‹ Mélanges historiques [microforme]Chapitre 8 sur 21 · COPA RE TEE CRETE EE POSE · texte numérisé non relu

COPA RE TEE CRETE EE POSE

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Chaque Législature locale possède le contrôle de ses institutions civiles, religieuses, municipales, est dent Mlnéet de D Obs de butions, et reçoit annuellement un subside du Parlement fédéral.

Telles sont les grandes lignes du régime politique sous lequel nous vivons depuis 1867. Il est, sans doute, loin d’être parfait, comme t ates les institutions humaines ; mais il n’est pas aussi mauvais que le prétend M. David.

Si la représentation basée sur la population avait pour effet indirect de diminuer l'influence de la province de Québec dans le Parlement fédéral, d’un autre côté, elle recevait en compensation le contrôle de ses . institutions et devenait maîtresse chez elle.

Dans tous les cas, le temps des récriminations est passé. La Confédération est un fait accompli ; elle s’imposait presque nécessairement, et il ne reste plus maintenant qu’à tirer le meilleur parti possible de la situation.

C'est pourquoi les 65 députés de la province de Québec auraient dû comprendre, depuis longtemps, la nécessité de l’union dans le Parlement fédéral, du moins, lorsque la liberté en matière religieuse ou d’éducation est en jeu. Ils sont à Ottawa dans la proportion de un contre trois, et non contents de cette infériorité numérique, ils ne craignent pas de rester partagés en deux camps, même lorsque les intérêts les plus chers de leurs compatriotes sont en péril et que l’union seule pourrait faire triompher des coalitions ennemies. Aussi

les résultats de cette aberration sont désastreux, au point de vue religieux et national.

Depuis l'inauguration de la Confédération, nous en avons fait plusieurs fois la cruelle expérience : une première fois en 1871 ; une seconde fois en 1896, puis en 1905 et 1911, en matière d'éducation dans les quatre cas. Un mot de ces incidents douloureux et humiliants pour le Canada français.

En 1871, le gouvernement libéral du Nouveau- Brunswick abolit le système des écoles séparées, qui, malheureusement, n’était pas garanti par la Constitution mais qui aurait dû l'être. La lutte commença sur le terrain local, puis elle ne tarda pas à être transportée sur le terrain fédéral. Les catholiques du Nouveau-Brunswick réclamèrent l'intervention du gouvernement fédéral, conservateur à cette époque. — Celui-ci hésita, temporisa et finit par refuser d'intervenir, en donnant pour raison qu'il n’y avait rien dans la il loi qui protégeât les écoles catholiques. C'était vrai, mais l'injustice n’en était pas moins réelle. D’un autre côté, le parti libéral tonna contre la non-intervention du gouvernement fédéral, la dénonça urbs et orbi, gémit sur le sort des malheureux catholiques du Nouveau- Brunswick, et laissa croire qu’il serait inconsolable, lorsqu'un accident le fit arriver au pouvoir. Il va = É donc intervenir, puisqu'il a condamné la non inter- fs vention ! Oui, mais en enterrant la question, c’est- l à-dire en la référant au Conseil privé d'Angleterre, | qui ne pouvait reconnaître un droit légal puisqu'il k n'y avait pas de loi. Voici comment Mgr Taché

raconte cet incident dans l’une de ses Brochures :

“ Plusieurs fois, M. Cauchon a parlé, devant moi comme devant d’autres, du service important qu'il se félicitait d’avoir rendu qu gouvernement de l’Hon. M. MecKensie, par une suggestion qui a préservé ce gouvernement du vote adverse dont il était menacé, par rapport aux écoles du Nouveau-Brunswick. M. Cauchon réclamait la paternité de la résolution que M. MecKensie proposa aux Communes pour référer cette question au Comité judiciaire du Conseil privé d'Angleterre, et par là même, se débarrasser du danger qui menaçait l’existence de son gouvernement. Plusieurs amis des écoles catholiques du Nouveau-Brunswick ne virent pas le danger dont la résolution les menagçait, et pour une raison ou pour une autre, la résolution fut votée par la majorité du Parlement canadien. Le gouvernement McKensie était sauvé, mais les écoles étaient sac. -ées. M. Cauchon, en racontant ce qu'il regardait comme un tour de force politique, dont le mérite est douteux, ajoutait : Cela a été possible au Nouveau-Brunswick, parce que là il n’y avait rien dans la loi qui protégeât les écoles catholiques, maisla chose est bien différente ici, puisque la loi du Manitoba et les conditions de l’entrée de la Province dans la Confédération défendent nos écoles contre toute tentative hostile. ” Lorsque M. Cauchon parlait ainsià Mgr Taché, il était lieutenant-gouverneur de Manito- - Les écales catholiques du Nouveau-Brunswick furent done sacrifiées ; mais il est bien permis de croire qu’il

aurait pu en être autrement, si les députés catholiques au Parlement fédéral étaient sortis des cadres de leur parti respectif, et s'étaient unis sur cette question. Ils auraient fini par forcer un gouvernement quelconque à réparer l'injustice commise, bien que la position des catholiques du Nouveau-Brunswiek fût loin d'être aussi avantageuse que celle de la minorité catholique de Manitoba. Quand les divisions dans un camp l’ontelles conduit à la victoire ? En quelle circonstance at-il cessé d'être vrai que l'union fait la force ? Des précédents et des exemples de ce genre, l’histoire n’en mentionne aucun et n’en mentionnera jamais,

En disant à Mgr Taché que les écoles catholiques du Manitoba étaient protégées par la loi contre toute tentative hostile, M. Cauchon avait raison en principe, mais il était mauvais prophète, puisque les catholiques de cette province devaient être dépouillés de leurs écoles une dizaine d'années plus tard. En effet, le 19 mars 1890 le gouvernement libéral de Manitoba abolissait les écoles séparées, et le lieutenant-gouverneur : ratäfiait cette loi inique , malgré la supplique de Mgr Taché et des membres français de l’Assemblée législative. Le 7 avril, la Section catholique du Bureau d’éducation pour la province de Manitoba pris le gouverneur-général de désavouer cette loi. En réponse à cette pétition, les Communes d'Ottawa, lors de la session de 1890, rendirent le désaveu pratiquement impossible, par un vote unanime sur la motion Blake, qui fit passer la question scolaire du domaine politique dans le domaine judiciaire. Libéraux et Conservateurs

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