‹ MélangesChapitre 152 sur 269 · XXVII. — LETTRE SUR PESTALOZZI · texte numérisé non relu

XXVII. — LETTRE SUR PESTALOZZI

do Peslalozzi. Son universalité et l'uniformité de su marche, aussi simple que sûre, seront bientôt mises daas un nouveau jour par la publication du Cours d'algèbre de M. Schmid, de celui de Géographie par M. Tobler, et de celui de Musique par MM. Pfeifferet Mcegeli : d'autres cours non moin^ intéressants tes suivront de près, tandis que Nîederer cl Pestalozzi continuent à exposer dans une feuille périodique ( Wochenschrift) la théorie et la pratique générales de l'éducation, et particulièremenl de celle du premier âge. »

Ces renseignements soutcurieux sans doute, et propres à exciter l'intérêt de tous ceux qui, vivement pénétrés de l'importance d'an bon système d'éducation, ne voient pas sans quelque satisfaction tout ce qui peut tendre à améliot-cr les méthodes ordinaires, si éloignées encore de la perfection. Mais, nous l'avouerons, nous aurions désiré trouver dans la lettre de notre correspondant, ce qui nous a paru manquer aussi dans le livre de M. de Chavannes, des notions plus précises sur la marche que fait suivre à l'intelligence le système de Pestalozzi, et sur la manière dont on y procède dans le développement sncccssif des idées ou des connaissances qu'on fait acquérir aux enfants sur uo sujet donné : car c'est là le point fondamental de la question, et ce point, il faut le dire franchement, ne nous parait pas sufâsamment éclaîrcî ; on ne fait que l'entrevoir dans les deuils qai nous ont été transmis sur la manière dont on donne aux enfants les premières notions de l'arithmétique, mais on doit convenir aussi que c'était l'objet qui présentait lé moins de difficultés. Nous ne dissimulerons donc point que nous ne nous croyons pas encore sufGsamment éclairés pour donner un asseutiment complet et entier à ce qu'on appelle la méthode par excellence ; maïs les faits attestés par un grand nombre de personnes dont la probité et les lumières doivent inspirer la confiance, l'approbation que les gouvernements de plusieurs cantons suisses, que ceux de Prusse et de Ilollande, de Suède et de Danemark lui ont donnée, en l'adoptant pour rinslruction de leurs sujets, sans doute d'après un examen sérieux et réfléchit

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et sur le rapport d'hommes capables d'en juger avec discernement, nous paraissent non-seulement exiger qu'on suspende au moins son jugement, mais justifier la prévention favorable que nous n'avons pas craint de manifester dans l'extrait que nous avons fait du livre de M. de Ghavannes.

Au reste, les ouvrages qu'on vient de publier d'après les principes du nouveau mode d'instruction, et ceux qu'on annonce comme devant bientôt paraître, mettront probablement le public à portée de se former une opinion définitive sur cette intéressante question. Si la Géométrie de M. Schmid, par exemple, est accueillie avec estime à Paris, où l'on peut dire que siège en ce moment le tribunal des mathématiques de TEurope, ce sera un triomphe incontestable pour les partisans de Pestalozzi ; la meilleure manière de convaincre ceux qui nient le mouvement, c'est de marcher devant eux. Le système de cet homme célèbre subit aujourd'hui, en France, la même épreuve qu'il a subie depuis longtemps en Allemagne, où une foule d'écrivains l'ont combattu : quiconque est parvenu à se faire, sur quelque sujet un peu important, un ensemble d'idées nouvelles, ou même qui se présentent avec l'apparence de la nouveauté, peut être assuré , s'il s'avise de leur donner de la publicité, qu'il verra s'élever à l'instant contre lui une foule d'ennemis et de contradicteurs. Soit paresse, soit incapacité d'esprit, plusieurs ne daifineroiit pas même faire le plus petit eifort pour le comprendre, et ne l'en condamneront pas pour cela avec moins de hauteur : d'autres auront ou croiront avoir intérêt à le décrier, et Dieu sait alors si les sophisnies de toute espèce, les insinuations perfides, les sarcasmes et les injures lui manqueront au besoin. Telle est la marche constante, et apparemment nécessaire, des choses dans l'élat actuel des esprits parmi nous. 11 n'y a guère que les vérités mathématiques qui n'aient pas été combattues avec fureur : encore Ilobbes remarque-t-il, avec raison, qu'il est douteux qu'elles fussent parvenues à s'établir si des sectes nombreuses, des cori)S en crédit ou des individus j)uissants s'étaient crus intéressés à les repousser... Mais, vous

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répond Thomme qui a pris ^on parli, je ne veux pas qu'on nie prouve, et là-dessus il démontre, lui, à tous les gens frivoles, inattentifs ou passionnés, c'est-à-dire aux trois quarts au moins de ceux qui, pourtant, sont vos juges, que vous êtes un enthousiaste insensé et un visionnaire ridicule ; il leur donne même charitablement à entendre que vos motifs pour adopter Topinion qu'il combat pourraient fort bien n'être ni très-purs, ni très-estimables... Que faire en pareil cas ? Laisser parler ceux qui savent si bien mettre de leur côté Tavantage de la discussion, chercher à s'éclairer soi-même de plus en plus, rassembler avec patience et avec zèle tous les faits propres à porter quelque jour la conviction dans les esprits non prévenus, et attendre tout de la lente mais infaillible justice du temps.

Rapport fait à la Classe d'histoire et de littérature ancienne de r Institut de France sur F état actuel de la littérature ancienne et de r histoire en Allemagne, par Ch. Villers. — {Mercure de France, Janvier 1810, t. XL, p. 221.)

I>REMIER EXTRAIT.

Ingenuas didicisse fldeliter artes

Emollit mores nec sinit esse feros.

-(OeœK.)

Lorsqu'on étudie l'histoire des connaissances humaines, on est étonné de la rapidité de leurs progrès à de certaines époques, et de la langueur funeste où elles sont tombées pendant de longues périodes ; on est effrayé surtout du peu d'influence qu'elles ont eue dans les moments mêmes de leur plus grand éclat, sur les passions des hommes, pour les modérer," et sûr leur bonheur, pour l'accroître. C'est pourtant un fait inconfe^

table que les mœurs des nations ne se sont adoucies qu'à mesure que les esprits se sont éclairés, et quand les arts et les sciences n'auraient, en leur faveur, que d'être un lien de bienfaisance et d'estime réciproques entre les peuples que divisent trop souvent tous les autres genres d'intérêts et d'opinions, quand ils ne feraient qu'éclairer et fortifier cette sympathie secrète qui appelle l'homme vers son semblable, et en quoi consiste proprement ce qu'on appelle humanité, ils seraient sans doute, pour la race humaine, un bienfait inappréciable. Mais il n'y a qu'une culture fidèle, si l'on peut s'exprimer ainsi, qui puisse produire ces heureux résultats ; il faut les avoir étudiés de bonne foi et en conscience, pour en recueillir de solides avantages. Les connaissances frivoles et superficielles, en quelque genre que ce soit, ne sont que l'aliment d'une orgueilleuse et déplorable médiocrité.

C'est par la culture des lettres et des arts que les peuples anciens dont l'histoire nous est le mieux connue sortirent de cette barbarie qui est l'état naturel de l'homme à la naissance des sociétés ; c'est par la culture de ces mêmes lettres et de ces mêmes arts que nos aïeux sortirent, il y a quatre ou cinq siècles, d'un état de barbarie encore plus désastreux, parce qu'il était le produit d'une dégradation antérieure de Tétat social. Depuis cette époque, les nations civilisées de l'Europe, reconnaissant l'importance du service qu'elles avaient tiré de ces connaissances précieuses, en ont soigneusement gardé le dépôt, comme un moyen de conserver et d'accroître les avantages qu'elles leur devaient : à côté de la littérature et des arts se sont élevées les sciences exactes et les sciences naturelles auxquelles elles servent de guide et d'appui ; celles-ci sont parvenues entre les mains des modernes à un degré de perfection où rien presque ne peut nous faire soupçonner qu'elles soient jamais arrivées dans les temps passés, et c'est tout cet ensemble de travaux et de lumières, sur tous les objets accessibles à son intelligence, qui compose la véritable grandeur de Thomme et sa véritable dignité ; c'est là, s'il le faut ainsi dire, l'unique

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échelle de comparaison, d'après laquelle il soit possible d'évaluer la supériorité ou Tinfériorité d'une nation, à l'égard d'une nation, el, en général, d'un individu à l'égard d'un individu.

Mais il serait aussi téméraire qu'inutile d'entreprendre de pareilles comparaisons, et peut-être même serait-il impossible d'y porter assez de justice et d'impartialité. D'ailleurs, toutes les parties du vaste domaine des sciences ont été tour à tour cultivées, avec plus ou moins de zèle et de succès, par les divers peuples de l'Europe. Telle de ces parties jette aujourd'hui le plus vif éclat dans un pays où elle semblait oubliée, il y a à peine un siècle, et telle autre, qui était autrefois ea faveur dans ce même pays, y est maintenant, pour ainsi dire, honteusement délaissée, tandis qu^elle fait l'honneur et la gloire d'une contrée voisine. Ainsi vont se modifiant sans cesse toutes les choses humaines, par l'action du temps et des circonstances nouvelles sous l'influence desquelles il place successivement les nations.

Cependant il n'est aucun genre de connaissances qui n'ait son utilité directe et immédiate, et qui, par la quantité plus ou moins grande des rapports qui le lient avec d'autres, ne puisse contribuer à éclairer ceux-ci d'une lumière précieuse : il n'en est donc aucun qu'on puisse négliger sans inconvénient, et, à cet égard, les compagnies savantes qui se sont formées dans nos temps modernes au sein des divers Ltats de l'Europe, paraissent destinées à rendre d'importants services à l'humanité. Embrassant dans le cercle de leurs attributions l'encyclopédie des sciences, elles se trouveront intéressées à n'en laisser périr aucune ; elles prêteront à toutes ensemble et à chacune en particulier l'appui de la considération qui les environne ellesmêmes, et du crédit dont elles jouissent auprès des gouvernements qui les protègent.

C'est ainsi que la troisième classe de l'Institut de France^ chargée plus spécialement du dépôt des connaissances relatives à la littérature ancienne et à l'histoire» a déjà osé faire enten^ dre au pied du trône l'expression de sa soUicitude sur l'état de

langueur où sont tombées parmi nous les études dont elle s'occupe ; c'est ainsi que cette même classe a donné sa sanction à un rapport trës-intéressant que lui fit Tannée dernière M. Ch. Yillers sur Tétat actuel de ces études en Allemagne, où ellefi sont suivies avec autant d'ardeur que de succès.

Je n'entreprendrai point de présenter aux lecteurs un extrait suivi de ce rapport, qui, quoiqu'il n'embrasse que les trois années à peu près qui ont précédé Tépoque où il a été fait, se compose néanmoins d'un nombre fort considérable de notices abrégées et de titres d'ouvrages publiés sur toutes les parties de l'érudition, lesquels ne peuvent guère intéresser que ceux qui font leur occupation de ces sortes de recherches ; mais j'essayerai d'en faire connaître l'esprit général, et, en parcourant les principales divisions dont cet écrit se compose, de donner une idée de l'ensemble assez considérable des objets qu'il embrasse, de ce qu'est en elle-même la science dont il offre le tableau, et de l'intérêt qu'elle doit inspirer.

M. Ch. Villers a fait précéder son rapport par quelques observations préliminaires dans lesquelles il s'est proposé de faire ressortir le caractère distinctif des lettrés de l'Allemagne, et d'indiquer quelques-unes des causes de la direction particulière qu'ont prise les travaux de cette classe nombreuse d'érudits, au milieu desquels il vit depuis plusieurs années, et dont quelques-uns lui sont intimement connus. On reconnaît, dans tout ce qu'il dit h ce sujet, l'homme très-instruit, qui joint, à la finesse de l'esprit d'observation, le talent d'exprimer avec noblesse des idées libérales et des sentiments généreux ; mais peut-être trouvera-t-on qu'il s'est un peu trop livré à la séduction des divisions systématiques, et à la facilité de généraliser ses idées, dans le passage suivant:

'< La nature, » dit-il, « en posant une barrière immense entre les peuples du continent de l'Europe, semble surtout les avoir partagés en deux races distinctes dont le tempérament et le caractère différent à un très-haut point. La première, qu'on peut appeler la race Galliquc^ occupe le Sud et l'Ouest de la

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grande chaîne des Alpes et du bassin du Rhin. L'autre, la race Germanique, dont les limites géographiques s'étendent depuis le golfe Adriatique, le Rhin, la mer du Nord, jusqu'aux provinces allemandes de l'empire de Russie, et qui comprend le Danemark, même la Suède et la Hongrie, a sa littérature particulière, qui est dominante dans les pays qui viennent d'être indiqués. Le caractère de cette littérature se ressent en général du caractère de la nation, plus calme, plus patient, plus méditatif, plus enclin à se soumettre à l'empire des idées, que le caractère gallique, lequel à son tour est plus vif, plus disposé à embrasser l'empire des réalités, et à s'y fixer des buts qu'il poursuit avec ardeur, etc. »

J'avoue que la théorie de l'intluence des climats sur les facultés morales et intellectuelles de l'homme ne me parait pas encore assez avancée pour qu'on puisse risquer d'en faire de ces applications qui peuvent bien séduire au premier coup d'œil par un caractère vague de vraisemblance, mais qui ne supportent pas un examen un peu sérieux. Il parait assez évident que les deux extrêmes de la température sur notre globe dénaturent l'espèce humaine ou la détériorent à un degré très-sensible ; mais^ quand il est question d'expliquer les différences caractéristiques de nations assez voisines les unes des autres, l'effet de la température est un élément dofit il ncTus est jusqu'à présent interdit d'évaluer le mode ou la quantité d'action ; et je crois qu'il vaut mieux avoir recours aux causes plus prochaines, plus sensibles et plus immédiates auxquelles les différences qu'on observe peuvent être attribuées. LMnfluence des circonstances politiques et des gouvernements, par exemple; est constamment celle dont les effets soiit à la fois les plus évidents et les plus étendus : c'est par elles que sont modifiées, de la manière la plus puissante, les mœurs, les habitudes et les opinions des peuples, et M. Yillers, dans quelques passages de l'écrit que j'examine ici, et dans un autre ouvrage à peu près du même genre, intitulé : Coup d'oeil

sur les Universités d* Allemagne ^ a fort bien su démêler 'ces

causes plus réelles, et déterminer la nature et l'espèce de leurs effets.

Mais, si le jugement qui attribue, pour ainsi dire, exclusivement aux nations germaniques la patience dans les recherches et la faculté des méditations abstraites, parait pour le moins un peu hasardé, attendu que toutes les branches de la philosophie spéculative semblent avoir été cultivées avec autant de succès par les peuples du midi que par ceux du nord ; si Ton a peine à admettre, et peut-être même à comprendre bien nettement, la distinction fondamentale que l'auteur établit entre ces deux races, dont Tune se compose, selon lui, d'individus plus enclins à se soumettre à l'empire des idées, et l'autre d't\ommes plus disposés à embrasser l'empire des réalités, on trouvera, ce me semble, autant d'intérêt que de vérité dans les traits du tableau rapide que l'auteur nous présente de la littérature ancienne en Allemagne, et du caractère propre des hommes qui la cultivent :

(( Le littérateur allemand, dit-il, apporte dans ses travaux sur les langues, dans ses recherches sur les antiquités, dans sa manière de traiter l'histoire, une assiduité, une persévérance, une exactitude scrupuleuse qui lui fait soigner attentivement los détails les plus minutieux L'importance qu'il

attache à des choses qui peuvent paraître superflues à d'autres, lui fait volontiers dire tout cequ'ilsait A cette sorte

de conscienre littéraire et de droiture extrême de Térudil allemand, il faut ajouter la considération de cette circonstance importante, qu'il ne travaille ni pour une cour, ni pour un monde modelé sur elle, qui fassent de l'élégance et d'un goût raffiné les conditions suprêmes du succès de tout ouvrage d'esprit

« Le lettré allemand est isolé de ce qu'on appelle le monde; son public est dispersé sur un vaste terrain, depuis Berne jusqu'aux portes de Pétersbourg de telle sorte, que, d'un côté,

le public juge avec une assez grande liberté, et que, de l'autre, le savant jouit dans son travail d'une assez grande indépen-

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dunce, et se Irouve pleinemeot alTranchi de toute influCDce étraagère ou k ses éludes ou & ses méditations

« J'ajouterai encore que, soit par leur vie solitaire, suit par uu noble Irait du caractère de l'hommo, et qui se trouve plus développé chez eux, les savants allemands aiment généralement la science et la vérité, poiir l'intérêt le plus pur de la science et de la vérité elle-même ; ils cherchent peu à faire de l'effet ; ils calculent peu l'impression extérieure, et la sacrifient sans peine à une perfection idéale, k un progrès général de l'esprit, qui

semble être leur idole à presque tous Enfin, je remarquerai

que ces traits généraux d'éloignement de la faveur et des

grands donueut à la littérature allemande des formes plut6t

républicaines que monarchiques, plutôt l'air d'un forum que d'une cour. Mais n'en doit-il pas être ainsi? Et ce lien des sciences, qui embrasse tous les siècles, toutes les contrées et tous les rangs, ne faiUil pas évanouir toutes lus inégalités sociales ? L'expression même de république des lettres est si bien consacrée par un assentiment universel, que les princes les plus jaloux de leur pouvoir l'ont entendue et répétée sans répugnance. »

On ne peut qu'applaudir aux sentiments et au talent d'un écrivain qui sait penser et s'exprimer ainsi. M. Ch. Villers présente ensuite, dans plusieurs articles séparés, une idée sommaire des difTérents genres dans lesquels se divise la littérature ancienne, telle qu'on l'envisage aujourd'hui en Allemagne. Il cile, en chaque genre, les auteurs les plus célèbres, donne tes titres et quelquefois même indique le but et le mérite particulier des ouvrages les plus remarquables qu'ils ont publiés dans le cours des trois années, dont il fait en quelque sorte l'histoire littéraire. Dire que cette partie comprend les noms de plus de deux cents écrivains et l'annonce de plus de cinq cents ouvrages, c'est donner une idée de l'activité avec laquelle cette branche des connaissances est cultivée, et du haut degré d'intérêt qu'on y attache dans le pays où un pareil phénomène a. lieu.

ad2 MÉLANGES DE FEU FRANÇOIS THLROT.

Le vaste champ de rérudition grecque et latine ayant été parcouru depuis longtemps dans toutes les directions, on ne 8*étonnera point que plusieurs savants aient entrepris d'en tracer pour ainsi dire la carte, et de composer, des ouvrages propres à guider dans leur marche ceux qui entreprennent de le parcourir à leur tour. De là est née une sorte d'enseignement qui n'existe point chez nous, non plus que les livres destinés à la faciliter. Ces livres, sous les noms A' Encyclopédie philologiqtte, de Manuel de la Littérature ou des Études classiqttes, présentent un tableau général des diverses parties dont se compose la science de Tantiquité, en indiquent le but et le sujet particulier, font connaître les auteurs et les ouvrages les plus utiles à lire sur chaque objet , etc. M. Villers a consacré le premier article de son rapport à cette classe d'écrits, et annonce, comme un morceau extrêmement curieux en ce genre, un mémoire publié par M. le professeur Wolf, dans le premier cahier d'un journal qu'il a fait paraître à Berlin , en 1807 , sous le titre de Musée archéologique. On sait, en effet, que tous les écrits de cet illustre professeur portent l'empreinte d'un goât sûr, uni à une rare sagacité et à une érudition aussi profonde que variée.

Dans les articles suivants de son rapport, sous les titres de littérature f^recque et latine, d'archéologie, paléographie, etc., M. Villers passe en revue les travaux d'un nombre considérable de professeurs auxquels on doit des éditionsplus correctes des auteurs anciens, accompagnées de commentaires qui en facilitent prodigieusement rintelligonce (1), ou des lexiques plus étendus, plus complets, ou des traités élémentaires sur la

(1) Telles sont, pour la littérature latine, les éiliiions de Quintilieny par M. Spalding ; de Sthièque, par M. Kuhkopf; de Phèdre, par M. Scliwabe ; de Tite-Live, par M. Ruperti, et, pour la littèraiure grecque, les Hi/mnes iC Homère ^ par M. Matthiîo; le traite de Denys d'IIalicarnasse, De V arrangement des mots^ par M. Schrefer, avec ses Meietemata critka sur une partie du traité du même auteur, intitulé : Ars Rhetorica,Q\.c., etc. On peut consulter, à cet égard, l'utile Répertoire publié par M. Schœll, à Paris; on y trouvera un ample supplément aux notices fournies par le rapi)ort de M. ^ illers.

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