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XXL CABANIS. — SIX PREMIERS MÉMOIRES

extérieures très-prononcées, à certaines constitutions physiques distinctes, correspondent généralement des passions, des affections morales trës-caractérisées, et qui sont constamment les mêmes pour les mêmes tempéraments : mais, sur les faits de Téconomie animale qu'ils avaient su démêler avec tant de finesse et décrire avec tant de vérité, ils avaient élevé un système faux, parce que l'art des expériences, ce puissant et heureux supplément de l'observation directe, leur était inconnu. Le Cit. Cabanis, en appliquant les découvertes des modernes dans l'anatomie et dans la physiologie, à la recherche de l'influence des tempéraments sur la formation des idées et des affections morales, a jeté le plus grand jour sur ce sujet si important, et il est parvenu, par une route entièrement différente, mais bien plus sûre, à des résultats qui confirment en grande partie la théorie des anciens, et qui lui ont donné Toccasion, en appuyant cette théorie sur ses véritables bases, de la modifier à certains égards, et delà compléter à quelques autres. Ainsi, au lieu de quatre tempéraments principaux ou simples que les anciens avaient admis, le sanguin, le bilieux, le flegmatique ou pituiteux, et l'atrabilaire ou mélancolique, le Cit. Cabanis en admet six ; mais les Anciens rapportaient à la prédominance de quatre humeurs primitives, le sang, la bile, la pituite et l'atrabile, les quatre tempéraments dont nous venons de parler, et cette hypothèse, qui a quelque chose de séduisant par sa simplicité, ne peut être admise sous aucun rapport, parce qu'aucun phénomène de l'économie animale, mieux observée et mieux connue, ne la justifie, et que l'atrabile telle que les Anciens la décrivent, c'est-à-dire formant une humeur naturelle du corps, n'existe véritablement pas. Laissons donc de côté la doctrine des anciens qui ne nous offre que des observations directes, pleines, à la vérité, de justesse et de sagacité, et revenons à la théorie de notre auteur qui nous présente un grand ensemble de faits parfaitement liés, et d'observations plus justes, plus étendues, et par conséquent plus fécondes en conséquences très-importantes.

Le premier fait sur lequel Fauteur arrête son attention dans cette recherche, c'est la fonction propre des poumons, qui est de respirer Tair atmosphérique, et, en le décomposant, de déterminer dans le sang des changements remarquables. Ils transforment le chyle en sang, et contribuent en grande partie à la production de la chaleur animale ; d'où il est aisé de conclure que des poumons plus volumineux produisent, toutes choses égales d'ailleurs, une sanguification plus active et plus complète, fournissent une plus grande quantité de chaleur, cl impriment par conséquent un mouvement plus rapide au sang. Un autre état organique, qui accompagne communément celui qu'on vient de décrire, et qui en dérive naturellement, c'est celui qui est caractérisé par la souplesse des muscles, par la docilité des fibres qui sont en même temps imprégnés d'une vitalité considéreible et partout égale et constante. De là, une aisance remarquable dans les fonctions, qui produit un grand sentiment de bien-être, et, pour passer à l'état moral qui est le résultat immédiat de cette organisation, de là l'éclat et la grâce dans les idées, la douceur et la bienveillance dans les affections, mais aussi une sorte de mobilité et d'inconstance. L'esprit manquera de force et de profondeur; en un mot, ce sera le tempérament sanguin des Anciens avec tous les caractères qu'ils lui prêtent dans leurs descriptions.

La capacité plus grande de la poitrine, la souplesse des solides, l'exacte proportion des humeurs, caractérisent donc le tempérament sanguin; mais, si, à la première des conditions qui déterminent le tempérament, on joint le volume plus considérable, ou Taclivité plus grande du foie, lesTésultats deviendront entièrement différents. La bile qui est filtrée par cet organe est une humeur très-active, très-stimulante, qui imprime aux solides des mouvements plus vifs et plus forts, qui agit même immédiatement sur le système nerveux, et par lui sur les causes primitives de la sensibilité. Ordinairement les effets de la bile coïncident avec ceux de l'humeur séminale. Ces deux produits de fonctions et d'organes si différents

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