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XXVIII. VILLEBS. — ÉTAT ACTUEL, ETC., EN ALLEMAGNE. 39a

été avec eux en relation directe, ou dont la langue avait quelque analogie avec la leur ; en un mot, l'Orient signifiait alors l'Asie antérieure ou sémitique, ta Syrie, la Chaldée, l'Arabie. Les premiers voyageurs vénitiens, et, après eux, le commerce et les missions religieuses firent connaître successivement plusieurs autres Orients, l'Orient mongol, l'Orient indou, l'Orient chinois et le japonais. II y a donc en effet plusieurs littératures orientales, et il faut y ajouter une littérature égyptienne, qui, depuis quelques années, s'est sin^liërement enrichie. Outre la connaissance locale de tant de peuples, de tant de langues, de tant de religions diverses, de tant de mœurs et d'opinions, la plupart des orientalistes s'occupent encore de l'influence directe qu'ont pu exercer, de deux manières difréreates, sur notre cultui;e actuelle, ces anciennes peuplades de l'Orient : l'une par l'influence des Orientant sur te génie, les opinions et la mythologie des Grecs, les maîtres des Romains et les nôtres ; l'autre, par l'influence des idées de ces mêmes Orientaux sur la Judée, sur le berceau de notre religion, sur sa naissance, sur ses premiers dogmes et son développement. C'est dans l'Inde surtout que l'histoire semble vouloir établir le foyer originaire de tant d'opinions mystiques et religieuses. C'est avec l'Inde qu'on s'efforce de mettre en rapport l'Orient antérieur, hébréo-arabe ou sémitique. Il est, pour leur servir de lien, un peuple intermédiaire, qui a pris et traduit des uns et des autres; qui a transmis, à son tour, à ceux-ci ce qu'il avait emprunté de ceux-là. CesontiesPei'sans, qui deviennent ainsi un objet principal dans les études de l'orientaliste, qui parlent une langue dans laquelle on découvre des analogies singulières avec le grec et avec l'allemand. Combien d'intérêt oiîre donc, en somme, aux recherches du savant européen, cet Orient, dont il se trouve, pour aiusi dire, descendu ; au moins d'où procèdent, en partie, ses idiomes modernes, ses idées morales et religieuses, la mythologie et la poésie grecques, qui ont tant contribué à sa propre culture ! » J'ai cru devoir mettre tout ce morceau sous les yeux du lecteur, parce qu'il m'a paru piésoNtcr, avec autant do nd-

ieté que d'intérêt, une série intéressante d'idées sur un sujet généralement assez peu connu et pourtant très-digne de fixer Tattention des hommes qui pensent. Du reste, il serait superflu d'indiquer même ici les ouvrages les plus distingués qui ont paru depuis peu en Allemagne sur la littérature orientale (1).

L'histoire de la littérature, qui n'est à proprement parler que l'histoire de l'esprit humain, si importante au progrès des lumières et de la raison, lorsqu'elle est traitée dans un bon esprit et avec méthode ; genre de recherches et de travail dont les . anciens ne nous ont laissé que peu d'exemples, et dont Voltaire et Gondillac ont su, chacun à leur manière, faire un objet d'intérêt et de véritable instruction ; l'histoire littéraire, dis-je, est devenue en Allemagne une science particulière, et, dans les Universités de ce pays, la matière d'un enseignement spécial. Le plus remarquable des ouvrages cités à ce sujet par M. Ch. Villers, est une sorte d'Encyclopédie historique qui se publie à Gœttingue depuis 1796, sous le titre A' Histoire des sciences et arts, depuis leur renaissance jusqu'à la fin du xviii* siècle, M. Ëichhorn, qui en avait conçu le plan, et choisi ses coopérateurs, en a cédé depuis la direction à M. Hecren, bien digne par SCS liilciits et pur la variclé de ses connaissances de présider à une pareille cntreiu'iso (2). L'ouvrage entier, dont il existe déjà environ cinquante volumes, se compose départies séparées, et quelques-unes sont traitées avec un talent distingué. On oile entre autres, l'Hisloire des arts du dessin, par M. Fiorillo, rilistoire des belles-lettres, par M. Bouterweck,

(i) Je ne puis pourtant nrempècher île uoinnier à cette occasion M. le professeur Séverin \'ater, connu j)ar ses travaux intéressants dans la littérature grec(jue, par la publication du second volume du MithvUlates d'Adelung, à la rédaction duquel il a essentiellement contribué, et par d'excellents travaux sur la grammaire générale, connue l'auteur d'une grammaire hébraïque incomparablement supérieure à tout ce (ju'on connaissait jusqu'alors dans le même genre.

{•2) On doit, entre autres, à M. Heeren une excellente édition des Eclogx phy- .vû'cie e/ e//</cj» de Stobée; un ouvrage plein de recherches curieuses et de vues philosophiques, intitulé : Idcf^s sur la politû/ue, les rapports et le commerce des peuples les plus ronsidérahles de Cancien monde, et un Manuel de rhistoit*e' des États de Cantiiuité^ qui peut être regardé comme un chef-d'œuvre en ce genre.

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colle de la philologie et duréludo des classiques par M. Hccreo, celle des mathématiques par M. Ksestner, df la physique par M. Fischer, etc., etc.

Pressé par la foule des objets vraiment dignes d'intérêt qui s'oiïrcnt à mot dans un tableau si riche, quoiqu'il ne soit qu'une partie du grand ensemble de la littérature allemande, et qu'il n'embrasse qu'une période extrêmement courte, craignant, dans un sujet que j'aiïectionne plus particulièrement, de me laisser aller à une sorte de séduction que tous les lecteurs no partageraient pas, et de tomber ainsi dans des longueurs fatigantes et importunes peut-être pour le plus grand nombre, je me hâterai de parcourir encore quelques sommités dans les doux ou trois divisions du rapport de M. Yillers qui me restent à faire connaitre.

SI^COND ET DERNIER EXTRAIT (i }.

Tous les différents genres de connaissances dont j'ai parlé précédemment, ne font, en quelque sorte, que servir de préliminaires et d'introduction aune science du plus haut intérêt pour l'homme, et cette science, c'est l'histoire proprement dite. On ne s'étonnera donc point qu'elle soit cultivée avec la plus grande activité par des littérateurs qui sont incessamment occupés d'études intimement liées à celle-là ; d'études qui leur fournissent à la fois la connaissance des modèles du style propre à ces sortes d'ouvrages, celle des faits parallèles ou analogues chez tant de nations et à tant d'époques diverses, d'où résulte nécessairement uile intelligence plus sûre de la marche des passions humaines, et, jusqu'à un certain point, la faculté de prévoir la nature et l'espèce des événements auxquels elles peuvent donner lieu dans un état de choses déterminé. Aussi H. Ch. Villèrs, en annonçant cette division do son travail, nous

prévient-il que c'est ici surtout qu'il est obligé de se tenir en garde conti*e Tabondance des matériaux qui s'offrent à lui, et que le simple catalogue de tous les écrits historiques qui ont paru en Allemagne dans le cours de deux ou trois ans qui ont précédé son rapport, formerait un volume ; mais il n'a voulu appeler Tattention des savants auxquels il s'adressait, que sur les productions qui portent le caractère d'une érudition peu commune, ou sur celles qui se distinguent par l'originalité ou la nouveauté des vues et des recherches, ce qui, en excluant une quantité assez considérable de livres estimables d'ailleurs, réduit beaucoup, comme il le dit lui-même, le nombre des citations.

Obligé de me restreindre encore plus que ne la fait M. Vil- 1ers, je me bornerai à indiquer ici les ouvrages qui me paraissent le plus susceptibles d'exciter l'intérêt et de piquer la curiosité des lecteurs. Le premier est intitulé : Nestor, ou Annales russes dans leur langue originale (l'esclavon), comparées, traduites et interprétées par Auguste Louis de Schlœtzer, professeur d'histoire et de politique à l'Université de Gœttingue^ chevalier de l'ordre de Saint-Wladimir^ etc. En 1765, M. de Schlœtzer, académicien rrsidant à Pétersbourg, fut chargé, par un ukase exprès de rimpératrioc Catherine II, de rechercher les monuments les plus anciens et les plus aulhentiques de Thistoire de la Russie, cl de mettre en ordre ses anciennes annales : c'est donc le résultat des travaux d'une vie entière, d'une vie laborieuse et illustre, consacrée à Tétude de l'histoire et des sciences polili(iucs, que ce savant a commencé à publier, et qu'il a dédié à l'empereur Alexandre ^^ «Ici, » ajoute M. Ch. Villers, « se trouve éclaircie non-seulement la vieille chronique du moine Nestor, le Grégoire de Tours de la Moscovie, qui nous révèle l'origine et l'accroissement du plus vaste empire qui existe, mais encore l'histoire des rapports de ces peuples esclavonsavec tous leurs voisins, avec l'empire de B} zance, avec notre Europe occidentale. Dans les notes, commentaires, excursions et autres pièces critiques qui accompagnent sa traduction de l'annaliste

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