‹ MélangesChapitre 143 sur 269 · XXVII. CHAVANNES. — PESTALOZZI. 3G · texte numérisé non relu

XXVII. CHAVANNES. — PESTALOZZI. 3G

chaque instant, lui donne une quantité prodigieuse d'idées nettes et précises, et lui fait acquérir en même temps la faculté de les exprimer par les termes les plus convenables et les plus justes? Il ne cherche qu'à voir, à toucher, à exercer tous ses sens ; pourquoi ne Taiderait-on pas à bien faire ce qu'il est si empressé de faire? pourquoi no pas le seconder dans Tacquisition de facultés dont un heureux instinct lui révèle si impérieusement le besoin? pourquoi enfin, à cette quantité trop considérable de mots mal déterminés, inutiles, ou qui même ont souvent un plus grand inconvénient, et qui pourtant se gravent dans sa mémoire avec tant de facilité et malheureusement d'une manière trop durable, ne tenterait-on pas de substituer les mots qui sont les signes d'une foule d'idées ou de notions qu'il lui sera sans cesse utile ou nécessaire de combiner pour lui-même, ou de communiquer aux autres?

Cette idée de Pestalozzi est simple ; la méthode qui en est le résultat l'est également : on ne l'en trouvera sans doute pas moins précieuse, et son auteur n'en mériterait pas moins notre reconnaissance quand le service qu'il rend à la première enfance se bornerait là; mais le principe dont il est parti est aussi fécond qu'il est simple ; et les deux autres parties de sa méthode, qui ne sont pour ainsi dire qu'une émanation de ce principe, n^ofTrent pas une utilité moins étendue, ni moins évidente.

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