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XXI. CABANIS. — SIX PREMIERS MÉMOIRES

autres : 1*^ celui qui est caractérisé par la prédominance du système nerveux ou sensitif sur le système musculaire ou moteur; 3*" celui qui se distingue, au contraire, par la prédominance du système moteur sur le système sensitif. En efTet, on a observé que la faculté du mouvement n'était pas toujours en raison de la sensibilité ; qu'une partie, ou même le corps tout entier, pouvait être peu sensible, et cependant capable de se mouvoir avec vigueur, ou peu capable de se mouvoir quoique fort sensible. Mais Tinfluence prédominante du cerveau peut s'exercer sur des fibres fortes, ou sur des fibres faibles. Dans le premier cas, il en résulte des déterminations profondes et persistantes, des élans durables, un enthousiasme habituel, des volontés passionnées; dans le second, des déterminations légères et fugitives, des impressions multipliées qui se succèdent sans relâche, et se détruisent mutuellement, des idées et des affections passagères, etc. L'auteur observe, à cette occasion, que Tune de ces deux modifications appartient plus spécialement à la nature particulière de l'homme, l'autre à la nature particulière de la femme.

Au reste, il est aisé de reconnaître les différences essentielles et fondamentales qui caractérisent les deux tempéraments établis par le C. Cabanis; c'est au premier, à celui dans lequel dominent les forces sensîtives, qu'appartiennent les hommes doués d'une imagination vive et brillante, d'une aptitude remarqueible aux travaux de l'esprit, aux sciences et aux arts; tandis que les individus qui n'éprouvent que le besoin d'exercer sans relâche leurs facultés mécaniques, qui sont entraînés dans une action violente et continuelle, qui presque toujours devance la réflexion et souvent même la rend impossible, qui ne vivent, pour ainsi dire, que par l'exercice ou la conscience de leur force extérieure, appartiennent essentiellement au tempérament où dominent les forces motrices. L'auteur observe avec raison que les mœurs de ces deux espèces d'hommes doivent paraître quelquefois n'appartenir qu'à peine au même système d'existence, et que le temps et la pratique de la vie^ en déve-

loppant, en fortifiant leurs caractères divers, ne font que rendre plus sensible cette ligne de démarcation.

C'est de la complication et de la combinaison de ces six tempéraments variés à Tinfini et dans des proportions infiniment diverses, que se composent ceux que Ton a occasion d'observer ; aucun n'a les caractères exacts et précis que Ton vient de présenter; aucun ne s'offre avec cet équilibre exact et parfait des qualités ou facultés diverses qui formerait le tempérament le plus heureux, le plus propre à assurer la jouissance pleine et entière de chacun des instants de la vie, et à lui garantir une longue durée. D'un autre côté, le tempérament peut être modifié, jusqu'à un certain point, par le régime, en prenant ce mot dans son acception la plus étendue : mais l'observation a démontré qu'un tempérament bien caractérisé ne change pas, et que même il se transmet des parents aux enfants ; le mélange des races est peut-être le moyen le plus efficace de modifier et d'améliorer la nature humaine, et cet objet si digne de l'attention du moraliste et du philanthrope, appelle toutes les recherches du moraliste et du médecin observateur. Telles sont les conclusions du C. Cabanis, et les vues de perfectionnement auxquelles il s'est élevé en terminant cet intéressant ouvrage, qui n'est pas l'un des moins beaux monuments de la philosophie de ce siècle.

En réfléchissant sur l'ensemble des faits présentés dans toute la suite do ces travaux, on ne peut s'empêcher de reconnaître que la nature morale a ses lois nécessaires et invariables, comme la nature physique, ou plutôt que cette distinction, produit de la faiblesse de notre intelligence, s'évanouit devant un examen plus approfondi, et une connaissance plus étendue des phénomènes, puisque, encore une fois, les affections qu'on appelle morales sont le résultat immédiat de certaines dispositions et combinaisons des organes et do leurs éléments constitutifs. Or, si l'on est parvenu à connaître quelques-unes des lois qui régissent le monde physique au point de prévoir et de déterminer avec certitude quelques-unes des révolutions et des

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