de l'épiscopat, qui ne s mêle jamais de politique.

Prsnns. — Dans ce cas, M. le curé, vous alles me faire la faveur de me renseigner.

Les cuné.— Vous receves pourtant, M. Pierre, plusieurs journaux à grand format.

Prenne. — Tout de même, je dois l'avouer, je n'en suis pas plus avancé. Au contraire, je suis plus

Le curé. — Ce que vous dites me fait soupçonner que vous n'êtes pas un des lecteurs de la Semaine religieuse. Autrement vous auries des idées plus nettes sur cette question, débattue depuis six ans.

Pisane. — Pour parler franchement, M.le euré, le titre, Semaine religieuse, m'avait mis sous une fausse impression. Je m'étais imaginé que cette Revue ne s'adressait qu'aux dévots et ne pouvait m'intéresser. D'ailleurs, personne n'avait sollicité mon abonnement.

Le curé. — Les abonnés de la onsième heure, M. Pierre, sont aussi bien accueillis que ceux de la première de Marie, 180, Grande Allée, Québec, et elles s'empresseront de se rendre à votre demande.

Panne. — C'est fait depuis hier, M. le curé.

Les. curé. — Très bien. Au bout de l’année, vous feres relier les 52 numéros reçus ; et vous aures ainsi un volume de 832 pages instructives et intéressantes,

en cette grave 3 évdes catholiques de Manitoba.

CURÉ. — C'est enactemmmt ce que j'ai dit. :

Pierre. — Si je compendis bien, M. le curé, il n'y Manitoba.

garantie nouvelle et plus complète que celle qui se trouve dans la Constitution de ls Confédération, en faveur des minorités des différentes provinces du Canada. |

Pranne. — En d’autres termes, M. le curé, lorsque Manitoba est entré dans la Confédération, le système des écoles séparées qui avait toujours été en vigueur, a été reconnu par le gouvernement d'Ottawa et garanti par une clause spéciale dans la Constitution de Manitoba.

Le curé.— Vous aves parfaitement saisi, M.

Pierre.

Prenne. — Les closes étant ainsi, M. le curé, je

r ion, ceci frise la démence.

= Læ curé. — N’anticipons pas, M. Pierre ; cette fa- 3 meuse commission d'enquête viendra en son temps. Du moment que la province de Manitobe fut orga-

nisée, son Parlement s’assembla et l’un de ses premiers

actes fut de placer, sous la protection de ses lois, les écoles en usage dans le pays depuis le commencement. Prenne. — Le premier gouvernement provincial de

Manitoba était conservateur je crois.

Le curé. — Ce point est un détail secondaire, M.

Pierre.

Pierre. — Quels ont été les rapports des catholiques

aves déjà dit, M. le C6, ma mémoire ne me fait pas défaut, que ce :y-tè10 d'écoles a été aboli en 1800.

est-il libéral ou conservateur ?

Le CURÉ. — Libéral, M. Pierre, et dans le plus Mauvais sens du mot. Mais je dois ajouter que plusieurs

conservateurs ont voté en faveur de la loi de 1890.

Le curé. — Peu importent les motifs ! Le fait brutal n’en reste pas moins le même.

— Cette loi est done une violation des conditions du pacte conclu, lors de l'entrée de Manitobe dans la i ainsi qu’une violation des droits de la minorité.

Le CURÉ. — C'est évident. Tous ceux qui sont de bonne foi —

catholiques de Manitoba après la passation de la loi de 18900 ?

Le curé. — Immédiatement, Mgr Taché et la députation française prièrent inutilement le lieutenantgouverneur de ne pas la sanctionner, ou au moins de réserver le Bill à la sanction du gouverneur-

Pierre. — Si les victimes avaient été protestantes, il aurait probablement fuit droit à leur pétition.

Le curé. — Il est certain que le Bill aurait été tué dans l'œuf. On ne badine pas quand les intérêts protestants sont en jeu.

Prenne. — Les catholiques se tinrent-ils alors pour battus ?

Le curé. — Au contraire, ils résolurent de lutter jusqu’au bout, et leur attitude ferme et énergique ne s'est pas démentie un seul instant. Le 7 avril 1890, ai je me rappelle bien, ils prièrent le gouverneur-général de désavouer la fameuse loi.

Pierre. — Mais, entre parenthèse, cette injustice criante ne concorde guère avec ce qu'on appelle le fair play des anglais et leur respect de la ini.

Le curé. — Le fair play des anglais, M. Pierre, n’est qu'une légende, colportée par les naïfs. Le respect de la loi, ils ne l’ont pas plus que le commun des mortels. N'en parlons pas davantage.

Prenre.— Vos explications, M. le curé, piquent de plus en plus ma curiosité et me font clairement comprendre la question. Que de gens la discutent, et n'en savent pas le premier mot !

de l'opposition,

députés aux Communes.

Prenns. — Le nombre des cou

il y à eu — est plus grand que

nement dans les débats parlementaires, ses journaux, je crois, l'ont souvent censuré à ce sujet.

Le curé. — Oui, lorsqu'ils ont cru que la masse avait complètement oublié cette attitude.

Prannz. — Ceci n'en est pas moins de la malhonnêteté.

Le curé. — Certaines gens, M. Pierre, appellent cela de la stratégie. Le mot est plus beau que la chose.

Non seulement l'opposition n’a jamais réclamé le désaveu dans les Communes, mais c’est l'opposition elle-même qui a soumis une Résolution dont le résultat a été de faire passer la question scolaire du domaine politique dans le domaine judiciaire.

Pisnns. — Cette Résolution at-elle été adoptée par la Chambre, M. le curé ?

Le curé. — À l'unanimité. Conservaturs et Libéraux ont fraternisé en cette circonstance.

Pranne. — Cet incident est pour moi toute une révélation.

Le curé. — Je n'en suis pas étonné. Quand la Semaine religieuse l’a rappelé, en mars dernier, elle a causé un éfoi considérable ches les uns, et une véritable panique chez les autres.

Pixans. — Par qui, M. le curé, a été proposée cette Résolution ?

La curé. — Par M. Blake, alors député aux Communes.

Pinane. — Par qui a-t-elle été secondée ?

Le curé. — Par M. Lautier, le chef actuel de l'opposition.

un peu, M. le curé, car cette même ceux qui n'ont qu'à

Le CURÉ. —- Certainement, inais à des degrés divers,

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comme je l'ai déjà fait remarquer. Les principaux responsables sont le chef du gouvernement et le chef de l'opposition.

Voici de plus, le témoignage de Mgr Taché sur ce point : ‘ Ce sont les Communes d'Ottawa qui, par un vote unanime sur la Résolution de M. Blake, ont rendu le Désaveu comme impcssible,

Pisnns.— Si le renvoi de la question scolaire devant les tribunaux a été une erreur, M. le curé, aucun député n'a done le droit de s’en laver les mains aujourd’hui.

Le curé. — Pas plus que Ponce-Pilate.

Piznag. — Je suppose que les tribunaux, suivant leur coutume antique, oùt dit blane et noir, tour à tour.

Le curé. — Comme de raison, M. Pierre.

La Cour du Bane de la reine de Manitoba décida que la loi de 1890 était constitutionnelle.

La Cour suprême du Canada casa le premier jugement, et le Conseil Privé cass le deuxième. Chaque tribunal semblait tenir à faire son omelette.

Pienne. — Si encore, ils avaient pris moins de temps pour faire leur cuisine !

Le curé. — Lorsque cette promière promenade fut terminée, on en commença une seconde, pour savoir si le gouvernement avait bien le droit d'intervenir après le jugement du Conseil judiciaire,

En route done pour la Cour suprême !

Pranne. —— Les tribunaux sont une institution souvent commode pour les gros voleurs, M. le curé.

Le curé. — La Cour suprême répondit négativenent, et le Conseil judiciaire affirmativement.

le délai était expiré.

Pienne, — Puisque le Conseil Privé avait enfin reconnu le droit d'intervention du gouvernement et les griefs des catholiques, il ne restait plus qu'à exécuter ce jugement.

Le CURÉ. — Oui, mais a'alles pas croire que cette dernière procévure a marci : à la vapeur.

Le 19 mars 1995, le gou. «nement d'Ottawa signifiait à celui de Manitoba un ordre remédiateur.

Pinne. — Quel fut le résultat, M. le euré ?

Le curé, — M. Greenway s’en moqua, preuve du respert des Anglais pour Sa Majesté la loi.

Prenns. — Dans tous les cas, cet ordre de rendre justice fut bien vu de tous les ça

Le curé. — Pardon, M. Pierre ! le chef de l'opposition le trouva trop raide, Puis, crac ! survint une bourrasque qui amens la démission de l'honorable M. Angers. Un caractère, celui-ci, s'il en fût jamais !

Pranns. — Si en avions seulement dix de cette

Le cuné. — Le gouvernement avait déridé d'ajourrèglement de la question à six n°“ie et de faire M.

veulent-ils done, en bonne vérité,

m n'a pu le savoir que dernièrement, M. Pierre. Ils veulent... non pas une législation remédiatrice rendant aux catholiques ce qu'on leur a volé, mais une commission d'enquête, chargée de tout

Pisnne.— Ils veulent tout recommencer ! Eh bien !

M. Pierre, c'est une trahison, comme le dit une Communication, publiée dernièrement, ot dont le ton laisse facilement soupçonner la provenance.

MÉLNGES HISLERIQUES »

L'aves-vous lue ?

Par les autorités religieuses, pour se rallier au projet

d'enquête ; et qu'elle déclare qu'agir autrement, serait une déchéance nationale et religieuse.

Le curé. — Avec plaisir, M. Pierre, et bonsoir. . Douse mois plus tard

Pise, — J'ai l'honneur de vous saluer, M. le curé.

Le curé. — Soyes le bienvenu, M. Pierre, d'autant plus qu'il y a près d'un siècle que je ne vous pas a: vu.

— Non pas un siècle, M.le curé, mais

bel et bien un an, si ma mémoire est fidèle.

Le curé. — M'auries-vous boudé, par hasard ?

Prenne. — Nullement, M. le curé. Mais si votre question est un reproche indirect, j'avoue qu'il est passablement mérité.

Le cuRÉ. — Je voulais seclement vous faire compren-

dre, M. Pierre que je suis toujours heureux de vous voir.

Prenne. — Merci de votre bienveillance. Puisque vous me dispenses d’ qui ressembleraient peut-être à celles de l'enfant qui arrive à l’école après l'heure réglementaire, je vous demande la faveur de reprendre notre causerie au point où nous l'avons laissée, il y a un an.

Le cuné.— S8'il vous plaît me rappeler sur quel sujet.

Pire, — Sur la question scolaire de Manitoba.

Le curé. — Dites. plutôt, sur la comédie scolaire de Manitoba ; bien que tous les acteurs de ce drame ne soient pas des ecinédiens.

Panne, — Le mot est peut-être plus juste, mais c'est une comédie qui n'amuse pas tout le monde.

Le cuRé. — Qui n'amuse guère 11 minorité catholique en particulier.

Panne. — 11 est facile de la concevoir en se supposant, pour un instant, dans la même position.

Le curé. — Où en était notre causerie, M. Pierre, lorsqu'elle a pris fin ? J'ai complètement oublié ce détail.

Pirnes. — Vous avies terminé l'historique de cette malheureuse affaire, depuis son origine jusqu'à la session de 1806. Si je puis préciser ainsi, c'est parce que je viens justement de relire cette causerie que vous aves reproduite dans les numéros 25 ct 26 du volume VIH de la Semaine religicuse.

Le curé. — Puisque vous y tenez, nous allons reprendre eette causerie au point où nous l'avons laissée il y = un an. Cependant, je n'y consens pas sans

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