XXIII. THACY. - GRAMMAIRE
Pour achever d'esquisser Topinion du C. Tracy sur Torigine de récriture, il nous reste à indiquer les distinctions qu'il établit entre l'écriture alphabétique proprement dite, et récriture syllabique. Les procédés qui ont mené à la formation de Tune et deTautre pourraient n'être envisagés que comme deux modiflcations peu différentes d'un même principe fondamental. Le C. Tracy regarde néanmoins l'écriture syllabique comme plus éloignée que l'écriture alphabétique du procédé intellectuel qui a dû conduire à la notation du chant. Il doute même qu'il y aitjamais eu d'écriture vraiment syllabique; quand il cite comme telle celle des Ethiopiens, il la cite sans être bien assuré qu'elleait réellement ce caractère. Il pense d'ailleurs, contre une opinion assez accréditée, que cette espèce d'écriture, quelle que soit son origine, n'a jamais pu être l'état primitif d'un véritable alphabet, ni conduire à en former un. Il y aurait plusieurs réflexions à faire sur ces idées du C. Tracy. Nous remarquerons seulement que l'écriture syllabique est efl'ectivement très rare ; mais qu'il en existe cependant quelques exemples célèbres. Telle est réellement celle des Éthiopiens, formée de deux cent deux caractères, résultant de la combinaison de vingt-six consonnes avec sept voyelles. Peut-être un examen attentif de cet alphabet syllabique eut-il fait penser au C. Tracy qu'il n'avait pu être formé que par altération d'un véritable alphabet existant à une époque antérieure.
L'application de l'analyse du son vocal à la formation d'une écriture qui serait une représentation exacte et précise de la parole, à l'examen des alphabets de diverses langues et spécialement de la nôtre, sans occuper beaucoup déplace dans l'ouvrage du C. Tracy, y est néanmoins traitée avec assez de détail pour être d'une utilité directe.
Nous savons qu'il faut, dans l'écriture, quatre genres de signes pour représenter les quatre qualités essentielles du son vocal. En prenant un certain nombre d'alphabets, on distingue effectivement dans la réunion de leurs caractères, les quatre genres de signes dont il s'agit, c'est-à-dire, des signes pour
marquer los articulations, et auxquels on a donné le nom de consonnes; d'autres poor marquer la voix, et de là nommés voyelles; d'autres pour indiquer le ton, et de là désignés par le nom d'accents ; et enfin des signes destinés à noter la durée du son, et qui sont aussi, pour l'ordinaire, nommés accents. Hais ces divers signes n'existent à la fois dans aucun alphabet particulier, dans aucun ils ne sont assez variés pour exprimer d'une manière complète les combinaisons nécessaires des qualités diverses da son vocal ; dans aucun enfin, l'emploi des signes d*une même classe n'est restreint à représenter exclusivement des circonstances du même genre.
Passant de ces observations générales à Texamen spécial de notre écriture, le G. Tracy en considère les différents signes relativement aux diverses qualités du son vocal qu'elles représentent ou devraient représenter.
Il fait voir que nous n'avons pas de signes pour les tons, ceux que nous nommons accents ne marquant ordinairement dans les mots que des circonstances étrangères à la qualité grave ou aiguë du son. Nous marquons quelquefois la durée ou le temps, mais il s'en faut bien qu'à cet égard les signes de noire écriture puissent noter fidèlement notre prononciation.
Nous n'avons que cinq voyelles ; et il est constaté pour tout le monde que nous avons plus de cinq voix. Le G. Tracy en compte jusqu'à dix-sept , et ce nombre a été reconnu par plusieurs grammairiens.
Quant aux articulations, il en distingue vingt qu'il divise en deux classes ; en constantes ou isolées, et en variables ou jumelles. Le fait qui donne lieu à cette division, c'est qu'il y a des articulations qui se correspondent, et ne i)araissent difTérer que par le contact plus ou moins fort des mêmes parties de Torgane vocal ; telles que celles représentées par les consonnes B et P, Y et F. Il y a d'autres articulations absolues et sans analogues, et qui par là peuvent être nommées isolées. Telles sont celles que nous figurons par les consonnes M, N. Le G. Tracy donne de ces diverses articulations un tableau systé-