‹ MélangesChapitre 136 sur 269 · XXV. COUMAS. — TRAITÉS ÉLÉMENTAIRES · texte numérisé non relu

XXV. COUMAS. — TRAITÉS ÉLÉMENTAIRES

la condition humaine, adoucir les uns et remédier aux autres, et d'une voi.v plaintive elle nous conjurait de revenir au culte de cette divinité bienfaisante. Enfin, cette voix sacrée de la patrie fut entendue de quelques Grecs, qui s'empressèrent de ramener parmi nous l'étude et le goût des lettres et des sciences, etc. » Ici, Tauteur signale à la reconnaissance de ses concitoyens les noms de quelques-uns do ceux qui, soit pai' leurs écrits (1), soit par leurs leçons, ont tenté les premiers de faire revivre les bonnes études dans la Grèce, et Téloge touchant qu'il fait des rares vertus et des talents distingués du maître dont il reçut les premières instructions dans un gymnase do la Thessalie annonce que M. Coumas lui-même unit les qualités précieuses de Tâme à un esprit orné et cultivé.

Je ne dirai que peu de choses du discours préliminaire qui précède le Traité de Chimie du même auteur : c'est à peu près la même marche, ce sont les mêmes principes et les mêmes sentiments. Il commence aussi par quelques notions sur l'histoire de l'origine et des progrès de la chimie, qui , comme on sait, doit plusieurs expériences intéressantes aux recherches illusoires des alchimistes, comme l'astronomie a dû plusieurs observations précieuses à l'art imposteur des astrologues. Cette manière de procéder dans l'enseignement des sciences, en donnant d'abord à ceux qui doivent les étudier quelque connaissance de ce qu'elles étaient avant de parvenir au degré de perfection plus ou moins grande où nous les voyons aujourd'hui, a le double avantage d'inspirer un plus vif intérêt aux lecteurs,

(1) Les écrits, dans tous les genres de science et de littérature, se sont singulièrement multipliés dans la Grèce depuis un certain nombre d*années. A la vérité, ce ne sont pour la plupart que des traductions, et Ton conçoit que cela devait être ainsi ; mais, en général, un bon esprit a présidé au choix des livres qu^on a traduits : ce sont presque tous les meilleurs ouvrages français, anglais et allemands. On trouve, dans le Journal de VEmpire du H septembre 1808, une Notice assez étendue sur Tétat actuel de la littérature des Grecs. Elle est de M. Boissonade, qui joint un goût sûr à beaucoup d'érudition, et dans les écrits duquel règne toujours ce ton de politesse et de décence qui est l'un des caractères dislinctifs des véritables gens

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et de les préparer même, à quelques égards, à comprendre plus facilement les théories auxquelles les premiers faits ont donné naissance. On peut donc dire que Thistoire des sciences fait une partie essentielle de leur enseignement, en vertu du principe naturel et incontestable qui veut qu'en tout genre d'instruction on procède du simple au composé, du connu à l'inconnu ; et il faut féliciter M. Coumas d'avoir su saisir cette vue intéressante du véritable esprit méthodique qui doit présider à l'enseignement.

On s'attend bien que, dans une esquisse des progrès que la chimie a faits depuis environ un demi-siècle, les noms des philosophes français qui ont contribué d'une manière si éclatante à la régénération de cette science, aussi attrayante par la variété que par Futilité des objets auxquels elle s'applique, tiennent le rang le plus honorable. Aussi l'écrivain dont je parle s'est-il plu à célébrer la gloire de Tillustre et infortuné Lavoisier, qui, le premier, porta dans les sciences physiques cette méthode d'analyse philosophique dont il confesse qu'il a pris des leçons dans les écrits de Condillac; celle do ses célèbres collaborateurs, MM. Bertholet, Guyton de Morveau, Fourcroy, etc., dont les travaux multipliés ont agrandi la sphère de nos connaissances et enrichi nos arts d'un grand nombre de découvertes précieuses; et, sous ce dernier rapport, il paie un. légitime tribut de reconnaissance à M. Chaptal, dont plusieurs écrits ont pour objet spécial rapplication de la chimie aux manufactures et aux arts, et à M. Fourcroy, qui, dans son Système des comiaissimces chim/r/Kcs, a présenlc avec une juste étendue les nombreuses et diiïérentes brandies de cette science qu'il a professée si longtemps avec le plus brillant succès.

Dans la dernière partie de ce discours, M. Coumas entre dans quelques détails sur le langage qu'il a adopté et sur plusieurs expressions qu'il a été en quelque sorte forcé de créer pour composer une langue chimique qui ne s'écartât pas trop des lois d'analogie propres à la langue grecque. Cette dis-

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