XXVI. - ESSAIS DE MÉTAPHYSIQUE. 3o
fait faire à la véritable et saine métaphysique, que nous devons la supériorité que nous avons obtenue sur les nations voisines, dans plusieurs genres de sciences ou d'arts en apparence fort étrangers aux spéculations dont elle s'occupe.
Il est bien vrai que depuis quelques années on entend déclamer de toutes parts, avec une sorte de fureur, contre la métaphysique et en général contre la philosophie, et, à la honte de l'esprit humain, ce scandale s'est renouvelé plus d'une fois dans le cours des siècles : si néanmoins, sans se laisser effrayer de tout ce vain bruii, on pèse les suffrages au lieu de les compter, on trouvera d'un côté les noms d'une foule d'hommes illustrés par les plus rares talents et souvent aussi par les plus sublimes vertus, et de l'autre la multitude aveugle et ignorante, égarée par quelques hypocrites uniquement habiles dans l'art des cabales et des intrigues. Mais, malgré tous leurs efforts, la vérité a toujours fini par triompher, et, grâce aux progrès des lumières, ils ne trouvent plus, comme autrefois, la puissance publique disposée à servir leurs fureurs. Les Gouvernements, plus éclairés qu'il ne l'ont jamais été, regardent, pour ainsi dire, de plus haut le conflit des opinions humaines, bien sûrs que celles qui sont vaines et insensées finiront par se dissiper et par s'évanouir sans retour, pour faire place à celles qui sont fondées sur la raison et sur la vérité. En faut-il davantage pour encourager les hommes que leurs talents et leur zèle pour le bien de l'humanité appellent à étendre et à propager les connaissances utiles?
Exposé de la méthode élémentaire de H. Pestalozzi; suivi d'une notice sur cet homme célèbre, son institut et ses principaux collaborateurs; par Dan.-Alex. Chavannes, membre du Grand Conseil et de la Société d'Lmulation du canton de Vaud. Nouvelle édition. — Un vol. in-8. A Paris, chez J.-J. Paschoud, libr., quai des AugustinSfU^'Il. 4809. [Mercure de France, septembre 4809, t. XXXVIII, pp. 88et437.)
PREMIER EXTRAIT
Il y a peu de personnes qui n'aient entendu parler de la méthode ingénieuse de Pestalozzi, et des succès vraiment merveilleux qu'a déjà obtenus cet homme respectable dans Tapplication qu'il en a faite à l'éducation de la première enfance. C'est surtout le soulagement des pauvres habitants des cami>aj;nes qu'il a eu en vue dans tout le cours de ses travaux; et son noble désintéressement, la persévérance avec laquelle il a marché vers un but si utile, ne font pas moins d'honneur à son caractère, que la sagacité des moyens qu'il a employés pour y parvenir n'en fait à son esprit. M. Chavannes entreprit le premier, il y a environ Irois ans, de nous faire connaître les intéressants iravaux de son compatriote, qui n'a rien publié qu'en allemand. La notice sur Pestalozzi, sur sa méthode et sur son institut, imprimée en 1805, inspira parmi nous le plus vif intérêt à tous ceux qui savent attacher du prix aux idées saines et utiles. On ne peut donc que savoir beaucoup de gré à l'auteur du soin (ju'il a pris de publier une nouvelle édition de cette notice, plus développée et augmentée des vues nouvelles, du tableau des améliorations et des perfectionnements