RE RECETTES
Gonfeir SPÉGIAL DES VINGT-DBUX
Le premier résultat de l’insurrection de 1837 a done été de nous faire perdre le bénéfice de la constitution de 1791, et de préparer les voies à l’Unson. On viendra dire ensuite que c’est à cette insurrection que nous devons la liberté. (Ces légendes ont définitivement fait leur temps, grâce peut-être au pamphlet de M. David, écrit cependant dans un tout autre but.
Pendant que les insurgés guerroyaient, notons encore que le peuple s’assemblait de toutes parts pour protester contre leur action et assurer l'Angleterre de sa fidélité. Etrange mouvement national, que celui auquel la masse d’un peuple refuse de s'associer! L’histoire ne cessera de dire qu’il fut antinational, et le romancier s’obstinera à l'appeler national. Si le peuple a montré en 1837 plus de sens commun que ceux qui posaient comme ses cl fs, c’est surtout au clergé qu’il le doit. EE un crime de ce qui est un honneur pour lui.
Lorsque l'insurrection fut terminée, les prisons étaient remplies de détenus politiques, impliqués dans les soulèvements qui venaient d’avoir lieu. Colborne fit passer tous ces prisonniers en Cour martiale. Un certain nombre furent acquittés ; treize montèrent
sur l’échafaud et surent mourir en braves ; 47 furent‘ condamnés à la déportation en Australie, et leurs biens confisqués. Nous connaissons l’un de ces déportés, qui doit à sa forte constitution de n'avoir pas laissé ses os sur la terre de l’exil et d’être encore plein de vie. Nous sommes sûr qu’il n’a guère compris ce qu’il faisait en s’enrôlant parmi les factieux. Comprend-il aujourd'hui qu'il est toujours dangereux de méconnaître la direction du clergé et qu’il n’aurait jamais fait cette promenade forcée en Australie, s’il avait agi autrement ? Nous en doutons ; tant il est vrai de dire qu’il est des aveuglements incurables ! :
Arrêtons-nous ici un instant, et mettons en regard le pouvoir religieux et le pouvoir civil. En 1760, ils étaient tous deux dans la même position précaire. Cependant, en 1837, le pouvoir religieux jouit d’une liberté pleine et entière, règne et gouverne dans sa sphère, tandis que le pouvoir civil a perdu tout ce qu'il avait gagné et se retrouve presque au point de départ. Pourquoi cette différence dans les résultats ? Parce que le clergé, que les manants et les sots accusent de ne rien comprendre aux choses qui touchent à la politique par quelque côté, n'avait cessé de faire preuve d’un rare sens politique, pendant que les fausses manœuvres des principaux chefs politiques avaient fini par tout compromettre. N'insistons pas davantage sur ce parallèle ; ce serait trop de cruauté.
Après l'insurrection de 1887, le clergé prévit que le projet d’union des deux Canadas, avorté en 1822, allait revenir sur le tapis. Il travailla immédiatement
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à conjurer ce nouveau péril, et s’empressa de préparer une adresse au Parlement impérial, contre le projet d'union du Bas et du Haut-Canada sous une même législature. On s'étonne que M. David ait passé sous silence cette intervention, moins imaginaire que celles qu’il lui plaît de mettre sur son affiche, sans être plus
La tranquillité était à peine rétablie que l’Evêque de Québec adressait la circulaire suivante à son clergé.
Monsieur,
Les actes d’insurrection qui ont été commis récemment dans certaines parties du district de Montréal, joints aux divisions politiques qui les ont précédés, donnant lieu de craindre qu’il ne soit de nouveau question, dans le Parlement impérial, de réunir cette province à celle du Haut-Canada, tous ceux qui ont à cœur le bien du pays doivent s’empresser de prévenir, autant qu'il est en eux, les suites fâcheuses qui résulteraient infailliblement pour nos compatriotes de - adoption d’une pareille mesure.
Ce devoir ne saurait être méconnu par le clergé, qui, en toute occasion, a montré le vif intérêt qu'il prend au bonheur de ses ouailles, et dont la voix mérite avec d’autant plus de raison d’être écoutée, qu'il s’est toujours distingué par sa loyauté et son attachement au gouvernement de la Grande-Bretagne.
Je vous invite donc à remplir ce devoir, en signant
l'adresse aux trois branches du Parlement impérial,
qui accompagne la présente, laquelle vous expliquera * plus au long ce que je n’ai que le temps d’effleurer ici. Je ne doute pas qu ’elle ne rencontre votre entière approbation.
Dans le cas où il s'agirait de faire signer par tous les habitants de la province une requête dans le même but que la nôtre, je me flatte que vous encourageiez vos paroissiens à y apposer leurs noms.
Recevez, Monsieur, l'assurance de mon sinciee attachement.
t Jos. Ev. de Québec.
Nous croyons devoir mettre cette adresse sous les yeux de nos lecteurs, à raison de son importance et des clartés qu’elle projette sur le mouvement insurrectionnel.
A la Très Excellente Majesté de la Reine.
Qu'il plaise à Votre Majesté ! Nous soussignés, Evêques, Vicaires généraux, Curés et autres membres du clergé catholique du diocèse de Québec, dans le Bas-Canada, supplions humblement qu’il nous soit permis de déposer au pied du trône de Votre Majesté, l'expression des sentiments de notre vénération profonde envers votre auguste personne, et de notre attachement inviolable à la liaison qui existe entre cette province et la Grande-Bretagne.
Nous aimons à faire connaître à Votre Majesté que, depuis l’heureuse époque où cette province est d venue
partie de l’Empire britannique, le clergé catholique n’a cessé de montrer en toute occasion sa loyauté envers le gouvernement de la mère-patrie, et s’est constamment efforcé d’inspirer la même loyauté au peuple qu’il #st chargé d’instruire
Nous pouvons assurer Votre Majesté . que c’est avec une vive inquiétude, pour le sort à venir de nos compatriotes, que nous avons vu quelques-uns d’entre eux, malheureusement trop influents, opposer des entraves insurmontables aux mesures conciliatrices que Sa Seigneurie le comte de Gosford, préposé par votre royal prédécesseur au gouvernement de cette province, avait à cœur d'employer pour rétablir la paix dans notre chère patrie, et qu’il tenta en effet de mettre en œuvre dès le commencement de son administration. Aussi est-ce avec un regret bien sincère que nous voyons ce noble lord laisser aujourd’hui les rênes de notre gouvernement local, sans avoir obtenu le succès dont ses vues bienfaisantes et ses louables efforts méritaient d’être couronnés.
Mais ce qui nous afflige plus particulièrement, ce sori les actes d’insurrection contre le gouvernement de Votre Majesté, qui ont été commis récemment par une partie quoique très peu considérable de nos compatriotes, indignement trompés et égarés par des chefs ambitieux, ou forcés de prendre part contre leur conscience, À une démarche aussi insensée que criminelle.
Nous devons dire néanmoins, et c’est une vraie consolat.on pour nous de pouvoir en donner l’assura.ce
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à Votre Majesté, que nos sentiments à cet égard sont partagés par la très grande majorité de nos compatriotes d’origine français:, qui conservent toujours envers le gouvernement de la mère-patrie les dispositions loyales dont ils ont plusieurs fois donné des preuves, et qui condamnent de la manière la plus explicite les tentatives insurrectionnelles dont nous venons de parler ; comme l’attestent évidemment les manifestations nombreuses de fidélité qui ont été adressées de toutes parts au noble représentant de Votre Majesté en cette province.
Après avoir ainsi exprimé à Votre Majesté les sen-
timents d'affection qui unissent étroitement à la métropole la presque totalité de nos compatriotes, nous osons former l’espoir que Votre Majesté voudra bien accueillir avec bonté l'expression de notre désir ardent, qu’il ne soit rien fait par les autorités impériales qui tende à les priver pour la punition d’un petit nombre de coupables, des droits et privilèges qui leur sont assurés par la constitution qu’il plût au Parlement de la Grande- Bretagne d’octroyer à cette Province, sous le règne d'un de vos augustes prédécesseurs. , . La raison qui nous engage à adresser cette humble prière à Votre Majesté, c’est que nous avons lieu de craindre qu’il ne soit soumis à la considération de la Législature impériale, un projet qui aurait pour but de priver de ces mêmes droits et privilèges les habitants de cette province, français d’origine, en opérant la réunion des deux Législatures du Haut et du Bas Canada.
MÉLANGES HIATORIQUES 83
Quels que soient les motifs qui peuvent porter une certaine partie de nos co-sujets à solliciter cette réunion, nous ne pouvons nous dispenser de représenter humblement à Votre Majesté qu’on ne revt sttendre que des tésultats funestes d’une pareille n:"sure, contre laquelle l'immense majorité des sujets de Votre Majesté dans le Bas-Canada fit de vives représentations, à une époque assez récente, par une pétition alors adressée aux trois branches du Parlement impérial, qui se crut en justice obligé d’y faire droit ; et nous n’hésitons pas à déclarer à Votre Majesté que la réunion dont il s’agit aurait l’effet de fortifier, loin de les diminuer, les dissensions politiques que dans ces derniers temps, quelques agitateurs semblaient avoir pris à tâche d'exploiter pour le malheur du pays, et que nous désirons ardemment voir disparaître pour toujours.
Pour ne rien omettre de ce qui peut détourner les autorités impériales de prêter la main à l’exécution du projet contre lequel nous prenons la liberté d'adresser à Votre Majesté nos humbles rprésentations, nous osons affirmer que les dispositions que nous apercevons aujourd’hui dans ceux de nos compatriotes qui par leur influence peuvent plus particulièrement contribuer à ramener la paix dans le pays, en renouant les liens de fraternité qui doivent exister entre les sujets de Votre Majesté de différente origine, ne peuvent avoir que le plus favorable résultat, si aux motifs qui les font agir en ce moment vient se joindre à l’avenir celui de la reconnaissance envers le Parlement britannique, pour le bienfait au’il accorderait à la grande
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majorité des habitants de entte province, en leur conservant la jouissance de leur «snstitution, que les r alheurs qu'ils viennent de sesentir leur auront appris à mieux apprécier.
Quant à l’objet qui nous emesrne plus spécialement, celui du maintien de l'heumme liberté dont les sujets catholiques de Votre Mageté em cette province ont joui jusqu’à présent dans l'exercice de leur religion,
au ciel, pour la conserustéms de vos jours précieux, aussi bien que pour le lmiieur et ls gloire de ‘votre règne.
Bus-Canada, février 1838.
Le 25 janvier 1848, léréque de Québec adressa une nouvelle circulaire 20 clergé, l'engageant à user de son influence pour fase signer la requête contre l’union des provinces. Teri fat imutile. Le gouvernement impérial adopta les suggstéuns de Durham, qui recommandait l'union légaiaéve du Haut et du Bas- Canada, en attendant ls Confédération de toutes les colonies de l'Amérique de Sen, et le bill reçut la sanc- . tion. royale, le 23 juillet RSR :
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L'UNION pu HAUT er DU BAS-GANADA
L’Acte d'union établissait un Conseil législatif d'au moins vingt membres, nommés à vie: une Chambre composée de 84 députés, c’est-à-dire 42 pour chaque province, bien que le Bas-Canada 200,000 ; de plus que le Haut-Canada : il-concédait à la
le contrôle des revenus publics, mais avec certaines réserves ; il sti j F
i était de six millions de piastres, deux provinces unies
tique en même temps, À moins de prétendre qu'ils doivent même lui être reconnaissants de ne pas les avoir déportés en bloc comme leurs frères les Acadiens.
Il semble du moins, que les Canadiens auraient dû comprendre l’absolue nécessité de s'unir de nouveau, et de se tenir unis comme un seul homme, pour tirer le meilleur parti possible de la situation. Malheureusement, ils restèrent divisés ; et la scission devint définitive en 1845, lorsque Papineau revint de l'exil. Il ne tarda pas à partir en guerre contre ses anciens amis et à battre en brèche le nouveau régime politique en vigueur. Il devait bientôt succomber à la tâche, mais non sans laisser des disciples imbus de son esprit.
Voici comment M. David raconte la dernière entrée en scène de Papineau ;
“ Lorsque Papineau revint de l'exil et se sépara de M. Lafontaine, lorsque le parti libéral s’organisa +, que l'Avenir et le Pays firent connaître son but et ‘on programme, les prêtres lui déclarèrent une guerre acharnée.
“Ce n’est pas étonnant.
‘“ Le nouveau parti était composé, en grande partie, de jeunes gens de talent dont les idées trop libérales, trop avancées, devaient nécessairément effrayer une société porfondément conservatrice et religieuse.
“ L’abolition de la dtme, le vote des chefs du parti libéral en faveur des écoles mixtes, leur alliance avec George Brown, l’ennemi le plus acharné de nos institutions religieuses et nationales, les discours échevelés prononcés à l’Institut canadien et les écrits de la presse
libérale en faveur de l'abolition du pouvoir temporel des Papes et du triomphe des idées nouvelles, donnaient au clergé raison de croire qu’en détruisant le parti libéral, il sauvait la religion et la patrie. ”
Cette photographie du parti libéral, sous l’Union des deux Canadas, est assez fidèle. Aussi il n’est pas étonnant, comme le dit M. David, que le clergé regardant ce parti d’un mauvais œil, lui ait refusé sa confiance, puisque son programme était antireligieux et révolutionnaire. Il n’est pas étonnant qu’une population profondément religieuse, comme dit M. David, ait tenu dans l'opposition, la majeure partie de ces vingt-sept ans, les partisans d’un pareil programme.
Cependant, si de 1840 à 1867, le clergé a été antipathique à ce parti, il n’est pas intervenu une seule fois pour blâmer ou approuver une mesure purement politique. Nous disons, pour approuver ou blâmer une mesure purement politique ; car les protestations de l’épiscopat contre la loi de l’éducation et contre la manière dont le gouvernement avait réglé la question des biens de la Compagnie de Jésus, en 1846, n'étaient pas des questions politiques. Si elles avaient un côté politique, elles avaient aussi un côté religieux. Dans le premier cas, la chose est évidente, et dans le second cas, il s'agissait de biens ecclésiastiques, qu'il n’était pas permis de détourner de leur destination, et l’'Episcopat était, en cette circonstance, le mandatairené des catholiques.
La nouvelle Constitution en vigueur — nous l’avons dit — donnait à chaque province un nombre égal de
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représentants. Tant que la population du Bas-Canadh. fut plus considérable que celle du Haut-Canada, celui- ci ne trouva pes à redire naturellement. Mais du moment que le chiffre de ses habitants fut plus élevé, il réclama la représentation basée sur la population. Cette question, ainsi que plusieurs autres, augmenta l'antagonisme entre les deux provinces, et, en 1858, le projet d’une Confédération fut sérieusement agité et discuté. Quelques-uns des chefs politiques adressèrent même au ministre des colonies une dépêche
Voici l'exposé que fait Turcotte de la situation politique à cette époque, et qui démontre bien qu’un changement de régime s’imposait nécessairement.
grave à son opinion ; le Bas-Canada voulait de son côté conserver la position d'égalité que lui consacrait la constitution, afin de n'être pas à la merci de l’autre province. Cet état de choses
vu, en 1864, les délégués
et nous nous rappelons bien qu'il n'y avait pas d'évêques parmi eux. Il existe une gravure représentant les Pères de la Confédération, mais on
que c'était un devoir de conscience de s'en tenir à ces principes.
Le mandement de Mgr Baillargeon, publié le 12 juin 1867, et dont nous allons citer quelques passages, nous en fournit la preuve.
Après avoir annoncé la proclamation de la nouvelle Constitution, le Prélat ajoute :
‘Cet ordre de choses, continue-t-il, ayant été établi par l’autorité compétente, à la demande même de nos représentants dans la Législature canadienne, il ne nous reste plus, N.T.C.F. qu’à nous soumettre de bon cœur ; c’est même pour nous tous un devoir de conscience. Si depuis plus d’un siècle que notre pays a été cédé à la Grande-Bretagne, la forme de notre Gouvernement a varié à plusieurs reprises, SOUVEnOnsnous que l'essence de la société ne varie pas, mais qu’elle reste toujours la même. L'autorité est nécessaire aù maintien de toute société bumaine, et l’expérienre nous démontre plus que jamais dans quels malheurs tomèent les peuples qui osent la rejeter...
- “Ainsi done, N.T.C.F., comme l’Union fédéraie émane de l’autorité légitime, vous la regarderez comme votre loi, et vous obéires à l’ordre de Dieu, en l’acceptant en toute sincérité. Ilest d’ailleurs de votre intérêt, comme c’est pour vous un devoir de conscience de le faire, pour qu’elle puisse contribuer à la prospérité commune et procurer par là l’avantage des individus. Bientôt vous serez appelés à choisir ceux qui, soit dans le parlement fédéral, soit dans le parlement local, devront travailler à mettre en pratique la nouvelle constitution. Vous vous garderez donc de donner vos voix à des hommes disposés à la combattre ou à mettre
des entraves à son fonctionnement, mais vous la donneres à des citoyens éprouvés et reconnus comme ayant à cœur de la faire servir au plus grand bien du pays.
“Avant que la Confédération eût été décrétée par le Parlement impérial, et lorsqu'elle n’était seulement qu’à l'état de projet, il était sans doute permis de la discuter, et même d'employer tous les moyens permis pour l’empêcher de devenir loi. En effet, bien des personnes, dont le patriotisme ne saurait être révoqué en doute, croyaient y voir des dangers sérieux pour Pr nir, et regardaient comme un devoir de s’y opposer. Mais aujourd’hui la discussion n’est plus possible : la loi est promulguée ; l’œuvre de l'autorité doit être respectée ; refuser de s’y soumettre, ce serait renverser l’ordre établi par Dieu et ré ister à sa volonté, ce serait marcher à l’anarchie, à ia trahison, à la révolte et à tous les maux qri en sont la suite.
“Ce qui doit nous rassurer, N.T.C.F. c’est que la nouvelle forme de gouvernement qui vient de nous être donnée, a été préparée avec soin, par des hommes bien connus, eux aussi, par leur patriotisme, aussi bien que par les services qu'ils ont rendus à leur commune patrie. Si elle n’est pas sans défauts, si elle n’est pas tout ce qu’on aurait pu désirer qu’elle fût, rappelons-nous que rien n’est parfait dans ce monde et que, dans un pays comme le nôtre; où tant d'intérêts divers sont en présence il était impossible de se refuser à de mutuelles concessions, et d'arriver à un arrangement qui pût donner satisfaction à tout le monde. C’est aux hommes à qui vous alles confier le soin de vous
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représenter dans l’un et dans l’autre parlement, de. s'unir fortement ensemble pour conjurer le danger, s’il existe, et pour tirer le meilleur parti possible de la situation. Vous avez donc une raison de plus de les choisir parmi ceux qui se distinguent davantage par leur honnêteté, leur énergie et leur dévouement à la cause publique. ”
Tous les mandements ont été dans la même note. Il est done injuste et souverainement ridicule d’accuser les évêques d’être les auteurs de la Confédération, d’avoir sanctionné la nouvelle Constitution, et encore plus de “l'avoir fait accepter comme un dogme par le peuple.”
Sans doute, certaines clauses de l’Acte de la Confédération sont imprécises, mal rédigées : il est surtout regrettable qu’on ait laissé une porte ouverte au divorce, mais le fait que — depuis quelques années, — les Canadiens français se demandent si l’Acte de la Confédération n’a pas été un guet-apens, est dû à la méconnaissance du principe suivant : “Il ne faut pas que la lettre tue l'esprit ; il ne faut pas non plus que l'esprit — dans les sens divers du mot — tue ln lettre.” En un mot, il faut qu’il soit inter. prété loyalement, dans l'esprit de ceux qui l'ont conçu et rédigé, par une Cour suprême, compétente et indépendante.
; Le projet de la confédération fut adopté par quarantecinq députés contre quinse opposants, et M. David qualifie de mouvement national le rôle de l'opposition en cette circonstance. On ne peut mieux amuserle public...à ses dépens.
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Nous entrons en pleine histoire contemporaine, Par conséquent, nus serons bref autant que possible.
La Confédération canadienne, nous l’avons déjà dit date du 1° juillet 1867, et se compose d’un Parlement fédéral et d'une Légisiature locale pour chaque province.
Le Parlement fédéral possède les pouvoirs législatifs les plus étendus que puisse exercer une colonie qui n’est pas une nation au sens ordinaire du mot. Il: peut