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XXVIU. VILLERS. - ÉTAT ACTUEL, ETC., EN ALLEMAGNE

grammaire et sur ses diverses parties (1), ou des recherches sur différents points d'antiquité, dont il résulte une lumière plus abondante qui se réfléchit sur le système général de nos connaissances en ce genre (â). Ainsi la mythologie, considérée sous le point de vue le plus étendu, a été l'objet des travaux de trois hommes éminemment distingués par leur savoir, MM. Stutzmann, Wagner et Kanne (3), dont les deux premiers ont tenté de remonter à l'origine première de toutes les fables religieuses, en suivant la voie des recherches et des conjectures historiques, tandis que l'autre tente d'arriver au même but par la voie des recherches philologiques et étymologiques.

Ainsi, la géographie ancienne s'est enrichie d'une édition précieuse do Pomponius Mêla, due au zèle actif et à l'ardeur infatigable de M. Tzschucke, qui a joint, à ses propres remarques sur cet auteur, un choix judicieux de tout ce qu'il y avait do meilleur et de plus instructif dans les notes des éditeurs ou des commentateurs qui Tout précédé, et qui donnait en même temps ses soins à l'édition de Strabon, publiée d'abord par Siebenkees, mort avant d'avoir pu mettre la dernière main à son travail.

(1) On peut citer en ce genre l'excellent Lexique grec-allemand de M. Schneider, à qui l'on a dû, dans ces derniers temps, une édition précieuse de Vilruve, et une édition non moins importante de la Politique (rAristote; la. Nouvelle Grammaire grecque do M. Buttmann, pleine de vues saines et philosophiques, et surtout celle de M. Matthiœ, infiniment recommandable, particulièrement pour la syntaxe dont il a fait na ouvrage tout à fait neuf par l'abondance et le choix des matériaux ; la nouvelle édition du Traité des ellipses de Lambert Bos^ par M. Sehsefer; une dissertation du célèbre M. Hermann, sur le même sujet, insérée dans le Musée archéologique de M. \Volf. Il serait trop long de cit,er ici tout ce qui se distingue en ce genre par un mérite éminent.

(2) Citons comme exemple une dissertation envoyée à la Société des sciences de Prague, par M. le D' Munter, évéque de Séelnnde, avec ce titre : les Traces des idées religieuses provenantes d^Égypte^ et qu^on trouve encore en Sicile et dans les lies voisines, (Prague, 1806.)

(3J . Les titres de ces ouvrages sont : Philosophie de t histoire de thumanité, par M. J.-J. Stutzmann. (Nuremberg, 1808) ; Idées sur une mythologie générale de l'ancien monde, par M. J.-J. Wagner, professeur à Wurtzbourg (Francfort, 1 808); Premières Chartes de l'histoire, ou Mythologie générale, par M. J.-A. Kanne. (Bayreuth, 1808).

39t MÉLANGES DE FEU FRANÇOIS THUROT.

Depuis rétablissement de la réforme dans une grande partie des États du nord de l'Europe, il s'y est formé une branche particulière de littérature tout à fait étrangère aux savants des pays catholiques, ou du moins dont ils ne se sont point occupés à beaucoup près avec autant de zèle et d'intérêt que ceux des pays prolestants ; c'est celle qui est désignée, dans le rapport fait à l'Institut, sous le nom de Littérature biblique, ou de l'Ancien et du Nouveau Testament. Nous ne sommes plus au temps où la connaissance du texte des livres sacrés n'était accessible qu'aux seuls ecclésiastiques, ou à ceux auxquels ils consentaient à en permettre la lecture ; et l'on conçoit assez que, sans altérer en rien le caractère de sainteté que la révélation leur donne, il doit être permis de les considérer humainement dans ce qu'ils ont de purement humain. Ainsi, les copies diverses qui nous ont été transmises des différents textes, les traductions qui en ont été faites à diverses époques et dans différentes langues, etc., sont des accessoires dont Texamen rentre dans les attributions de la critique littéraire proprement dite, et a singulièrement exercé la sagacité des savants allemands; on peut dire même qu'elle leur a donné occasion, ainsi qu'aux savants hollandais, (rcnrichir la littérature grecque d'une foule do dissertations précieuses sous lu rapport philologique et grammatical.

Mais on doit plus encore au zèle dont ces hommes laborieux ont été animés pour ce genre de critique; on lui doit d'avoir presque entièrement renouvelé la culture des langues orientales, et d'avoir donné le plus haut degré d'intérêt et d'activité aux recherches qui ont pour objet les langues et les antiquités de l'Orient, et ici je ne puis mieux faire connaître le but et l'esprit de ces études intéressantes, qu'en citant l'espèce de préambule dont M. Villers a fait précéder l'article de son rapport qui est relatif à cette partie de la littérature ou plutôt de l'érudition qu'on pourrait appeler transcendante :

« On entendit dans le principe, dit-il, par littérature orientale, celle des Hébreux particulièrement, des peuples qui avaient

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