I. CORAY. — HIPPOCHATE
gloire nationale et le goût de Tinstruction et d*y introduire, avec Tétude des chefs-d'œuvre de la Grèce antique, la connaissance de la langue française qu'on peut désormais appeler, ajuste titre, la langue de la liberté. Les Grecs modernes ne sont pas, à beaucoup près, aussi étrangers aux sentiments généreux et aussi indifférents au désir de Tindépendance qu'il a plu à quelques observateurs superficiels de le dire ou de le croire ; la preuve en est dans Tempressement avec lequel tout ce qui, dans cette nation, a quelques moyens ou quelque énergie se porte à se réunir à notre brave armée d'Orient, illustrée par tant de victoires et par tout ce que Théroïsme, porté à son plus haut degré d'enthousiasme, peut produire de grand et d'admirable.
Qu'il nous soit permis, en terminant cette notice, de manifester notre vœu, pour que Tétude des langues anciennes et particulièrement de la langue grecque, beaucoup trop négligée en France depuis longtemps, y reçoive quelque perfectionnement et quelques encouragements; on ne saurait se dissimuler que cette partie de la littérature offre dans tous les genres des modèles de la plus rare perfection, et peut-être n'est-elle pas moins importante pour les hommes qui veulent cultiver avec succès la poésie et l'éloquence, que l'étude de l'antique, c'est-à-dire des chefs-d'œuvre des sculpteurs grecs, ne l'est pour les artistes qui veulent atteindre un certain degré do perfection dans la sculpture ou dans la peinture. Enfin il est convenable à la gloire et à la dignité d'une grande nation, de ne pas rester dans un état d'infériorité marquée par rapport aux nations voisines dans quelque genre que ce soit; et, certes, l'Allemagne, l'Angleterre et la Hollande l'emportent de beaucoup sur nous pour le nombre des professeurs habiles qu'elles possèdent et des ouvrages importants qu'ils publient presque chaque année.
Nous avons sans doute, en France, quelques hommes qu'on peut opposer aux plus savants de l'Europe, les VîUoison, les Brunck, Coray, Chardon-Larochette, etc.; mais la décadence où sont tombées les études, surtout depuis la Révolution, nous
empêche de profiter de leurs travaux et des connaissances précieuses qu'ils pourraient propager.
Le citoyen Goray pourrait, comme nous Tavons dit, nous donner une édition parfaite des œuyresd'Hippocrate; le citoyen Chardon-Laroehette a, dit-on, préparé une édition complète de V Anthologie^ et qui offrirait une foule de morceaux inédits qu*il a tirés du manuscrit du Vatican; l'on doit voir avec peine que ces savants ne puissent faire imprimer leurs ouvrages que dans les pays étrangers.
Espérons néanmoins que , sous Tinfluence d'un gouvernement éclairé et qui accueille avec empressement tout ce qui est utile et qui peut contribuer à la gloire nationale, nous reprendrons, en ce genre aussi, la supériorité k laquelle nous pouvons aspirer et que nous avons eue à d'autres époques.
I20KPAT0VS AOrOI, etc. Harangues et lettres d'Isocratc avec les anciennes scholies, auxquelles on a ajouté des remarques et un discours sur renseignement de la langue grecque, composant les tomes I et II d'une Bibliothèque grecque qui s'imprime et se publie aux frais des frères Zosima, en faveur des Grecs qui veulent étudier la langue grecque. 2 vol. in-8°, prix : 21 francs, à Paris, de l'imprimerie de F. Didot, 1808. {Mercure de France, septembre 1808, t. XXXIII, p. 458.)
Nous regretterions de ne pas avoir parlé plus tôt de celle édition soignée d'un des plus illustres orateurs grecs, qui a paru depuis près d'un an, si le moment présent ne nous paraissait pas extrêmement favorable pour la recommander à l'attention des amis des lettres. L'époque où Ton s'attend à voir donner une forme désormais invariable à Tinstruction publique en