XXVI. — ESSAIS DE MÉTAPHYSIQUE. nV
Dois-jo craindre do m'ètre fait illusion sur rinlérêt du sujet sur lequel j'ai cru devoir arrêter un moment l'attention des lecteurs? En voyant avec quel empressement, avec quelle reconnaissance des hommes animés des plus nobles sentiments proclament dans leur pays la gloire de nos sciences, de nos arts, et des savants dont notre patrie s'honore, aurais-je eu tort de croire qu'il y avait aussi quelque justice à leur donner l'espérance qu'ils ne peuvent être ni dédaignés ni méconnus de ceux qu'ils se plaisent à regarder comme leurs maîtres et comme leurs modèles? Je ne saurais le croire.
Essais de métaphysique^ brochure in-8° d'environ 80 pages d'impression. A Paris, chez Léopold Collin, libraire, rue Gilles-Cœur. 1809. [Mercure de France^ Juillet 1809, t.XXXVlI,p. 263.)
« Cet ouvrage paraît avoir été composé par un professeur do l'Université de Gottingue. Il est tombé, par suite des événements de la guerre, dans les mains d'un employé supérieur de l'armée française, connu par son goût pour les belles-lettres. Cet administrateur s'est occupé, dans les moments de loisirs que lui laissaient les devoirs de sa place, d'en faire la traduction, etc. » Voilà ce que nous apprend V aoant-propos qui précède l'ouvrage lui-même, auquel on a donné le titre plus spécial d'essai nouveau sur les idées^ avec cette épigraphe latine : Meritibus 7iostris iyiest natura insatiabilis quœdam cupiditas vert audiendi. (La nature amis dans nos âmes un désir insatiable de connaître la vérité.) Au reste, cette brochure n'est point, à proprement parler, la traduction de l'ouvrage allemand dont il est question dans l'avant-propos ; elle n'est tout au plus qu'un
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résume ou un exposé rapide des vues les plus neuves et des points principaux de la doctrine du professeur de Gottingue ; elle n'est qu'une espèce de rapport que récrivain français fait sur l'ouvrage qu'il dit avoir traduit.
Le motif qui Ta déterminé à cette entreprise, et qui parait lui avoir inspiré un degré d'intérêt assez vif en faveur de l'auteur dont il s'occupait, est louable sans doute, puisque c'est, comme il le dit lui-même, le plaisir ou la surprise qu'il a éprouvée on n'y trouvant ni robscurité si commune aux métaphysiciens allemands^ ni rien qui décèle le kantisme. C'est assurément l'indice d'un bon esprit, et d'un amour sincère de la vérité, que ce goût pour les idées claires, que cette aversion naturelle pour les doctrines obscures et mystérieuses qui ont malheureusement séduit et même égaré beaucoup d'hommes d'un talent distingué en Allemagne , et qui peut-être y auront arrêté pour un terme assez long encore les progrès de la saine philosophie. Mais nous osons croire que, si des occupations plus importantes avaient permis à l'auteur de cette brochure de se mettre un peu plus au courant de ce qui a été écrit en Franco et en Angleterre sur ces matières, depuis unevingtained'années,il aurait attaché moins d'importance aux idées particulières du professeur iio Golliuf^uo, dans tous les'poinls où sa doctrine s'écarte des principes généralemcînt admis dansées deux pays sur les mêmes objets.
En clFet, il avoue lui-même qu'il n'a pu se dissimuler le manque de méthode qui se faisait sentir dans l'ouvrage qu'il traduisait. Or, c'est déjà un préjugé bien défavorable que ce défaut de méthode, contre un traité de métaphysique, puisque cette science est en quelqu(* sorte la méthode des méthodes, et que par la nature même desesreclierchcselletendà mettre entre les idées dont elle s'occupe le plus d'ordre qu'il est possible, n'y ayant pas pour elle d'autre moyen de revenir sur ses traces et de s'assurer de la vérité et de reconnaître la fausseté des principes qu'elle admet. Mais enfin arrêtons-nous aux parties isolées de la doctrine du professeur allemand qui sont l'objet de