XXIV. BUTET. — LEXICOLOGIE
langues grecque et latine. Ce serait une bonne expérience à faire sur J'idéologie. La foule des pédants et dessots serait obligée de reconnaître et d'avouer l'utilité de ses applications, ou de proscrire le grec et le latin, dès qu'il serait prouvé par le fait que la philosophie moderne peut servir non seulement à épargner du temps et de l'ennui dans l'étude d'Homère et de Virgile, mais encore à multiplier les fruits et les charmes de cette étude.
Quoique nous nous soyons livrés au plaisir de parler longuement de rou\Tage du C. Tracy, nous ne lui avons pas encore donné le genre d'éloge qu'il nous semble le plus glorieux de mériter ; on reconnaît dans l'auteur de cet ouvrage un ami zélé et sincère de la vérité et de la raison, un écrivain animé du noble besoin de concourir à rendre la jouissance de ces premiers biens de l'homme plus complète, plus générale et plus assurée, et dont les travaux obtiendront la reconnaissance de tous ceux qui ont assez d'élévation dans les sentiments et dans les idées pour espérer l'amélioration du sort de l'humanité.
Abrégé dun cours complet de lexicographie et de lexicologie latine et française, à l'usage des élèves de l'Ecole polymathique ; par P.-R.-F. Butet, directeur de cette école, professeur de physique au lycée républicain, etc. Deux vol. in-8. A Paris, chez Renouard, libraire, rue Saint-André-des- Arcs, n° 42, et à l'École polymathique, rue de Clichy, n* 337. — {Décade, an X (1802), 3° trimestre, 30 floréal, p. 335.)
Une des difficultés les plus propres à arrêter ceux qui se livrent à l'étude des langues, c'est celle qui tient au vocabulaire ou à la connaissance de la signification et de la valeur des
moto de la langue qu^on appi*end, par rapport à la langue qu'on sait déjà. II est certain que le plus ou moins de succès, en ce genre, dépend essentiellement du plus ou moins de mémoire de chaque individu. Mais n'y a-t-il pas quelque moyen de réduire à des lois constantes les analogies ou ressemblances qu'on remarque souvent entre les moto d'une langue et ceux d*une autre, surtout lorsque Tune semble avoir, en grande partie, fourni les matériaux qui ont servi à former l'autre, comme la langue latine, par exemple, par rapport à la langue française? Tel est le problème que s'est proposé le G. Butet; problème^ il faut l'avouer, dont les savants qui jusqu'à présent ont écrit sur la grammaire et sur les étymologies, n'avaient traité que quelques parties isolées, à mesure que l'occasion s'en présentait.
Les élémento du langage sont les moto, et ces moto, dans l'étot actuel de nos connaissances, se présentent sous deux aspects : écrito, ou prononcés. Dans l'un et lautre cas, on considère l'espèce et la nature des idées qu'ils présentent à l'esprit, et ces idées varient pour le nombre et pour la nature, à raison des diverses parties dont les mots sont composés. L'analyse des mots écrits est Tobjot de ce que le C. Butot appelle lexicographie^ et celle des moto prononcés par l'organe vocal est l'objet de ce qu'il nomme lexicologie. Nous allons examiner successivement ces deux parties de son travail.
Il divise son traité de lexicographie en trois pailics : dans la première, il examine la nature et les propriétés de chacun des élémento qui entrent dans la composition des moto écrito ; c'est une exposition analytique de Talphabct qui est la collection de ces divers éléments. Dans la seconde, il considère les altérations que ces éléments subissent dans les mots qui passent d'une langue & Tautre, d'un siècle à un autre, ou d'une forme significative à une autre. Enfin, dans la troisième, il expose la pratique de ces mêmes altérations, ou l'application des principes démontrés dans les deux sections précédentes, aux différentes transformations des mots.