XXV. COUMAS. — TRAITÉS ÉLÉMENTAIRES
être, semblaient s'êire plu à répandre contre la nation grecque ; je m'attachai àfaire connaître quelques faits bien authentiques, qui prouvent Texcellent esprit dont une grande partie des Grecs sont animés, et avec quelle ardeur la nation presque entière semble se porter vers tous les moyens d'améliorer sa condition et de marquer enfin sa place parmi les peuples civilisés.
Les deux ouvrages que j'ai en ce moment sous les yeux m'offrent seuls un grand nombre de faits nouveaux qui confirment l'opinion que j'ai précédemment énoncée sur ce sujet, et qui, par cela même, ne peuvent manquer d'intéresser les véritables amis de la raison et de l'humanité.
Le premier de ces ouvrages est un Recueil de traités élémentaires sur les diverses parties des mathématiques et de la •physique^ en huit volumes in-8, imprimés à Vienne en i807 ; le second est une traduction des Leçons élémentaires de chimie, de M. Adet, ouvrage composé par ordre du gouvernement, à l'usage de nos lycées, imprimée l'année dernière, aussi à Vienne, en deux volumes in-8; mais le traducteur y a ajouté plusieurs développements puisés dans les écrits de nos plus célèbres chimistes.
L'écrivain a q.ui la Grèce doit ces deux intéressants ouvrages est M. Constantin Coumas de Larisse ; et c'est déjà un phénomène assez curieux que de voir un homme né et élevé dans la ville qui fut jadis la capitale des états d'Achille, non seulement être parfaitement instruit des doctrines de nos savants les plus célèbres, mais développer par écrit et de vive voix(l) à ses compatriotes les sublimes théories des Lagrange, des Laplace, des Lavoisier, des Bertholet, etc., et payer à ces hommes il* lustres le tribut d'éloges et d'admiration qu'ils ne s'atten* daient guère à recevoir que chez les nations les plus éclairées de l'Europe.
(1) M. Coumas a été appelé depuis quelque temps à la place de professeur des sciences dans le Gymnase de Smyrne.
Los cinq premiers volumes de ce recueil, que Tau leur à intitulé : Chante élémentaire de traités de mathématiques et de physique^ compronneiil, outre les éléments de Tarithmétique, de la géométrie et de Talgèbre, en y comprenant la théorie des équations et des suites, des notions sur Tapplication de l'analyse à la géométrie, aux sections coniques^ aux cojrbes en général, et même quelques idées sur les calculs différentiel et intégral, et sur leur application aux courbes transcendantes, sur la mécanique, Thydrauliquo et l'hydrostatique. Les deux suivants contiennent une exposition abré^ gée des phénomènes de Toptique et des lois de la catoptrique et de la dioplrique , un traité de trigonométrie sphérique, et des notions élémentaires sur l'astronomie et sur le système du Monde. Enfin, on trouve dans le huitième volume quelques idées ounotions succinctes sur différentes branches de physique et d'histoire naturelle, telles que la théorie du son, la météorologie, Tanatomie, la minéralogie, la botanique et la chimie.
Je ne saurais mieux faire connaître Texcellent esprit de Tauteur et les sentiments estimables par lesquels il est animé et soutenu dans ses travaux, qu'en donnant une analyse rapide des deux discours préliminaires qu'il a mis en Lùlc de ses ouvrages. Son cours de mathématiques el de physi(jue est écrit tout entier en grec littéral, et annonce un homme qui apréhulé, pour ainsi dire, par de bonnes études littéraires h celles des sciences exactes; mais les éléments do chimie sont en grec vulgaire, sans doute parce que l'auteur a pensé que les connaissances qu'il y expose étant susceptibles d'intéresser une classe plus nombreuse d'individus, par les applications continuelles qu'on en fait dans les arts, dans les manufactures, et par les explications si satisfaisantes qiie donne la chimie, des phénomènes les plus ordinaires et des faits qui sont le plus habituellement sous nos yeux, il ne devait rien négliger pour rendre cette science accessilUe à toutes les classes de lecteurs. En général, les Grecs qui aspirent à contribuer à l'instruction et à la régénération de leur patrie ne sauraient trop s'appliquera