‹ MélangesChapitre 137 sur 269 · XXV. COUMAS. — TRAITÉS ÉLÉMENTAIRES. 3io · texte numérisé non relu

XXV. COUMAS. — TRAITÉS ÉLÉMENTAIRES. 3io

cussion grammaticale, quoiqu'elle ne soit pas sans intérêt et sans utilité, serait trop étrangt»re à l'objet de cet article, et an goiit de la plupart des lecteurs. Je me bornerai donc à en extraire une seule observation qui confirme la réflexion que tous ceux qui ont quelque connaissance de la langue grecque avaient faite sur le mot oxygène, employé pour désigner le corps simple, ou regardé jusqu'à présent comme tel, que les chimistes considèrent comme le principe acidifiant, ou générateur des acides. « Je Tai appelé oxygone, dit M. Coumas; car suivaiit l'analogie de notre langue, oxygène signifierait produit ou engendré par les acides, ce qui est précisément le contraire de. ce qu'on a voulu dire. Au reste, ajoute-t-il, je ne prétends pas, en faisant cette observation, critiquer ou réformer Texpression adoptée parles savants français; ils peuvent mieux que moi juger de la manière dont il leur convient de transporter dans leur langue les terminaisons de nos mots. » En effet, puisque le mot oxygène est adopté et parfaitement entendu de tous ceux qui ont occasion de s'en servir, il ne faut plus songer à y ^xxh-- %ï\l\iev\Q mol oxygone qu'on aurait probablement fait adopter dans lo principe, si on l'avait voulu. Il en résulte seulement ce très petit inconvénient, que toutes les fois qu'on expliquera l'étymologie du mot oxygène, on sera obligé, pour ne pas dissimuler la vérité, d'y faire observer ce léger défaut d'analogie par rapport à la langue d'où il est tiré.

Les deux ouvrages dont je viens de parler ont été proposés par souscription, et les listes des souscripteurs ont été imprimées à la fin de chaque ouvrage : on y voit les noms d'une foule de citoyens de toutes les classes et de tous les cantons de la Grèce ; des négociants, des sociétés d'amis de leur pairie qui se sont formées dans tous les pays où ces intéressantes associations pouvaient avoir lieu sans inconvénient, ont souscrit pour un nombre d'exemplaires qu'ils font distribuer dans les écoles et dans les gymnases des différentes contrées, en sorte que ceux qui ont entrepris cette utile publication ont pu être assurés du débit de près de six cents exemplaires

de chaque ouvrage, avant même que rimpression fût achevée (1). Mais ce qui fait naître surtout des réflexions consolantes sur l'état actuel des esprits et des idées dans la Grèce, et ce qui suffit pour donner le démenti le plus formel aux écrivains qui ont osé calomnier le clergé grec en Faccusant d'une ignorance aveugle et d'un fanatisme stupide, c'est que l'on trouve parmi les souscripteurs dont nous parlons un grand nombre d'archevêques, d'évêqucs et d'ecclésiastiques de tout rang, à la tête desquels est le patriarche même de Constantinople , qui , en s'inscrivant pour plusieurs exemplaires, semble avoir voulu donner le signal de ce noble élan vers tous les sentiments propres à améliorer les destinées de sa patrie. Sans se permettre de rien préjuger sur les événements auxquels peut donner lieu la situation présente de l'Europe, il est au moins possible d'espérer et de préVoir jusqu'à un certain point que ces événements seront favorables à la nation grecque. Grûce à l'esprit de vertige et de démence qui semble s'êlrc emparé du gouvernement féroce sous le joug duquel elle gémit depuis si longtemps, il peut arriver d'un moment à l'autre que ce joug soit brisé sans retour; et ce qui paraît incontestable, c'est que rhcure de raUVanchissemeut trouvera tous les Grecs dt's longlomps préparés ; c'est que chaque jour le souvenir îles vertus, dos exploits, dos grandes actions on tout genre qui ont illustré leurs anootros so ravive, pour ainsi dire, dans leurs ûmcs, et y fait naître un vif désir do ressaisir un jour au moins une partie do cet immense héritage do ij^loire, dont ils ont été si longtemps dépossédés. En un mot, on ne saurait douter, par tous les faits qui se multiplient chaque jour pour démentir les assortions contraires dos détracteurs do ce peuple généreux, qu'aussitôt i\u'\\ sera délivré des entraves ciiielles qui le captivent encore, il ne marche h grands pas vers la civilisation et vers tous les biens qu'elle amène à sa suite.

(1)MM. Zosima soûls, dont il a été ((iiostion au commencement de cet article, ont souscrit pour cimjuante exemplaires de chaque ouvraj^'c.

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