‹ MélangesChapitre 119 sur 269 · XXIII. TRACY. — GRAMMAIRE · texte numérisé non relu

XXIII. TRACY. — GRAMMAIRE

téressantes sur Tobjet spécial de cette partie du langage. Examinant ensuite d'une manière générale les moyens de la syntaxe, il les divise en trois classes : 1** La place que Ton donne aux signes dans le discours ; S"* certaines altérations qu'on leur fait subir ; 3^ Tinvention de certains signes destinés à marquer le rapport des autres entre eux. Au premier genre de ces moyens se rapportent les lois de la construction; au deuxième les déclinaisons de tous les signes véritables du discours ; au troisième la ponctuation et Tusage des autres signes qui servent à indiquer les divers degrés de liaison et de dépendance où sont entre elles les diverses parties du discours.

Ce que le C. Tracy a fait de plus important, en traitant de la construction, c'est d'avoir résolu, avec netteté et précision, la question, si débattue et si peu éclaircie, sur ce qu'on doit appeler construction naturelle, ou sur ce qu'on doit entendre positivement par construction inverse. Le C. Tracy appelle construction naturelle celle où le signe de l'idée dont on est affecté le plus vivement, précède tous les autres ; c'est la manière de s'exprimer propre à toutes les affections violentes. La construction directe consiste à placer les signes de la proposition de manière que l'ordre dans lequel ils se succèdent représente lenchainement dans lequel se suivent les idées dont se forme un jugement. C'est la manière dont on s*exprime quand on parle avec calme et de sang-froid. Il résulte de là qu'une construction inverse peut être une construction naturelle ; mais non qu'il n^y ait pas une construction qui doive être désignée par la dénomination de directe, et par conséquent une construction inverse.

Tout ce qui concerne la déclinaison des noms et des adjectifs est expliqué avec la même netteté. Mais un des chapitres les plus distingués et les plus neufs de tout l'ouvrage, c'est une digression sur les temps des verbes, que l'on peut regarder, à certains égards, comme un développement et, à d'autres, comme le complément de la théorie de l'auteur sur cet élément

nécessaire de la proposition. Il n'est personne qui, eu s'occupant de ce sujet, n'en ait vivement senti la difficulté réelle^ et celle qu'y ont ajoutée les incertitudes, le vague et Tobscurité de toutes les théories des grammairiens : nous osons avancer qu'il n'est personne, non plus, qui ne doive être également frappé de la simplicité,de la clarté et de l'ordre que le C. Tracy a portés dans ce sujet, jusqu'ici inextricable.

Il serait trop long d'indiquer la marche^ les procédés, les aperçus ingénieux qui l'ont mené aux résultats énoncés dans ce chapitre; mais nous indiquerons au moins ces résultats.

De tout ce qui précède, on aurait déjà pu recueillir que l'auteur distingue trois modes dans chaque verbe : le mode adjectif, le mode substantif et le mode attributif. Ici, il établit cette division d'une manière positive.

Le mode adjectif et le mode substantif ont chacun quelques temps, et ils pôurrraient les avoir tous, mais c'est au mode attributif qu'ils sont multipliés.

En considérant le mode nommé conditionnel comme la suite de celui que Ton désigne ordinairement par la dénomination d'indicatif, l'auteur compte en tout douze temps : un présent, et cinq temps passés par rapport à lui ; un futur, et de même cinq temps passés par rapport à lui.

Ce sont deux séries de temps, dont Tune exprime l'existence considérée comme positive, et l'autre, l'existence considérée comme éventuelle.

Outre ces deux manières de considérer l'existence, il y en a une troisième que le C. Tracy nomme existence subordonnée. C'est celle qu'exprime le mode ordinairement nommé subjonctif. Ce mode n'est véritablement qu'un cas oblique du mode attributif ; aussi n'a-t-il que six temps qui répondent également aux deux séries de ce dernier.

Telle est Tesquisse imparfaite du plan et des idées principales de cette partie de Touvrage du C. Tracy, qui a pour objet la théorie des signes fugitifs de nos idées. La suite est consacrée à la théorie de leurs signes permanents et spécialement de

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