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à propos de la question des subsides, en censurant les représentants du peuple ; et mourut presque subitement l’année suivante.
C’est sous son administration que Québec fut érigé en métropole ecclésiastique, et que deux évêques suffragants furent nommés : l’un pour le Haut-Canada, et l’autre pour le Nouveau-Brunswick.
Le parti an ais, dont l’objectif était toujours la ‘ruine de la nationalité canadienne-française, teridait à son but avec une persévérance que rien ne pouvait rebuter, comme nous allons le voir.
Comprenant qu'il finirait par succomber dans sa lutte contre les Canadiens, il complota, en 1422, l’union des deux Canadas, et fut bien près de réussir. Ce projet était sur le point de passer dans les Communes d’Angleterre — à l’insu des Canadiens — lorsque quelques députés en eurent connaissance et réussirent à l'empêcher d’être adopté en seconde lecture. Il ne tendait à rien moins qu’à faire du Bas-Canada une nouvelle Irlande. En effet, il donnait au Haut- Canada une représentation beaucoup plus nombreuse qu'au BasCanada, limitait les libertés religieuses, restreignait les droits des députés sur le vote des deniers publics, et assurait la prépondérance complète de l'élément anglais, sur la nationalité canadienne. C'était un complot véritablement infernal, et qui aurait été le tombeau de nos intérêts les plus chers, s’il eût réussi.
On conçoit l'émotion de la population canadienne à la nouvelle de ce projet d’union, qui se répandit comme une trainée de poudre d’un bout à l’autre du pays.
On:tint des assemblées, on dressa des pétitions que signèrent plus de 60,000 citoyens, et deux délégués furent chargés d'aller présenter ces pétitions au Bureau colonial de Londres, Le projet d’union tomba devant ces protestations unanimes de tout le peuple, et. cet odieux attentat contre notre nationalité échoua piteusement. au 4
Que serait-il arrivé en cette circonstance, si, au lieu de rester sur le terrain constitutionnel, les Canadiens eussent levé l’étendard de la révolte, comme ils le firent en 1837 ? Ce projet d’union leur eût certaine: ment été imposé Quoiqu'il en soit, on doit savoir gré au Bureau colonial de Londres de cet acte de justice. Malheureusement, il devait se déjuger en 1840 et neutraliser ainsi la somme de reconnaissance que lui devait sa première attitude. Pa,
Cette conspiration, il nous semble, mettait en pleine lumière les desseins des ennemis de notre race, signalait le danger, et aurait dû faire comprendre qu’ils. profiteraient de la moindre faute de tactique pour revenir à la charge. Il était bien permis de continuer la lutte, mais, plus que jamais, il était évident qu'elle devait rester strictement parlementaire, malgré les provocations. Malheureusement, on allait entrer dans une voie qui conduisait droit à l’abîme.
Les événements vont maintenant se -précipit / son retour d'Angleterre, en 1826, le comte de Dalhousie refusa de sanctionner le bill des subsides, tel que l'avaient voté les députés, par chapitres non détaillés.!
Puis, pour enlever à la Chambre l’occasion de pro
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tester, il la prorogea cavalièrement, et il en appela au peuple quelques mois après.
Les chefs du parti national — unis comme un seul homme — relevèrent fièrement le gant, et publièrent immédiatement un manifeste aux électeurs pour leur recommander la réélection de leurs anciens députés. La campagne électorale plongea le pays dans l’agitation, et les appels à la révolte par un journal que rédigenient des Canadiens réfugiés aux Etats-Unis, créèrent un <ourant qui, quelques années plus tard, devait sen:er les ruines sur son passage.
A la réunion de la nouvelle Chambre, en 1827, la lutte entre le gouverneur et les députés recommençs à propos de l'élection. du président. Dalhousie refusa de ratifier l'élection de Papineau, qui fut cependant maintenue par la majorité de la Chambre. Le parle+ ment fut prorogé de nouveau, et les assemblées publiques récommencèrent plus tumultueuses que jamais. Sans perdre de temps, on fit signer des pétitions. pour demander à Londres le rappel du gouverneur et une enquête sur la province. Neilson, Viger et Cuvillier furent chargés d’aller présenter ces requêtes qui contenaient plus de 80,000 signatures, et le résultat fut: la translation de Dalhousie.
Encore un bon point pour le ministère des colonies, et une nouvelle preuve cue le terrain constitutionnel est le plus sûr pour aboutir, si possible. 3
L'administration du nouveau gouverneur, qui. né; dura que deux ans, fut une période d’accalmie. . Il ratifia l’élection du président de la Chambre, fit aban-:
donner les procès politiques commencés, modéra li presse officielle, et s’appliqua à apaiser les esprits gurexcités par les violences et les provocations de son prédécesseur. 11 laissa à la Chambre le vote des sommes nécessaires pour le service public, à l’exception du salaire du gouverneur et des juges.
On peut donc dire que la fameuse question des sub- + gides était enfin réglée, et que la légère réserve qui était faite ne justifiait pas la continuation de la lutte sur ce terrain. La Chambre sembla le comprendre et l’admettre, puisqu'elle accepta, du moins provisoirement, le compromis offert. Cependant la pacification était plus éloignée que jamais, et la lutte recommença immédiatement sur un autre point.
Les Canadiens avaient demandé à Londres une autre réforme importante : la modification de la composition’ des Conseils législatif et exécutif. Consulté sur ce point, Kempt répondit aux ministres qu’il n’était pas expédient de faire des changements notables. A cette nouvelle, les habitants de plusieurs comtés tinrent une grande assemblée, et censurèrent la dépéche du gouverneur. Celui-ci effrayé des difficultés qui l’attendaient, demanda et obtint son rappel (1830).
Lord Aylmer succéda à Kempt en 1830 et réunit le Parlement en janvier 1830.
. Nous ne pouvons mieux faire ici, que de reproduire textuellement les paroles d’un ancien professeur d'Histoire du Canada. |
Lord Aylmer fit à la Chambre une communication importante : l'Angleterre consentait à abandonner
te contrôle de tous les revenus, excepté celui des domaines de la Couronne, moyennant une liste civile de £ 19,000 votés pour la vie du roi. C’était une offre très raisonnable que la prudence conseillait d'accepter : malheureusement, les membres la repoussèrent ; puis, résumant les griefs et les abus qu’on déplorait, ils les formulèrent dans une pétition destinée à être envoyée à Londres. Lord Aylmer exprima à la Chambre le plaisir qu’il avait de voir ces plaintes exposées nettement, l’engagea à faire d’autres demandes, si elle en avait, et la conjura en même temps de reposer en lui toute confiance, de lui ouvrir son cœur et de ne lui rien cacher.
4 Il était impossible de pousser plus loin la bienveillance et l'esprit de conciliation. Mais déjà une influence regrettable prévalait dans la Chambre; un grand nombre de jeunes membres, enflammés d’un patriotisme plus ardent qu’éclairé, s'étaient ralliés à Papineau, et voulaient la lutte parlementaire à outrance contre l’Angleterre, sans songer qu’ils donnaient par là à la politique une impulsion dangereuse, et qu’ils menaient le pays vers des abîmes. ”
Papineau — on le pressent déjà — allait devenir le mauvais génie de son pays.
Après la session, l’éléction d’un député pour la villede Montréal occasionna des troubles qui nécessitèrent l'intervention de la force armée. Les troupes furent forcées de tirer sur le peuple, le 21 mai 1832, et tuèrent trois Canadiens. Cet incident malheureux eut l'effet
de l’huile jetée sur le feu.
Aussi, pendant la session suivante, la Chambre fit une minutieuse enquête sur l'affaire du 21 mai, résolut . de rompre avec le Conseil législatif, et, après de longs débats, adopta 92 résolutions, qui formulaient tous les griefs de la colonie, et finissaient par mettre le gouverneur en accusation devant la Chanibre des Lords:
Ces 92 résolutions devinrent le drapeau pour ou contre lequel on devait s’engager à combattre. C’est alors que plusieurs des députés, les plus marquants, entre autres Quesnel, Neilson et Cuvillier, craignant de tout perdre en voulant trop gagner, se séparèrent de Papineau et de son parti. ie -
Le Centre canadien avait cessé d'exister ; .la nationalité canadienne, à la grande joie de ses ennemis, était scindée en deux camps.
Les Canadiens français avaient demandé.et obtenu le rappel du gouverneur Aylmer, mais ils n’eurent pas lieu de s’en ‘éliciter. jee Fu
Son successeur, lord Gosford, arriva dans l'été de 1835, avec le titre de commissaire royal, et accompagné ‘ de deux adjoints, chargés comme jui de faire enquête sur l’état du ‘pays. me -
Il se montra affable et poli, et sembla vouloir se concilier les sympathies des Canadiens. Dans son premier discours à la Chambre, il appuya sur ue foule de réformes d'importance secondaire, s’appliqua à calmer les défiances des députés et déclara, au “ujet des questions qui préoccupaient si fortement l'opinion publique, que les commissaires feraient leur rapport à Londres.
Il fut fait comme il avait dit. Mais ce rapport fut